«Maurice Duplessis et Louis Saint-Laurent devant l’hôtel Windsor»Photo anonyme (1954)Source : Société Radio-Canada

     Le juge Thomas Tremblay préside la Commission royale d’enquête d’enquête sur les problèmes constitutionnels. Cette commission est établie en 1953 pour déterminer comment limiter l’empiètement du gouvernement fédéral sur les champs de compétence du Québec. Dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement du Canada avait obtenu des gouvernements  des provinces le droit de percevoir les impôts directs, un pouvoir provincial exclusif.  À l’issue de la guerre, le Québec refuse de reconduire l’entente passée avec Ottawa. La Commission Tremblay  a comme mandat d’enquêter sur ce problème constitutionnel.

     Le 24 février 1954, le Parlement québécois adopte une nouvelle loi qui permet au gouvernement du Québec de lever un impôt sur le revenu des particuliers.  Cet impôt correspond à 15% de l’impôt fédéral. Dès 1947, le gouvernement de l’Union Nationale dirigé par Maurice Duplessis avait imposé le revenu des corporations oeuvrant au Québec.  Ce projet d’impôt sur le revenu des particuliers est fortement contesté par le fédéral jusqu’à ce qu’une entente survienne entre les deux paliers de gouvernement en octobre 1954, notamment suite à une réunion à huis clos entre Duplessis et le premier ministre Louis-Saint-Laurent à l’hôtel Windsor à Montréal.

     Pour Duplessis, l’autonomie fiscale de Québec est une priorité. Il exige que l’impôt québécois soit déductible de l’impôt fédéral. L’historien Robert Comeau se souvient de cette lutte au déséquilibre fiscal : «La loi fut donc votée en février, mais on n’a pas su avant l’automne suivant si le gouvernement fédéral rendait cet impôt québécois déductible du sien, ce qui ne se conclura qu’en janvier 1955. Louis Saint-Laurent proposait que les provinces se financent par des subventions fédérales». Duplessis mène la lutte jusqu’au bout en démontrant l’importance de l’autonomie provinciale. Il fait «valoir l’importance pour le Québec de disposer de moyens fiscaux pour exercer ses propres pouvoirs…Grâce à ce nouvel impôt créé en 1954, les grandes réformes de la Révolution tranquille furent rendues possibles».

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«Le pape Grégoire XIII»Photo anonyme d’une gravure attribuée à Eiulsius au XVIᵉ siècle (s.d.)Source : Bibliothèque de la Smithsonian Institution

     L’histoire des différents calendriers est indissociable de l’histoire humaine. La mesure du temps dans les civilisations de l’Antiquité se fait de plusieurs façons, principalement en accord avec des préoccupations culturelles. Pour les premiers chrétiens, le calcul de la date de Pâques revêt une importance particulière. L’importance du solstice dans ce calcul va entraîner les catholiques à contester le calendrier julien qui comporte une dérive séculaire par rapport à la réalité astronomique.

     Au XVIᵉ siècle, une réforme est établie dans le calcul des années bissextiles afin de rattraper 10 jours de dérive.  Le calendrier julien, adopté lors du concile de Nicée en 325, doit être modifié.  Le 24 février 1582, le pape Grégoire XIII publie la bulle Inter Gravissimas afin d’officialiser ce changement de calendrier.

     L’adoption du calendrier grégorien se fait progressivement ensuite, certains pays n’adhérant à ce changement qu’au XXe siècle. Le principe scientifique du calendrier grégorien fait consensus. Toutefois, son usage ne fait pas l’unanimité pour des motifs religieux et culturels.  Ainsi plusieurs autres calendriers restent en vigueur comme, par exemple, le calendrier hébreu, le calendrier chinois ou encore le calendrier musulman.

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«Claude Charron, ministre au Parti québécois» Photo : Adrien Hubert (v. 1976) Source : BANQ

     Le 23 février 1982, Claude Charron démissionne. Le député de Saint-Jacques est alors le leader parlementaire du Parti québécois et ministre d’État délégué aux Affaires parlementaires. Il conserve quelques temps son poste de député, puis quitte la politique. Il poursuit ensuite une carrière journalistique et devient une vedette de la télévision en animant l’émission d’affaires publiques Le Match de la vie de 1988 à 1998.

      Cette démission survient après que Claude Charron eut été mêlée à deux scandales consécutifs. En novembre 1981, des rumeurs circulent qu’il est impliqué dans la production de films de pornographie juvénile tournés dans l’enceinte du parlement à Québec. Charron utilise alors une question de privilège à l’Assemblée nationale du Québec pour démentir ces rumeurs mais doit dévoiler publiquement son homosexualité. Après enquête, en décembre 1981, il est blanchi de tout lien avec cette affaire. Cependant, il présente sa démission au premier ministre René Lévesque qui la refuse. Frustré de la politique, le 30 janvier 1982, Charron se fait surprendre à tenter de voler un veston de cuir au magasin Eaton de Montréal.  Pris sur le fait, des accusations criminelles sont déposées contre lui et il décide démissionner à nouveau.

     Interviewé quelques années plus tard, Charron relate sa démission : «Lorsque je suis rentré dans le bureau de René Lévesque pour lui donner ma démission, en pleurant – le poids de la bêtise m’écrasait -, je croyais que j’allais vivre une période marquée au fer rouge pendant laquelle les gens se moqueraient de moi, me ridiculiseraient, riraient de moi. Quelques imbéciles en ont profité pour le faire puisque j’étais à terre». Contre le conseil de son avocat qui veut plaider le stress et le désarroi pour l’innocenter du geste, il plaide coupable en cour municipale : «…je voulais plaider coupable car je l’avais bien volé, ce coat…Mais de cela je m’en foutais, je savais que je ne voulais plus revenir en politique».

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