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«3 septembre 1888 – Première célébration de la fête du Travail à Montréal»
Photo anonyme (1888)
Source : aqction.info/evenement/1888/2013-09-03/

 

     Le 3 septembre 1888, les travailleurs montréalais font une démonstration publique en se regroupant pour défiler par corps de métier.  C’est la première fois que cette fête est célébrée à Montréal.  La majorité des participants sont des Canadiens français. Cette fête chômée est l’aboutissement d’un longue lutte du mouvement ouvrier qui s’amorce au milieu du XIXᵉ siècle.

     Les premières célébrations officielles de la fête du Travail se font à New York en 1882.  Celle de 1886 à Montréal est organisée par l’Union des Cigariers.  Le grand défilé regroupe 5 000 travailleurs.  Des manifestations similaires ont lieu à Québec en 1891.  Au Québec, la fête du Travail devient une fête légale en 1897.

     Jusqu’en 1952, un important défilé de travailleurs a lieu à Montréal chaque année le premier lundi de septembre. Cette marche bien ordonnée est organisée par des syndicats internationaux. Elle est agrémentée de bannières, de fanfares et de chars allégoriques.  Les syndiqués veulent ainsi occuper l’espace public et démontrer leur force collective.  C’est le principal défilé au Québec jusqu’après la Seconde Guerre mondiale et l’avènement de la société de consommation.

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Mamoru Shigemitsu signe les actes de capitulation du Japon à bord du USS Missouri. Source : NHC 213700

«Mamoru Shigemitsu signe les actes de capitulation du Japon à bord du USS Missouri»
Photo : Army Signal Corps (1945)
Source : NHC 213700

     Le 2 septembre 1945, le ministre des Affaires étrangères du Japon Mamoru Shigemitsu signe les documents officiels de la capitulation du Japon. Les termes de la reddition ont été préparés par les Américains et validés par le président Harry Truman. Le général japonais Yoshijiro Umezu signe aussi le document pour le Japon. C’est le général Douglas MacArthur qui signe au nom des Alliés. Des représentants des États-Unis, de la Chine, de la Grande-Bretagne, du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de l’URSS, des Pays-Bas et de la France signent également.

     La cérémonie protocolaire débute à 9h AM. Elle est programmée méticuleusement et les signatures se font quatre minutes plus tard. Le USS Missouri est alors ancré dans la baie de Tokyo.

     Le premier paragraphe du document réitère l’importance de l’empereur du Japon tandis que le second énonce la capitulation sans condition des Japonais.  Ce geste marque la fin de la Seconde Guerre mondiale.

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Joseph Guibord . – 18 septembre 1875
Photo anonyme d’une gravure de Philéas Gagnon datant de 1875 (s.d.)
Source : Archives de Montréal

 

     Dans La Minerve du 17 novembre 1875, un article bien particulier rapporte les événements entourant la mise en terre de la dépouille de Joseph Guibord : «L’enterrement de Guibord est enfin un fait accompli. La cérémonie a eu lieu hier matin. Tout s’est passé paisiblement et avec ordre. Les autorités n’ont rencontré aucune résistance dans l’exécution du décret royal, et tout le déploiement de forces qu’on a cru devoir faire a été inutile». Qu’est-ce que cela signifie ? Pourquoi protéger le cortège funèbre ? En effet, dans le même article, nous apprenons que le corbillard est escorté par une cinquantaine de policiers. Pour son entrée au cimetière Notre-Dame-des-Neiges, cette escorte est renforcée par un régiment de volontaires provenant des bataillons du Prince de Galles, d’Hochelaga et des Victoria Rifles, par un corps de cavalerie et par une escouade de sapeurs.  De plus, cette troupe est accompagnée de 32 hommes d’artillerie et de quatre canons.  Lorsqu’on sait que la mise en terre de Joseph Guibord se déroule paisiblement, il est juste d’écrire : «Le rôle joué par cette petite armée est notablement entaché de ridicule. Cette aventure rappelle la fable de la Montagne en travail, accouchant d’une souris».

    Toute cette protection s’explique par la bataille que se livre l’Institut canadien de Montréal et l’école ultramontaine. En juillet 1869, un décret de l’Inquisition condamne les doctrines libérales de l’Institut et son Annuaire est mis à l’Index.  Mᵍʳ Ignace Bourget ordonne alors de refuser les sacrements aux membres de l’Institut à l’heure de la mort! Fin 1869, le typographe Joseph Guibord est à l’agonie ; il reçoit l’absolution et le viatique. Son confesseur apprend ensuite qu’il est membre de l’Institut canadien de Montréal et revient voir le mourant pour lui dire qu’il n’aurait pas dû recevoir l’absolution et exige sa résignation comme membre de l’Institut. Guibord refuse et devient au yeux de l’autorité religieuse un révolté et un pêcheur public.  Après son décès, il est privé du service funèbre et son inhumation en terre bénite est interdite. Cet anathème incite son épouse Henriette Brown, avec le soutien des membres de l’Institut, à poursuivre en justice le curé et les marguilliers de la paroisse de Notre-Dame-de-Montréal. La cause se termine en 1874 lorsque le Conseil privé de Londres ordonne d’inhumer Guibord au cimetière de Côte-des-Neiges.

    Dès novembre 1869, le curé Victor Rousselot refuse la sépulture de Guibord dans la partie bénie du cimetière et le gardien du cimetière, Benjamin Desroches, lui en bloque l’accès. Le cadavre de Jopseh Guibord est d’abord déposé au charnier du Mount Royal Cemetery, un cimetière protestant. L’Affaire Guibord débute. Les procédures judiciaires se déroulent en Cour supérieure, en Cour de révision et  en Cour du Banc de la Reine durant les années suivantes. Finalement, la cause est portée devant le comité judiciaire du Conseil privé qui force la translation de Guibord du charnier protestant vers son lot au cimetière Notre-Dame-des-Neiges. Le 2 septembre 1875, un nouveau cortège funèbre voit une foule hostile lui bloquer l’accès au cimetière.  Les proches de Jospeh Guibord doivent rebrousser chemin sous les insultes, les menaces et les projectiles. Son inhumation a finalement lieu le 16 novembre suivant mais Mᵍʳ Bourget use de son pouvoir canonique pour désacraliser le lieu où est inhumé Guibord…

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