Melle Jeanne Mance. Fondatrice des Hospitalières de Montréal Gravure : Photo Electrotype Engraving Company New-York (1882) Source : Benjamin Sulte, Histoire des Canadiens-français, 1608-1880. Montréal : Wilson & Cie, 1882-1884.

     Jeanne Mance est une des pionnières de la Nouvelle-France au même titre que Marie de l’Incarnation et que Marguerite Bourgeoys. Ces femmes arrivent dans la colonie à l’époque héroïque de la fondation et des commencements de l’établissement des Français dans la vallée du Saint-Laurent. Dans une conférence donnée en mars 2015 à l’invitation de la Fondation Lionel-Groulx, Louise Harel affirme que les trois femmes «/…/ sont à la fois des figures d’une très grande modernité, tout en étant intimement liées au patrimoine québécois. Elles sont d’une grande modernité par leur extrême détermination à franchir les obstacles familiaux, sociaux, civils, ecclésiastiques qui se sont dressés devant elles tout au long de leurs projets missionnaires. Ces obstacles, qui étaient des barrières pour les femmes de leur époque, elles les ont traversés au prix de grands tourments intérieurs».

     En avril 1641, Jeanne Mance se rend à La Rochelle, en route pour la Nouvelle-France. Elle y rencontre Jérôme Le Royer de La Dauversière, un mystique auquel Dieu a inspiré le dessein de Montréal. Il est un des leaders de la Société Notre-Dame de Montréal qui a choisi Paul Chomedey de Maisonneuve pour assurer la fondation de Ville-Marie, un nouveau poste missionnaire sur l’île de Montréal, en amont de Québec. Le Royer adresse de pressants appels à Jeanne Mance de se joindre à ce projet. Il souhaite qu’elle devienne l’économe et l’infirmière de la nouvelle mission. Après avoir consulté le père Jean-Baptiste Saint-Jure et sa protectrice, Angélique Faure de Bullion, Jeanne Mance rejoint la Société de Notre-Dame. Le 9 mai 1641, elle s’embarque avec la recrue à destination de Montréal.

     Les Montréalistes montent à bord de deux voiliers : Maisonneuve dans un et Jeanne Mance dans l’autre. Son navire arrive à Québec en août et celui de Maisonneuve n’accoste qu’en septembre, en raison de tempêtes. C’est là qu’ils passent l’hiver. Au printemps suivant, ils quittent la capitale pour remonter le fleuve. Le 17 mai 1642, ils arrivent à destination : c’est la fondation de Ville-Marie destinée à devenir la ville de Montréal. Dès son arrivée, Jeanne Mance est considérée comme l’égale de Maisonneuve dans la direction de l’entreprise. En 1644, elle s’affaire à la construction d’un hôpital et toute sa vie sera consacrée ensuite au développement de Ville-Marie.

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Colonal General Alfred Jodl, Chief of Staff under the Doenitz Regime, signs the document of unconditional surrenderPhoto anonyme (1945)Source : PD-USGov-Military-Army

     Le 7 mai 1945 à 2 h 41 du matin, le général Alfred Jodl signe la reddition sans condition de l’Allemagne nazie. Le «generaloberst» Jodl est alors le chef de l’état-major de la Werhmatch. Il agit au nom du haut-commandement allemand. Toutes les forces militaires allemandes de terre, de mer et des airs capitulent.

     La signature a lieu dans une salle du Collège technique et moderne de Reims. La fin des combats est fixée au lendemain, 8 mai à 23 h 01. Le général américain Walter Bedell-Smith, représentant de Dwight D. Eisenhower, chef d’état-major des Alliés, et le général soviétique Ivan Souslaparov signent pour les vainqueurs. Le général français François Sevez contresigne à titre de témoin. Mécontent du protocole, le président Joseph Staline exige que les documents signés à Reims soient ratifiés le 8 mai à Berlin en présence du maréchal Joukov, le chef de l’Armée rouge.

     Ceci met fin à la guerre en Europe. Les hostilités se poursuivent cependant en Asie. La fin de la Seconde Guerre mondiale survient finalement le 2 septembre 1945 avec la capitulation du Japon.

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«Hon. Charles Eugène Boucher De Boucherville, (Senator) 1822-1915» Photo : William James Topley (1879) Source : BAC

 

     Le troisième gouverneur général du Canada, Frederick Temple Blackwood, marquis de Dufferin et d’Ava, propose vers 1875 une série de travaux d’embellissement pour la ville de Québec. Ses efforts sont à l’origine de la mise en valeur des fortifications, de la construction des portes Saint-Louis et Kent et de l’aménagement de la terrasse Dufferin. Dans ce contexte, le gouvernement conservateur de Charles Boucher de Boucherville décide de faire construire à Québec, dans la capitale, un hôtel du Parlement. Boucher de Boucherville se tourne vers l’architecte Eugène-Étienne Taché pour préparer les plans de l’édifice dont la construction s’inscrit dans une volonté de démonter une stabilité politique et démocratique.

     Le gouvernement choisit d’abord l’emplacement actuel de l’hôtel de ville de Québec, à l’intérieur des murs. Taché est alors commissaire adjoint au département des Terres de la Couronne. Il présente ses plans en 1875. Mais, en 1876, le gouvernement du Québec fait l’acquisition du Cricket Field, immédiatement à l’extérieur de l’enceinte de fortifications pour y établir l’hôtel du Parlement. Taché adapte son projet et le contrat de construction est signé le 8 mai 1877.

     Taché s’inspire du style Second Empire pour l’architecture du parlement. L’objectif est de donner une visage français à la capitale du Québec. En raison des contraintes budgétaires, le style Second Empire de l’hôtel du Parlement à Québec est plus sobre que ce qui est en vogue à la même époque en France. L’ensemble institutionnel va être ériger en plusieurs étapes et débouche au XXᵉ siècle sur la construction d’une véritable colline parlementaire. L’hôtel du Parlement est conçu pour ancrer l’histoire politique du Québec dans la mémoire collective. Ainsi en est-il du programme commémoratif conçu par Taché pour orner l’édifice dont le fronton de l’entrée principale contient le célèbre phrase qui va devenir la devise du Québec en 1939 : «Je me souviens».

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