Archive pour la ‘Bas-Canada’ Catégorie

Robert Nelson, M.D.Photo : Studio of Inglis (1873)Source : BANQ

     Robert Nelson est mis en prison le lendemain de la bataille de Saint-Denis. Ce médecin de grande compétence est également député de Montréal-Ouest. Orateur véhément et membre actif du Comité central et permanent du district de Montréal, Robert Nelson ne prend pas les armes en 1837. Son arrestation comme suspect est probablement due au lien étroit qu’il entretient avec son frère Wolfred Nelson qui dirige les troupes patriotes lors de la victoire de Saint-Denis.

     Relâché le lendemain en raison d’une irrégularité judiciaire, Nelson est furieux de son arrestation arbitraire. Selon Joseph-Amédée Papineau, il écrit sur un mur de sa cellule : «Le Gouvernement anglais se souviendra de Robt. Nelson». Il quitte immédiatement le Bas-Canada pour les États-Unis où il prend la tête des réfugiés patriotes.

     Robert Nelson développe alors une stratégie pour tenter de reprendre le Bas-Canada des mains des Britanniques. Avec l’aide d’autres Patriotes, Nelson organisent des conférences pour faire valoir son point de vue. Au début de janvier 1838, il participe à une réunion à Middlebury au Vermont où les Patriotes modérés et les Patriotes radicaux débattent de l’opportunité d’établir un gouvernement provisoire. Les revendications et les moyens d’action des radicaux sont retenus : Robert Nelson est alors élu général de l’armée patriote et président de la République du Bas-Canada.

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Wolfred NelsonPhoto anonyme d’un dessin au crayon de plomb de Jean-Joseph Girouard fait en 1837 (s.d.)Source : BAC

     Le 23 novembre 1837, un contingent de 300 soldats de l’armée britannique dirigés par le lieutenant-colonel Charles Stephen Gore attaque le village de Saint-Denis, au sud de la rivière Richelieu. Les troupes anglaises ont marché toute la nuit au froid et à la pluie pour atteindre Saint-Denis où 200 miliciens patriotes les attendent de pied ferme, barricadés dans des bâtiments de pierre à l’entrée du village.

     La bataille tourne à l’avantage des Patriotes. Prévenus de l’arrivée des Anglais, ils bénéficient de l’effet de surprise. Retranchés au sec avec un meilleur positionnement stratégique, les Patriotes repoussent l’attaque des Anglais obligés de manoeuvrer dans la boue. Après six heures de combat, Gore sonne la retraite. Les pertes des Patriotes s’élèvent à douze morts et sept blessés. Les Britanniques, eux, comptent six morts, dix blessés et six disparus.

    La victoire des Patriotes est largement attribuable au leadership du docteur Wolfred Nelson. Des proches rapportent qu’il déclare au début du combat : «Un peu de courage et la victoire est à nous» ! Ce politicien anglophone paiera cher son titre de héros de Saint-Denis. Capturé comme un traître en décembre 1837, il subit l’année suivante l’exil aux Bermudes loin de sa femme et de ses enfants. Il reviendra à Montréal en 1842 après une procédure de nolle prosequi menée par le procureur général de l’époque, Louis-Hyppolite La Fontaine.

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     À Québec, le 13 novembre 1806, Charles Roi imprime le prospectus d’un nouveau papier périodique. Cette publication insiste sur l’importance de la liberté de la presse et sur la nécessité de rétablir les faits suites à certaines insinuations publiées dans les pages du Quebec Mercury. Ce journal hebdomadaire avait été fondé en 1805 par Thomas Cary et publiait des textes défendant les intérêts de la bourgeoisie anglaise au Bas-Canada. Dans un style au vitriol, le Quebec Mercury présentait la montée de la majorité française à la Chambre d’assemblée comme une menace pour les marchands anglophones.

    Le lancement du Canadien le 22 novembre 1806 est la réponse à ces attaques. Le Parti canadien, dirigé par Pierre-Stanislas Bédard et ancêtre du Parti patriote, utilise les pages du Canadien pour véhiculer ses idées politiques et promouvoir la responsabilité ministérielle. Le Canadien adopte la devise «Fiat Justitia ruat Caelum» signifiant «Que justice soit faite même si le ciel s’écroule».

     Rapidement Le Canadien se donne comme mission d’éduquer la majorité de la population de ses droits constitutionnels et d’accélérer la prise de conscience de l’identité nationale des Canadiens. Ce journal permet à l’élite politique du Parti canadien d’exprimer sa vision de la nation canadienne. En quelques années, Le Canadien s’impose comme le principal journal de la colonie, ce qui ne l’empêche pas de voir ses presses saisies par les autorités britanniques lors de la crise sous James Craig en 1810.

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