Archive pour la ‘Bas-Canada’ Catégorie

Chichester CanalPhoto anonyme d’une huile sur toile deJoseph Mallord William Turner datant d’environ 1828 (s.d.)Source : Wikimedia Commons

     Le comte Georges Wyndham commande au début du XIXᵉ siècle au peintre J.M.W. Turner quatre oeuvres pour orner des pièces de sa demeure. Une de ces toiles, le Canal de Chichester représente un brigantin naviguant dans ce canal du Sussex en Angleterre.  Il est probable que les couleurs de la peinture aient été influencées par les cendres provenant de l’éruption du volcan indonésien Tambora en 1815.  Cette explosion volcanique est une des plus importantes de l’histoire et elle a un impact sur le climat mondial durant plusieurs années.

      Les cendres propulsées dans la stratosphère par l’éruption font plusieurs fois le tour de la Terre.  Les perturbations climatiques sont particulièrement aiguës dans le nord-est de l’Amérique du Nord ainsi qu’en Europe.  L’année 1816 est qualifiée d’année sans été, de «Year Without Summer».  En mai, le gel détruit la plupart des récoltes et des blizzards meurtriers surviennent en juin.  Durant tout l’été 1816, les températures chutent fréquemment sous le point de congélation et les précipitations de neige sont nombreuses dans l’hémisphère nord.

     Au Bas-Canada, la disette de 1816 est connue des historiens. Sur tout le territoire, la chute des températures est dramatique. Durant l’été, les nombreuses précipitations laissent souvent les calèches embourbées jusqu’aux essieux. Les poëles à bois, remisés pour la belle saison, sont remontés. Au début de juin, de fortes tempêtes de neige frappent la vallée du Saint-Laurent. Le 10 juin 1816, il tombe 30 centimètres de neige à Québec. Dans la colonie, la moisson est compromise : des commissaires spéciaux sont nommés et, en novembre 1816, ils entreprennent la distribution de provisions achetées à divers particuliers.

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Manifestation des Canadiens contre le gouvernement anglais, à Saint-Charles, en 1837Photo anonyme d’une huile sur toile de Charles Alexander Smith datant de 1890 (s.d.)Source : MNBAQ

     En 1937, des citoyens de Saint-Denis-sur-Richelieu organisent des célébrations pour commémorer le centenaire de la lutte des Patriotes en 1837-1838. Les fêtes se déroulent un peu partout au Québec. Les revendications des Patriotes pour la liberté, la démocratie et la reconnaissance de leur identité nationale sont au coeur des célébrations. Il faut cependant attendre 1962, lors du 125e anniversaire de la bataille de Saint-Denis, pour que la tradition d’une commémoration annuelle des Patriotes débute. La fête a alors lieu en novembre.

     Le 6 octobre 1982, le gouvernement du Québec décrète comme «Journée des Patriotes», le dimanche le plus proche du 23 novembre, en souvenir de la victoire patriote à Saint-Denis. Cette commémoration ne satisfait pas l’opinion publique. La création d’un nouveau congé ou la modification d’un jour férié existant sont réclamées pour témoigner de l’importance historique du mouvement patriote. En 1994, la Chambre des communes à Ottawa reconnaît officiellement la contribution des Patriotes à l’établissement de la démocratie au Canada.

     Le 20 novembre 2002, le gouvernement québécois modifie la «Journée des Patriotes». Afin de rappeler que les assemblées publiques débutèrent au Bas-Canada en mai 1837, la fête de novembre est déplacée vers le mois de mai. Le décret 1322-2002 proclame que dorénavant la «Journée nationale des Patriotes» coïncide avec le lundi précédant immédiatement le 25 mai de chaque année. Ce jour est férié et met un terme à l’ambiguïté qui existait auparavant au Québec quant à la pertinence de commémorer la date de naissance de la reine Victoria du Royaume-Uni ou celle du décès d’Adam Dollard des Ormeaux. Le 19 mai 2003, la «Journée nationale des Patriotes» est célébrée pour la première fois.

Pour en savoir plus : LaFontaine et son temps, Monument Louis-Joseph Papineau

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Lewis and Clark on the Lower ColumbiaPhoto anonyme d’une aquarelle de Charles Marion Russell datant de 1905 (s.d.)Source : Wikimedia Commons

     Dès 1802, le président Thomas Jefferson entreprend des démarches diplomatiques avec l’Espagne pour qu’une expédition scientifique américaine explore le cours du Missouri. Malgré le refus espagnol, Jefferson continue de soutenir ce projet.  La vente de la Louisiane en 1803 modifie le contexte international. Dans ces circonstances, Jefferson fait voter une somme de 2 500 $ au Congrès pour financer une expédition à travers les États-Unis à la recherche du Pacifique.

   L’expédition est commandée par Meriwether Lewis et William Clark. De 1803 à 1806, les explorateurs traversent les États-Unis pour se rendre à l’océan Pacifique et en revenir. Ils en profitent pour dresser des cartes, pour rédiger un récit de leurs découvertes et pour tisser des liens avec les peuples de l’ouest de l’Amérique du Nord.

     Le 14 mai 1804, Clark amorce le périple à partir de Camp Dubois, dans l’actuel état de l’Illinois. Il est accompagné d’une trentaine d’hommes. Le 20 mai, il rejoint Lewis et son groupe de 10 hommes aux environs de Saint-Louis dans le Missouri. Le succès de l’expédition repose également sur l’aide que Lewis et Clark reçoivent à partir de l’automne 1804 de la part du coureur des bois Toussaint Charbonneau, un natif de Boucherville, et de son épouse Sacagawea, une autochtone de la nation Shoshone.

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