Archive pour la ‘Indépendance’ Catégorie

 

Félix Leclerc, 1980Photo : merlinprincesse (2005)Source : Flickr

     Le 20 mai 1980, les électeurs du Québec votent lors du premier référendum sur la souveraineté du Québec. La question : «Le Gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d’en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l’égalité des peuples ; cette entente permettrait au Québec d’acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d’établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté, et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l’utilisation de la même monnaie ; aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l’accord de la population lors d’un autre référendum ; en conséquence, accordez-vous au Gouvernement du Québec le mandat de négocier l’entente proposée entre le Québec et le Canada ?».

     Les résultats sont connus le soir même. Le taux de participation est élevé à 85,61%. Le OUI obtient l’appui de 1 458 851 personnes soit 40,44% des électeurs. Le NON remporte la victoire avec l’appui de 59,56% des électeurs soit 2 187 991 personnes.

    René Lévesque, premier ministre du Québec et chef du Comité du OUI, accepte la défaite. Le 20 mai, en soirée, au Centre Paul-Sauvé à Montréal, il prononce un discours célèbre qui débute ainsi : «Si je vous ai bien compris… vous êtes en train de dire… à la prochaine fois».

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A sketch of the environs ofCharleston in South CarolinaDétails d’un dessin de Charles Sproule (1780)Source : Library of Congress, Geography and Map Division

     Le 12 mai 1780, l’armée continentale dirigée par le major-général Benjamin Lincoln se rend sans condition aux forces britanniques du lieutenant-général Henry Clinton. Cette reddition survient après six semaines de siège à Charleston. La bataille fait suite au changement de stratégie des Britanniques: plutôt que de continuer d’attendre les mouvements des troupes de Georges Washington, l’armée anglaise décide d’attaquer les colonies les plus au Sud.

     Les Américains subissent à Charleston leur pire défaite de la guerre d’Indépendance. Plus de de 3 000 Patriotes sont faits prisonniers. Les Américains perdent aussi beaucoup d’équipements et de munitions. En contre-partie, les pertes britanniques ne dépassent guère 250 hommes, tués et blessés inclus.

     La campagne de Charleston est bien connue: Lincoln en a laissé un récit détaillé. Confiant de la supériorité de leur stratégie après la victoire de Charleston, les Anglais dirigés par Clinton laissent une partie de leurs troupes au Sud sous la gouverne de Charles Cornwallis. Clinton retourne à New York pour superviser les opérations militaires. Les Patriotes américains réagissent en pratiquant la guérilla pour repousser Cornwallis et ses hommes en Virginie. En octobre 1781, le vent a tourné: Lincoln est au côté de Washington pour accepter la reddition de Cornwallis à Yorktown.

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«René Lévesque» Photo anonyme (s.d.) Source : Robert Bertand, «René Lévesque Pays-Québec» dans www.pinterest.com

 

     Le 20 décembre 1979, le gouvernement dirigé par le René Lévesque et le Parti québécois dépose à l’Assemblée nationale du Québec la question référendaire qui sera posée lors du référendum sur la souveraineté-association prévu pour 1980. Le libellé de la question est «Le gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d’en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l’égalité des peuples. Cette entente permettrait au Québec d’acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d’établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l’utilisation de la même monnaie. Aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l’accord de la population lors d’un autre référendum. En conséquence, accordez-vous au gouvernement du Québec le mandat de négocier l’entente proposée entre le Québec et le Canada?».

     En mars 1980, durant trois semaines, un débat parlementaire sur la question a lieu. Les propos sont particulièrement chargés chargé d’émotions. Député de Taillon, le premier ministre Lévesque fait cette déclaration en Chambre le 4 mars : «Qu’est-ce qu’elle dit cette question ? D’abord, elle pose le principe sur lequel tout le reste s’appuie, le principe de l’égalité des deux peuples qui composent le Canada actuel /…/ Sur le plans des droits et des intérêts fondamentaux, de l’exercice de ces droits /…/ et de la question de ces intérêts, c’est d’égal à égal que tous les peuples qui se respectent doivent établir leurs relations. La question proposée précise ensuite l’entente par laquelle, et par laquelle seulement, ce principe pourra s’appliquer /…/». Claude Ryan, chef de l’opposition officielle, qualifie la question d’«emberlificotée» et dénonce la dilution de l’option péquiste en faveur de l’indépendance.

     Après trente-cinq heures de débat, le 20 mars 1980, la question référendaire est adoptée à la majorité des députés de l’Assemblée nationale du Québec. Dans cette joute oratoire, les députés du Parti québécois gagnent le face-à-face. En mars 1980, les souverainistes dominent les sondages. Par exemple, le 15 mars, selon l’Institut québécois d’opinion publique, le Oui recueille 52% des intentions de vote contre 48% pour le Non.

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