Archive pour la ‘Bas-Canada’ Catégorie

«Portrait de Ludger Duvernay» Photo de Jeangagnon d’une huile sur toile datant de 1832 de Jean-Baptiste Roy-Audy (s.d.) Source : Wikimedia Commons

 

     La Gazette des Trois-Rivières est fondée par Ludger Duvernay en 1817. Ce périodique couvre l’actualité locale, nationale et internationale.  Il offre aussi à ses lecteurs des oeuvres littéraires et des textes scientifiques.  Sa publication le 12 août 1817 amorce la décentralisation de la vie intellectuelle au Bas-Canada. Le prospectus est clair : «Nos villes de Québec et de Montréal en comptent maintenant plusieurs (journaux) : il n’en a encore été publié aucun aux Trois-Rivières, quoiqu’il s’y trouve un grand nombre de personnes en état d’en sentir toute l’utilité et les avantages, et même capable de le rendre intéressant par leur co-opération».

     Duvernay amorce avec ce périodique sa carrière d’éditeur. Il a dix-huit ans et vient de terminer son apprentissage en  imprimerie. La Gazette des Trois-Rivières propose de discuter des lois et de la constitution mais refuse de traiter des questions religieuses. Ce journal vise à souligner et à féliciter les bonnes actions de l’actualité politique mais s’engage à dénoncer l’oppression «de manière à exciter cette crainte salutaire qui fait l’appui et la sauvegarde des faibles en devenant un frein pour les méchants». La Gazette des Trois-Rivières publie quatre pages de textes en français et en anglais, mais sans que les articles ne soient systématiquement traduits d’une langue à l’autre.

   L’hebdomadaire a une forte influence dans la région trifluvienne. Duvernay doit cependant trouver des moyens de financer son entreprise : il imprime aussi des avis de décès, des faire-parts et des réclames publicitaires. Au même moment, il est responsable de la voirie publique et inspecteur des incendies.  Les déboires financiers entraînent cependant la fin de la publication en août 1823. Duvernay lance ensuite deux autres périodiques à Trois-Rivières avant de partir en 1826 à Montréal  où il devient l’éditeur de La Minerve.

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Première page de «An Act to reunite the Provinces of Upper and Lower Canada, and for the Government of Canada»3 & 4 Vict., c. 35Source : BAC – MG40/E1

     Le Rapport Durham recommande au Parlement de Londres la fusion du Bas-Canada et du Haut-Canada avec l’établissement d’un gouvernement responsable dans la nouvelle province. Ces conclusions font suites aux conflits armés de 1837 et à l’insurrection de 1838 survenus dans ces deux colonies.

     En septembre 1839, Charles Poulett Thompson est envoyé dans les colonies britanniques d’Amérique du Nord comme gouverneur général. Il doit prendre les mesures nécessaires pour obtenir l’union préconisée par le Rapport Durham. Les résolutions en ce sens sont adoptées par les législatures du Bas-Canada, en novembre 1839, et du Haut-Canada, en décembre suivant. Ces textes sont ensuite fusionnées par James Stuart, juge en chef du Bas-Canada, au début de 1840, pour être entérinée par le Parlement du Royaume-Uni. La sanction royale est donnée le 23 juillet 1840 et la loi entre en vigueur l’année suivante.

     L’Union donne naissance à la Province du Canada. Cette constitution est rapidement une source d’instabilité politique, notamment en raison du caractère injuste de la représentation populaire au parlement de la nouvelle province. Les coalitions ministérielles qui en découlent aboutissent cependant, en 1848, à l’établissement du gouvernement responsable. Toutefois, l’usage du français reste proscrit dans la législature et l’anglais demeure la seule langue officielle du Canada.

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Plan de partie de l’isle de Monreal Reproduction d’un plan anonyme datant probablement du XVIIIᵉ siècle (s.d.) Source : Bibliothèque nationale de France

     Les rapides menant au lac Saint-Louis à partir de Montréal forment un obstacle naturel à la navigation. Dès l’époque de Jacques Cartier, ces rapides empêchent de remonter facilement le fleuve Saint-Laurent en amont de l’île de Montréal. Au XVIIᵉ siècle, les sulpiciens proposent d’aménager un canal entre Ville-Marie et le lac à la Loutre pour permettre aux canots de rejoindre Lachine, point de départ pour les expédition dans les Pays-d’en-Haut. Le projet n’est cependant pas complété. Il faut attendre la fin du XVIIIᵉ siècle pour que l’armée anglaise s’intéresse à ce projet de canalisation afin de mieux protéger le Haut-Saint-Laurent face à la menace militaire américaine après la guerre d’Indépendance. Malgré tout, après la guerre de 1812, les travaux de canalisation ne sont toujours pas complétés.

     En décembre 1818, un groupe d’hommes d’affaires de Montréal entreprend de construire le canal de Lachine. Ils adressent une pétition à la Chambre d’assemblée du Bas-Canada demandant d’adopter une loi leur permettant de construire un canal sur le Saint-Laurent pour contourner le courant Sainte-Marie et les rapides de Lachine. Le 26 juillet 1819, les actionnaires de la Compagnie des propriétaires du canal Lachine élisent un comité de gestion chargé de faire aboutir le projet. Le comité est présidé par John Richardson. Il comprend aussi sept autres membres, dont François Desrivières, particulièrement actif dans ce projet. Rapidement, le comité constate son incapacité à réunir les fonds nécessaires aux travaux. En janvier 1821, la compagnie fait appel à l’aide du gouvernement qui refuse d’investir dans le projet mais le reprend son compte en mai suivant.

     Dix commissaires, dont Desrivières sont désignés pour mener à bien les travaux. John Richardson est à nouveau nommé président de la commission de surveillance des travaux. Le 17 juillet 1821, il procède à la première pelletée de terre. Les travaux de canalisation débutent. Ils sont supervisés par l’ingénieur britannique Thomas Burnett. La main d’oeuvre est principalement recrutée auprès des immigrants, irlandais pour la plupart. En quatre ans, à raison de six jours par semaine, ils creusent à force de bras un canal de 48 pieds de large par 5 pieds de profondeur sur une distance de plus de 8 milles et demi. Sept écluses permettent de franchir la dénivellation entre le lac Saint-Louis et le port de Montréal. Le canal de Lachine est inauguré le 24 août 1824 et il est ouvert à la navigation le 6 octobre 1825.

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