Archive pour la ‘Bas-Canada’ Catégorie

William Smith. Chief Justice of New York and of CanadaPhoto anonyme d’une estampe anonyme non datée (s.d.)Source: BAC

 

     La création du Bas-Canada en 1791 entraîne la création d’un Parlement dont la chambre haute est le Conseil législatif du Bas-Canada. Le premier président de ce conseil est William Smith, également juge en chef de la colonie. Cette pratique de nommer le juge en chef comme président devient la coutume durant l’existence du Conseil, soit jusqu’à sa dissolution en 1838.

     Même si la nouvelle constitution ne rencontre pas toutes ses opinions, William Smith s’affaire à organiser le système politique du Bas-Canada dans le respect des traditions parlementaires britanniques. Soulignons que Smith rédige des commissions pour le gentilhomme huissier de la verge noire et le sergent d’armes dont les costumes sont copiés sur ceux de Westminster. De plus, il s’assure que les relations entre le Conseil législatif et la Chambre d’assemblée du Bas-Canada respectent les pratiques parlementaires en vigueur à Londres. Il veille également également à ce que les ordonnances destinées aux conseillers législatifs soient des répliques des assignations royales à la Chambre des Lords.

    C’est dans cette esprit qu’est adopté le 28 janvier 1793, le règlement du Conseil législatif du Bas-Canada. Composé de 37 articles, ce règlement précise le fonctionnement du Conseil. Le document définit le rôle de la présidence et donne les règles de déroulement des séance et des débats. L’ordre dans lequel les conseillers doivent s’asseoir est établi, tout comme la procédure nécessaire pour l’adoption des projets de loi tant en Chambre qu’en comité. En fait, c’est l’ensemble des travaux du Conseil qui est régi par ce règlement de 1793 à 1838.

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Monument en l’honneur des PatriotesPhoto anonyme (2009)Source : Ville de Montréal

     Soixante-quatre patriotes recherchés par l’armée anglaise sont capturés dans un guet-apens au village iroquois du Sault-Saint-Louis en novembre 1838. Dix sont condamnés à mort mais six sont graciés.  Des quatre autres, deux sont bannis et exilés du Bas-Canada.  La peine de mort est cependant maintenue pour Joseph-Narcisse Cardinal et Joseph Duquette. Vendredi le 21 décembre 1838, les deux hommes périssent sur l’échafaud malgré les nombreuses requêtes faites au gouverneur John Colborne. «La corde fatale a tranché le fils de leurs jours».

     Le notaire Cardinal exerce sa profession à Châteauguay.  Il est élu sans opposition député de Laprairie en 1834. Chef patriote, Cardinal ne participe pas aux combats en 1837 mais s’exile toutefois aux États-Unis. Membre de l’Association des frères-chasseurs, Robert Nelson le charge d’organiser le soulèvement dans Laprairie.  De retour au Bas-Canada à titre de brigadier général, il dirige des patriotes à Châteauguay mais il est capturé par des Amérindiens du Sault-Saint-Louis.  Emprisonné à Montréal, il est reconnu coupable de haute trahison par le conseil de guerre le 8 décembre 1838.  Joseph-Narcisse Cardinal est le premier à être pendu pour avoir appuyé la lutte des patriotes pour la démocratie et la liberté.

     Après cette exécution, Joseph Duquet monte sur la potence à son tour.  Son supplice est atroce : en gravissant les marches, Duquet frémit, claque des dents et il doit être soutenu ; la corde est mal placée par le bourreau et, lorsque la trappe tombe, elle glisse sous le nez du condamné qui est projeté de côté pour heurter avec violence la charpente en fer du gibet.  Duquet est toujours conscient, saigne abondamment et râle bruyamment.  Malgré les cris de la foule qui scande «Grâce! Grâce!», son agonie se prolonge une vingtaine de minutes, le temps qu’une nouvelle corde soit installée.

     Ces pendaisons ont lieu à la prison du Pied-du-Courant. Cardinal et Duquet sont ensuite inhumés dans la même fosse, dans l’ancien cimetière de Montréal, là où on trouve aujourd’hui le square Victoria. Par la suite, les restes des deux patriotes martyrs sont exhumés et transportés en 1858 au cimetière Notre-Dame-des-Neiges où ils reposent toujours sous le Monument des Patriotes.

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«La vente de la Louisiane en 1803»Illustration : Wikigraphistes (s.d.)Source : Wikimedia Commons

     Le 30 avril 1803, les États-Unis d’Amérique achètent les territoires de la Louisiane à la République française. La vente se fait pour 80 millions de francs soit 15 millions de dollars américains. Les terres acquises vont des rives du Mississippi aux montagnes Rocheuses et du golfe du Mexique à l’actuelle frontière canadienne.

     Trois documents sont signés à ce moment. Un traité stipule d’abord les conditions de la vente entre le deux pays. Une première convention précise ensuite les modalités des transferts monétaires entre la France et les États-Unis. Enfin, une deuxième convention donne quittance à la France d’une ancienne dette envers les États-Unis. Le 20 décembre 1803, la Louisiane fait finalement partie du territoire des États-Unis.

     Napoléon Bonaparte avait acheté secrètement la Louisiane à l’Espagne en 1800. Il espérait faire renaître l’empire français en Amérique du Nord.  La conjoncture internationale entre 1800 et 1803 le force à abandonner ce projet. La vente de la Louisiane est probablement la plus importante transaction immobilière de l’Histoire.  Elle permet au président Thomas Jefferson de doubler la superficie de son pays puis de lancer l’expédition de Lewis & Clark afin de découvrir la route vers le Pacifique.

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