Archive pour la ‘Bas-Canada’ Catégorie

«La vente de la Louisiane en 1803»Illustration : Wikigraphistes (s.d.)Source : Wikimedia Commons

     Le 30 avril 1803, les États-Unis d’Amérique achètent les territoires de la Louisiane à la République française. La vente se fait pour 80 millions de francs soit 15 millions de dollars américains. Les terres acquises vont des rives du Mississippi aux montagnes Rocheuses et du golfe du Mexique à l’actuelle frontière canadienne.

     Trois documents sont signés à ce moment. Un traité stipule d’abord les conditions de la vente entre le deux pays. Une première convention précise ensuite les modalités des transferts monétaires entre la France et les États-Unis. Enfin, une deuxième convention donne quittance à la France d’une ancienne dette envers les États-Unis. Le 20 décembre 1803, la Louisiane fait finalement partie du territoire des États-Unis.

     Napoléon Bonaparte avait acheté secrètement la Louisiane à l’Espagne en 1800. Il espérait faire renaître l’empire français en Amérique du Nord.  La conjoncture internationale entre 1800 et 1803 le force à abandonner ce projet. La vente de la Louisiane est probablement la plus importante transaction immobilière de l’Histoire.  Elle permet au président Thomas Jefferson de doubler la superficie de son pays puis de lancer l’expédition de Lewis & Clark afin de découvrir la route vers le Pacifique.

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L’honorable Jean-Antoine PanetPrésident de la Chambre d’assemblée de la province du Bas-Canada1792-1794; 1797-1815Photo anonyme d’une huile sur toile copiée par Théophile Hamel (s.d.)Source : Parlement du Canada

 

     Les premiers débats parlementaires au Québec ont lieu lors de la première session de la première législature du Bas-Canada. Le 17 décembre 1792, les travaux des députés débutent. Ils doivent d’abord élire un président d’assemblée, un poste qui porte le nom d’«Orateur» à l’époque. Même si la majorité des députés sont francophones, la minorité des députés anglophones tentent de faire élire un candidat d’origine britannique. Le 18 décembre 1792, la majorité impose son choix et l’avocat Jean-Antoine Panet est élu.

     Panet est natif de Québec. Après ses études au Séminaire de Québec, il exerce la fonction de notaire puis celle d’avocat. Il est aussi milicien et participe activement à la défense de Québec lors de l’invasion américaine de 1775-1776. Il devient le premier député de la Haute-Ville de Québec et exerce la fonction d’«Orateur» jusqu’au 28 décembre 1794, date où il démissionne pour accéder au poste de juge de la Cour des plaids communs.

     Louis Dunière, député de Hertford, propose la candidature de Panet à la présidence de l’assemblée. Sa motion est appuyée par Pierre-Amable De Bonne, bien que ce dernier soit plus proche idéologiquement de l’élite britannique que de la pensée politique de Panet lui-même. L’élection de Panet est conclue après un vote de 28 voix contre 18.

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«L’arrestation d’un Patriote»Reproduction d’un dessin anonyme datant de ca1837-1838 (2000)Source : www.1837.qc.ca

     Au début de novembre 1838, le Conseil spécial du Bas-Canada émet une ordonnance pour suspendre l’habeas corpus. C’est la seconde fois en un an que cette mesure d’exception est appliquée. L’arrestation de 855 Patriotes va suivre : 816 à Montréal, 19 à Sherbrooke, 18 à Québec et 2 à Trois-Rivières. Le 27 novembre 1838 la cour martiale est instituée pour juger 108 Patriotes.

     Entre le 6 décembre 1838 et le 1ᵉʳ mai 1839, ce sont 108 Patriotes du Bas-Canada qui sont traduits en cour martiale. De ce nombre, seulement neuf sont acquittés alors que les 99 autres sont condamnés à mort. Parmi ceux-ci, 12 sont pendus en public; 58 voient leur peine commuée en déportation vers l’Australie, 26 sont libérés sous caution et 3 sont libérés sous condition.

     La répression du mouvement patriote au Bas-Canada est cependant beaucoup plus intense dans son ensemble.  Pour en saisir l’ampleur, il faut tenir compte de tous ceux qui ont été emprisonnés, déportés, exilés ou pendus entre 1837 et 1840 pour avoir été un Patriote. C’est un total de 1 366 hommes qui sont incarcérés : 228 en 1837, 890 en 1838, 119 en 1938 et un en 1840.

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