Archive pour la ‘Bas-Canada’ Catégorie

Banquet de fondation, 24 juin 1834Détail d’une huile sur toile deJoseph Charles Franchère (1909)Source : SSJB-Montréal

     Ludger Duvernay, George-Étienne Cartier et Louis-Victor Sicotte fondent au printemps 1834 la société secrète Aide-toi et le ciel t’aidera.  Cette organisation politique est le creuset où Duvernay a l’idée de faire de la fête de saint Jean-Baptiste une célébration pour unir la population du Bas-Canada et créer un sentiment de fierté de leurs origines. Il récupère ainsi l’ancestrale fête païenne du solstice d’été. Le Canadien publie un article le 27 juin 1834 qui explique le choix de saint Jean-Baptiste : «Il y a longtemps qu’on donne au peuple l’appellation de Jean-Baptiste, comme on donne à nos voisins celui de Jonathan, aux Anglais celui de John Bull et aux Irlandais celui de Patrick. Nous ignorons qui a pu donner lieu à ce surnom des Canadiens, mais nous ne devons pas le répudier, non plus que la patronisation (sic) que viennent d’établir nos amis de Montréal».

     Le 24 juin 1834, un banquet réunissant plusieurs des élites du Bas-Canada est organisé par ces patriotes à Montréal. Les participants veulent y fêter l’existence de leur nation. Vingt-cinq toasts sont alors portés par la soixantaine d’invités. Ludger Duvernay propose le premier : «en l’honneur du peuple, source de toute autorité légitime».

     Le banquet a lieu dans les jardins de la propriété de John McDonnell, site de la futur gare Windsor. Plusieurs patriotes célèbres y participent dont Jacques Viger, Louis-Hippolyte LaFontaine, Thomas Brown, Édouard Rodier, George-Étienne Cartier et Edmund O’Callaghan. La fête est un grand succès. L’année suivante, les célébrations se répandent dans le Bas-Canada et sont à l’origine de la Fête nationale du Québec.

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James MadisonPhoto anonyme d’une huile sur toile deJohn Vanderlyn datant de 1816 (s.d.)Source : The White House Historical Association

     Les États-Unis et la Grande-Bretagne sont en guerre entre 1812 et 1815.  Les affrontements se déroulent en Amérique du Nord, principalement dans les colonies du Bas-Canada et du Haut-Canada. Ce conflit, nommé «guerre de 1812», est désigné par l’année de son commencement même s’il dura un peu plus de deux ans et demi.

     Après le blocus continental décrété par Napoléon en 1806, la tension monte entre Américains et Britanniques. L’arraisonnement par les Anglais de marins sur des navires neutres américains est un irritant qui galvanise l’opinion publique américaine.  L’occasion est belle pour la jeune république de lancer une offensive contre les colonies britanniques du Nord, notamment le Bas-Canada et le Haut-Canada.

     Après l’approbation du Congrès et du Sénat, le président américain James Madison signe la déclaration de guerre à la Grande-Bretagne le 18 juin 1812. Un des objectifs des Américains est de réussir à accomplir ce que leurs élites nomment leur «destinée manifeste» : assurer une hégémonie américaine sur la totalité du territoire de l’Amérique du Nord.

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Chichester CanalPhoto anonyme d’une huile sur toile deJoseph Mallord William Turner datant d’environ 1828 (s.d.)Source : Wikimedia Commons

     Le comte Georges Wyndham commande au début du XIXᵉ siècle au peintre J.M.W. Turner quatre oeuvres pour orner des pièces de sa demeure. Une de ces toiles, le Canal de Chichester représente un brigantin naviguant dans ce canal du Sussex en Angleterre.  Il est probable que les couleurs de la peinture aient été influencées par les cendres provenant de l’éruption du volcan indonésien Tambora en 1815.  Cette explosion volcanique est une des plus importantes de l’histoire et elle a un impact sur le climat mondial durant plusieurs années.

      Les cendres propulsées dans la stratosphère par l’éruption font plusieurs fois le tour de la Terre.  Les perturbations climatiques sont particulièrement aiguës dans le nord-est de l’Amérique du Nord ainsi qu’en Europe.  L’année 1816 est qualifiée d’année sans été, de «Year Without Summer».  En mai, le gel détruit la plupart des récoltes et des blizzards meurtriers surviennent en juin.  Durant tout l’été 1816, les températures chutent fréquemment sous le point de congélation et les précipitations de neige sont nombreuses dans l’hémisphère nord.

     Au Bas-Canada, la disette de 1816 est connue des historiens. Sur tout le territoire, la chute des températures est dramatique. Durant l’été, les nombreuses précipitations laissent souvent les calèches embourbées jusqu’aux essieux. Les poëles à bois, remisés pour la belle saison, sont remontés. Au début de juin, de fortes tempêtes de neige frappent la vallée du Saint-Laurent. Le 10 juin 1816, il tombe 30 centimètres de neige à Québec. Dans la colonie, la moisson est compromise : des commissaires spéciaux sont nommés et, en novembre 1816, ils entreprennent la distribution de provisions achetées à divers particuliers.

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