Major-General The Hon. Julian Byng, C.B., M.V.O. Photo : Bassane (1915) Source : The County Gentleman and Land & Water, vol. LXV, no. 2783, (11 septembre 1915).

     La crête de Vimy se trouve dans le Pas-de-Calais et domine la plaine de Lens. Les Allemands s’en empare dès le début de la Première Guerre mondiale, en octobre 1914. Site stratégique, la crête est fortifiée par les Allemands qui repoussent de nombreux assauts français et britanniques. De solides ouvrages de fortifications bâtis au cours de plus de deux ans d’occupation laissent croire en 1917 que la place est imprenable.  Pour s’emparer de la crête de Vimy, le major-général Julian Byng, futur gouverneur général du Canada, organise un plan très élaboré pour réussir à remporter la victoire rapidement après l’assaut initial. Son objectif est de réduire les pertes de vies dans la conquête de Vimy, cette «butte de la mort».

Tank advancing with Infantry at Vimy. April 1917 Photo anonyme (1917) Source : BAC

     Byng dirige alors le Corps canadien pour cette bataille qui vise à faire diversion avant que les troupes françaises n’attaquent Arras. Les bombardements d’artillerie débutent le 20 mars 1917 et s’avère très efficace en raison de leur excellente préparation et de la forte concentration des tirs. Le pilonnage s’intensifie à partir du 2 avril et inflige «une semaine de souffrance» aux Allemands selon les récits recueillis par les survivants.  Le 9 avril, lundi de Pâques, par un temps neigeux et venteux, l’assaut est donné. Quatre divisions de soldats s’élancent dès 5 h30 du matin en suivant un barrage roulant d’artillerie forçant les Allemands à rester retranchés dans leurs abris. Leur avancée est rapide malgré les tirs d’obus et de féroces combats à la baïonnette à divers endroits.

     Au milieu de l’après-midi, presque tous les objectifs fixés par Byng sont atteints.  Il faudra cependant trois autres jours pour finalement réussir à capturer la «Côte 145» et le plateau dit «le Bourgeon» et s’assurer de la victoire. La journée du 9 avril 1917 à Vimy est resté gravé dans la mémoire des combattants. Par exemple, le caporal suppléant Withfield Thomas Ganong écrit dans son journal : «Ce fut toute une journée. Une journée que je ne voudrais jamais revivre».

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Appomattox Court House, Va. Federal soldiers at the courthousePhoto : Timothy H. O’Sullivan (1865)Source : Wikimedia Commons

     Le 9 avril 1865, le général sudiste Robert E. Lee et ses troupes tentent d’échapper à l’étau militaire des forces de l’Union en formant une ligne de combat au palais de justice d’Appotomax en Virginie. La tactique semble d’abord porter fruit devant la cavalerie des nordistes.  L’arrivée de renfort met cependant fin au progrès des troupes de Lee qui se retrouvent encerclées.  L’armée confédérée doit finalement capituler face aux soldats dirigés par le lieutenant-général Ulysses S. Grant

   Cette bataille est la dernière de la campagne d’Appotomax. Même si ce n’est pas le dernier combat de la guerre de Sécession, la bataille du palais de justice d’Appotomax entraîne sa conclusion. Quelques foyers de résistance à l’Union sont ensuite éteints plus au sud. Les sudistes sont désarmés et ils doivent retourner à leur résidence respective. Ordre est donné aux troupes de l’Union de ne pas célébrer la victoire. Il n’y aura jamais de traité de paix.

  Appotomax marque la fin de la guerre de Sécession. Le 3 avril précédent, Grant s’était emparé de Richmond, la capitale confédérée. Abraham Lincoln y entre ensuite en triomphe. Lorsqu’il capitule le 9 avril, Lee n’a plus que 26 000 hommes sans provisions. Le président sudiste, Jefferson Davis, est en fuite. Il est finalement capturé et emprisonné en mai 1865.

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«La danse de Britannia et Marianne»Carte postale anonyme (1904)Source : Wikimedia Commmons

    Le 8 avril 1904, le Royaume-Uni et la France s’entendent pour régler leurs différends coloniaux. Quatre articles composent l’Entente cordiale. Une première déclaration concerne l’Égypte et le Maroc. Une convention touche Terre-Neuve et l’Afrique centrale et de l’Ouest. Des arrangements sont pris pour l’échange de diplomates entre Terre-Neuve et Saint-Pierre-et-Miquelon. Enfin, une seconde déclaration règle les problèmes relatifs au Siam, au Madagascar et aux Nouvelles-Hébrides.

     L’Entente cordiale a comme objectif la paix. La France et l’Angleterre se lient d’amitié et mettent fin à des siècles de querelles. Le contexte international s’y prête avec la situation tendue à l’époque en Europe. Les forces y sont déséquilibrées avec la signature de la Triple-Alliance entre l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie. L’Entente cordiale rétablit partiellement cette équilibre et sera suive par la Triple-Entente avec la Russie.

«La fontaine de Tourny à Québec» Photo : Gilbert Bochenek (2007) Source : Wikimedia Commons

   La menace en Europe explique la conclusion de l’entente. Anglais et Français veulent sortir de leur isolement et rétablir un rapport de forces face à l’Allemagne. L’intérêt du roi Édouard VII pour la France y est aussi pour beaucoup. L’accord est signé à Londres. Cette amitié se renforce dans la décennie qui suit. L’Entente cordiale débouche sur une alliance pleine et entière au début de  la Première Guerre mondiale.

     À Québec, l’entente cordiale de 1904 devient l’occasion de perpétuer une tradition. Durant une partie du XIXᵉ siècle, la langue anglaise est celle de la majorité à Québec. Malgré le déclin de la population anglophone dans la Cité de Champlain au XXᵉ siècle, une certaine collaboration entre les deux communautés linguistiques demeure présente dans des secteurs aussi variés que le commerce, les relations entre catholiques et anglicans ou le tourisme.  Cette entente cordiale à la québécoise est d’ailleurs visible dans la fontaine de Tourny, don de Peter Simons, aux origines écossaises et président-directeur-général de la mercerie du même nom, à la Ville de Québec pour son 400ᵉ anniversaire en 2007.

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