Code noirReproduction de la page frontispice de ce recueil réédité à Paris chez les Libraires associés en 1743 (s.d.)Source : Wikimedia Commons

     L’esclavage noir existe en Nouvelle-France. Il est combiné à l’esclavage d’Amérindiens. Cette pratique est fréquente en Louisiane dès le XVIIᵉ siècle. Le Code noir sur l’esclavage en Louisiane est publié dès 1685. Le 13 avril 1709, l’intendant Jacques Raudot légalise cette pratique en Nouvelle-France par une «Ordonnance rendüe au sujet des neigres et des sauvages nommez Panis».

     En agissant ainsi, Raudot régularise une pratique présente dans la colonie. Le terme «Panis» est trompeur car il ne réfère pas véritablement à une nation particulière comme, par exemple, les Pawnees du Missouri. L’expression est plutôt synonyme d’esclaves amérindiens, toute origine ethnique confondue.

Esclave des Indiens Renards ou esclave NépissinguéReproduction d’une estampe anonyme, vers 1732 (s.d.)Source : BNF

     L’historien Marcel Trudel a fouillé la question de l’esclavage en Nouvelle-France dès 1960. Malgré cela, le sujet reste tabou dans les cours d’histoire au Québec. Pourtant, les sources sont claires : l’esclavage est pratiqué et accepté en Nouvelle-France. L’esclavage n’a toutefois pas la même ampleur que dans certaines colonies américaines. Il reste néanmoins un rouage de l’économie coloniale. La valeur des esclaves est d’ailleurs connue : règle générale, un esclave «noir» vaut deux esclaves «rouges».

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The Taking of Vimy Ridge, Easter Monday 1917Photo anonyme d’une peinture de Richard Jack,  vers 1919 (s.d.)Source : Musée canadien de la guerre

     La bataille de la crête de Vimy débute le 9 avril 1917. Une première vague de 20 000 soldats canadiens, lourdement équipés, avance vers les lignes ennemis. Ils sont précédés par des tirs intensifs d’artillerie. L’assaut sur les positions allemandes se fait sans relâche. Rapidement, les Canadiens capturent une majeure partie de la crête. La «Côte 145», le point le plus élevé de la crête, est prise le lendemain. Le 12 avril 1917, le «Bourgeon», le dernier poste de défense situé au sommet de la crête tombe. Les Allemands doivent battre en retraite.

     La victoire est éclatante mais les pertes sont lourdes. Plus de 10 500 hommes sont morts ou blessés du côté canadien. Toutefois c’est peu, si on compte les 150 000 combattants alliés français et anglais qui tombèrent au combat à Vimy dans les mois précédents. Un véritable cimetière ! Par ce fait d’armes sans précédent, les troupes canadiennes gagnent la réputation d’être redoutables et efficaces. Bien plus, la victoire de Vimy fait sortir le Canada de l’ombre de la Grande-Bretagne.

     En avril 1917, la crête de Vimy est un endroit fortement défendu en raison de son importance sur le plan stratégique. Pour la première fois, quatre divisions canadiennes sont réunies en un seul groupe de bataille. Ils sont dirigés par le britannique Julian Bing, avec l’aide du général ontarien, Arthur Currie. Cette responsabilité canadienne dans l’ensemble de la prise de la crête de Vimy devient ensuite un événement clé du développement de l’identité du Canada comme nation indépendante de l’Angleterre et figure comme prélude au Statut de Wesminster. Symbole du sacrifice humain nécessaire pour arriver à la victoire lors de la Première Guerre mondiale, le Mémorial de Vimy au nord d’Arras en France est le plus grand monument commémoratif canadien outre-mer.

Croix de Vimy, Citadelle de Québec Photo : Vimy (2007) Source : Wikimedia Commons

     Ce Mémorial est inauguré en 1936. Après la bataille, une croix en bois est érigée sur le site des combats en souvenir des 3 598 soldats canadiens morts durant l’assaut de la crête de Vimy. Elle commémore aussi le souvenir de tous les autres soldats canadiens morts lors de la Grande Guerre. En 1923, elle est confiée au Royal 22ᵉ Régiment qui l’installe à la Citadelle de Québec, dans la ville où ce régiment a droit de cité.  La Croix de Vimy est située à l’intérieur des fortifications de Québec et les soldats en uniforme se doivent de la saluer à chaque fois qu’ils passent devant elle.

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An Allegory, Probably of the Peace of Utrecht of 1713Photo anonyme d’une huile sur toiled’Antoine Rivalz d’environ 1714 (s.d.)Source : MMA

     Le traité d’Utrecht met fin à la guerre de Succession d’Autriche. Un premier traité est signé le 11 avril 1713 entre la France et la Grande-Bretagne. Un second traité est signé le 13 juillet suivant entre la Grande-Bretagne et l’Espagne. Ces accords avantagent d’abord la Grande-Bretagne. L’Espagne est la grande perdante. La France, elle, conserve sa domination en Europe mais perd une partie de ses possessions en Amérique du Nord.

«Animation historique à la forteresse de Louisbourg» Photo anonyme (s.d.) Source : Cap-aux-Diamants, fonds Brün-Bouchard.

     Par ce traité, le roi Louis XIV renonce à plusieurs parties de l’empire français en Amérique. La baie d’Hudson devient exclusivement anglaise et la Compagnie de la baie d’Hudson est dédommagée de ses pertes. L’Acadie est également remise à la reine Anne de Grande-Bretagne tout comme la majeure partie de Terre-Neuve. La France conserve cependant ses possessions sur la côte est de Terre-Neuve ainsi que l’île du Cap-Breton et la forteresse de Louisbourg.

     Le traité d’Utrecht est signé après quatorze mois de négociations. Essentiellement, il met fin à une guerre européenne. La carte politique de l’Europe est cependant modifiée. L’Espagne cesse alors de jouer un rôle de premier plan tandis que la Grande-Bretagne  jette les bases de son empire colonial planétaire au détriment des Provinces-Unies.

     Dans les faits, les traités d’Utrecht amorcent le rétrécissement du territoire de la Nouvelle-France et marquent ainsi le début de l’effritement de l’Empire français en Amérique du Nord. Amputé de l’Acadie et de la baie d’Hudson, l’expansion du fait français passe désormais par les Pays-d’en-Haut et la Louisiane, deux territoires qui tarderont à devenir d’importants foyers de peuplement français. Après 1713, la Nouvelle-France est encerclée au nord, à l’est et au sud par la présence anglaise.

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