Archive pour la ‘Bas-Canada’ Catégorie

Plan de partie de l’isle de Monreal Reproduction d’un plan anonyme datant probablement du XVIIIᵉ siècle (s.d.) Source : Bibliothèque nationale de France

     Les rapides menant au lac Saint-Louis à partir de Montréal forment un obstacle naturel à la navigation. Dès l’époque de Jacques Cartier, ces rapides empêchent de remonter facilement le fleuve Saint-Laurent en amont de l’île de Montréal. Au XVIIᵉ siècle, les sulpiciens proposent d’aménager un canal entre Ville-Marie et le lac à la Loutre pour permettre aux canots de rejoindre Lachine, point de départ pour les expédition dans les Pays-d’en-Haut. Le projet n’est cependant pas complété. Il faut attendre la fin du XVIIIᵉ siècle pour que l’armée anglaise s’intéresse à ce projet de canalisation afin de mieux protéger le Haut-Saint-Laurent face à la menace militaire américaine après la guerre d’Indépendance. Malgré tout, après la guerre de 1812, les travaux de canalisation ne sont toujours pas complétés.

     En décembre 1818, un groupe d’hommes d’affaires de Montréal entreprend de construire le canal de Lachine. Ils adressent une pétition à la Chambre d’assemblée du Bas-Canada demandant d’adopter une loi leur permettant de construire un canal sur le Saint-Laurent pour contourner le courant Sainte-Marie et les rapides de Lachine. Le 26 juillet 1819, les actionnaires de la Compagnie des propriétaires du canal Lachine élisent un comité de gestion chargé de faire aboutir le projet. Le comité est présidé par John Richardson. Il comprend aussi sept autres membres, dont François Desrivières, particulièrement actif dans ce projet. Rapidement, le comité constate son incapacité à réunir les fonds nécessaires aux travaux. En janvier 1821, la compagnie fait appel à l’aide du gouvernement qui refuse d’investir dans le projet mais le reprend son compte en mai suivant.

     Dix commissaires, dont Desrivières sont désignés pour mener à bien les travaux. John Richardson est à nouveau nommé président de la commission de surveillance des travaux. Le 17 juillet 1821, il procède à la première pelletée de terre. Les travaux de canalisation débutent. Ils sont supervisés par l’ingénieur britannique Thomas Burnett. La main d’oeuvre est principalement recrutée auprès des immigrants, irlandais pour la plupart. En quatre ans, à raison de six jours par semaine, ils creusent à force de bras un canal de 48 pieds de large par 5 pieds de profondeur sur une distance de plus de 8 milles et demi. Sept écluses permettent de franchir la dénivellation entre le lac Saint-Louis et le port de Montréal. Le canal de Lachine est inauguré le 24 août 1824 et il est ouvert à la navigation le 6 octobre 1825.

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Banquet de fondation, 24 juin 1834Détail d’une huile sur toile deJoseph Charles Franchère (1909)Source : SSJB-Montréal

     Ludger Duvernay, George-Étienne Cartier et Louis-Victor Sicotte fondent au printemps 1834 la société secrète Aide-toi et le ciel t’aidera.  Cette organisation politique est le creuset où Duvernay a l’idée de faire de la fête de saint Jean-Baptiste une célébration pour unir la population du Bas-Canada et créer un sentiment de fierté de leurs origines. Il récupère ainsi l’ancestrale fête païenne du solstice d’été. Le Canadien publie un article le 27 juin 1834 qui explique le choix de saint Jean-Baptiste : «Il y a longtemps qu’on donne au peuple l’appellation de Jean-Baptiste, comme on donne à nos voisins celui de Jonathan, aux Anglais celui de John Bull et aux Irlandais celui de Patrick. Nous ignorons qui a pu donner lieu à ce surnom des Canadiens, mais nous ne devons pas le répudier, non plus que la patronisation (sic) que viennent d’établir nos amis de Montréal».

     Le 24 juin 1834, un banquet réunissant plusieurs des élites du Bas-Canada est organisé par ces patriotes à Montréal. Les participants veulent y fêter l’existence de leur nation. Vingt-cinq toasts sont alors portés par la soixantaine d’invités. Ludger Duvernay propose le premier : «en l’honneur du peuple, source de toute autorité légitime».

     Le banquet a lieu dans les jardins de la propriété de John McDonnell, site de la futur gare Windsor. Plusieurs patriotes célèbres y participent dont Jacques Viger, Louis-Hippolyte LaFontaine, Thomas Brown, Édouard Rodier, George-Étienne Cartier et Edmund O’Callaghan. La fête est un grand succès. L’année suivante, les célébrations se répandent dans le Bas-Canada et sont à l’origine de la Fête nationale du Québec.

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James MadisonPhoto anonyme d’une huile sur toile deJohn Vanderlyn datant de 1816 (s.d.)Source : The White House Historical Association

     Les États-Unis et la Grande-Bretagne sont en guerre entre 1812 et 1815.  Les affrontements se déroulent en Amérique du Nord, principalement dans les colonies du Bas-Canada et du Haut-Canada. Ce conflit, nommé «guerre de 1812», est désigné par l’année de son commencement même s’il dura un peu plus de deux ans et demi.

     Après le blocus continental décrété par Napoléon en 1806, la tension monte entre Américains et Britanniques. L’arraisonnement par les Anglais de marins sur des navires neutres américains est un irritant qui galvanise l’opinion publique américaine.  L’occasion est belle pour la jeune république de lancer une offensive contre les colonies britanniques du Nord, notamment le Bas-Canada et le Haut-Canada.

     Après l’approbation du Congrès et du Sénat, le président américain James Madison signe la déclaration de guerre à la Grande-Bretagne le 18 juin 1812. Un des objectifs des Américains est de réussir à accomplir ce que leurs élites nomment leur «destinée manifeste» : assurer une hégémonie américaine sur la totalité du territoire de l’Amérique du Nord.

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