Lignes de partage entre le Royaume de Castille et le Portugal aux 15ᵉ et 16ᵉ sièclesDessin par Lancer en 2007, adapté par Flappieh (2013)Source : Wikipedia Commons

     Le 4 mai 1493, le pape Alexandre VI publie la bulle Inter caetera. Ce document soumet les terres découvertes au Nouveau Monde à l’obligation d’évangélisation des populations indigènes. Afin d’éviter un conflit entre le Portugal et l’Espagne, le pape délimite la zone accordée aux Espagnols.

    Cette bulle garantit à la couronne espagnole tous les territoires «à l’ouest et au sud» d’une ligne de pôle à pôle à 100 lieues à l’ouest des Açores et des îles du Cap-Vert. Déjà, la côte occidentale de l’Afrique avait été donnée au Portugal en 1481 en vertu de la bulle Aeterni regis.  En effet, les précisions d’Inter caetera sur les zones d’influence deviennent importantes en raison de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb en 1492.

François Iᵉʳ Photo d’Oakenchips d’une huile de Jean Clouet sur panneau de chêne datant d’environ 1530 (v. 2013) Source : Wikimedia Commons

     Inter caetera marque le début des missions catholiques au Nouveau Monde. La bulle sert de base à la colonisation espagnole en Amérique. Elle donne à l’Espagne pratiquement tout l’océan Pacifique et la côte ouest américaine. Cette bulle est complétée en 1494 par le traité de Tordesillas qui repousse la ligne de partage à 370 lieues des îles du Cap-Vert.

     En 1533, poussé par les commerçants bretons et normands, François Iᵉʳ, roi de France, demande au pape Clément VII de préciser la porter de la bulle Inter caetera. Le monarque français aurait lancé : «le soleil luit pour moi comme pour les autres. Je voudrais bien voir la clause du testament d’Adam qui m’exclut du partage du monde». Cette nouvelle interprétation stipule que le partage concerne les terres connues à la fin du XVᵉ siècle et que les terres découvertes ultérieurement pouvaient être réclamées par d’autres monarques chrétiens. Fort de cet appui papal, Francois Iᵉʳ soutient dès 1534, l’expédition de Jacques Cartier vers le Nouveau Monde.

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Affiche de propagande duMay Day Tribe (1971)Source : libcom.org

     Les années 1960 voient naître aux États-Unis une génération qui dit non à la violence et à l’insensibilité de la société de consommation. Le mouvement hippie fait la promotion de la contre-culture. Cette minorité affiche un mode de vie ouvertement différent, dénonce la politique militaire américaine et scande : «Make love not war».

     La guerre du Viêt Nam est alors ouvertement contestée. En 1971, les revendications pour la paix atteignent un nouveau sommet. Les militants du May Day Tribe organisent une manifestation à Washington pour protester contre la guerre. L’objectif est de créer un vaste mouvement pacifique de résistance civile; leur slogan : «Si le gouvernement ne veut pas arrêter la guerre, nous arrêterons le gouvernement».

      Du 1ᵉʳ au 3 mai 1971, plus de 500 000 personnes se retrouvent dans la capitale américaine afin de contester la participation à la guerre du Viêt Nam. Cette manifestation spectaculaire ne réussit toutefois pas à faire fermer le gouvernement fédéral. Plus de 13 000 personnes sont même arrêtées dans des conditions controversées. Le mouvement s’attire cependant la sympathie de l’opinion publique et sert de symbole pour les mouvements d’opposition à la guerre.

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«Stèles commémorant la rencontre entre Jacques Cartier et Donnacona sur les berges de la rivière Saint-Charles, à Québec» Photo : Jugag (v. 2010) Source : Wikimedia commons

     Jacques Cartier rencontre Donnacona pour la première fois à Gaspé en 1534. Le chef iroquois se méfie immédiatement des Français et de la croix qu’ils hissent à leur arrivée. Cependant, après négociations, Donnacona accepte de laisser ses deux fils, Domagaya et Taignoagny, repartir avec Cartier pour la France. Donnacona, pour sa part, retourne ensuite à Stadaconé, après avoir terminer son expédition de pêche. C’est là que Cartier, Domagaya et Taignoagny le retrouvent lors du second voyage du navigateur malouin en 1535 , après avoir que les navires français remontent pour la première fois le fleuve Saint-Laurent et eurent pris le «chemyn de Canada».

     Durant ce deuxième voyage, Cartier va se rendre jusqu’à Hochelaga à la recherche d’une hypothétique route vers les «trésors» de l’Asie. De retour à Stadaconé, ses relations avec Donnacona se détériorent. Les Français passent un premier hiver au Nouveau Monde et sont affligés par le scorbut. Au printemps 1536, Cartier profite des intrigues entre les leaders amérindiens pour inviter Donnacona sur son bateau afin de participer à un banquet d’adieu.  Le 3 mai 1536, Cartier kidnappe Donnacona, ses deux fils et quelques autres Amérindiens tout en promettant aux autres Autochtones de revenir avec eux dans une douzaine de lunes.

     Cartier ne revient dans cette région qu’en 1541. Il doit mentir car aucun des Amérindiens l’accompagne. Il déclare à Agona, nouveau chef de Stadaconé, que Donnacona est mort en France et que tous les autres mènent la vie de grands seigneurs. Au contraire, toutes les sources historiographiques montrent que les Autochtones sont morts rapidement en France. «Les Amérindiens ne crurent pas les paroles de Cartier et commencèrent à poser des obstacles à la venue des Européens sur leur territoire». La guerre froide qui s’ensuit débouche finalement, dans les décennies suivantes,  sur un conflit entre Français et nations iroquoises.

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