Archive pour la ‘Bas-Canada’ Catégorie

Wolfred Nelson

Photo anonyme d’un dessin au crayon de plomb de Jean-Joseph Girouard fait en 1837 (s.d.)

Source : Bibliothèque et Archives Canada

 

     Le 23 novembre 1837, un contingent de 300 soldats de l’armée britannique dirigés par le lieutenant-colonel Charles Stephen Gore attaque le village de Saint-Denis, au sud de la rivière Richelieu. Les troupes anglaises ont marché toute la nuit au froid et à la pluie pour atteindre Saint-Denis où 200 miliciens patriotes les attendent de pied ferme, barricadés dans des bâtiments de pierre à l’entrée du village.

     La bataille tourne à l’avantage des Patriotes. Prévenus de l’arrivée des Anglais, ils bénéficient de l’effet de surprise. Retranchés au sec avec un meilleur positionnement stratégique, les Patriotes repoussent l’attaque des Anglais obligés de manœuvrer dans la boue. Après six heures de combat, Gore sonne la retraite. Les pertes des Patriotes s’élèvent à douze morts et sept blessés. Les Britanniques, eux, comptent six morts, dix blessés et six disparus.

     La victoire des Patriotes est largement attribuable au leadership du docteur Wolfred Nelson. Des proches rapportent qu’il déclare au début du combat : « Un peu de courage et la victoire est à nous »! Ce politicien anglophone paiera cher son titre de héros de Saint-Denis. Capturé comme un traître en décembre 1837, il subit l’année suivante l’exil aux Bermudes loin de sa femme et de ses enfants. Il reviendra à Montréal en 1842 après une procédure de nolle prosequi menée par le procureur général de l’époque, Louis-Hyppolite La Fontaine.

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« Entête de la première livraison du journal Le Canadien »

Photo anonyme de l’édition originale de 1806 (s.d.)

Source : Wikimedia Commons

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     À Québec, le 13 novembre 1806, Charles Roi imprime le prospectus d’un nouveau papier périodique. Cette publication insiste sur l’importance de la liberté de la presse et sur la nécessité de rétablir les faits suites à certaines insinuations publiées dans les pages du Quebec Mercury. Ce journal hebdomadaire avait été fondé en 1805 par Thomas Cary et publiait des textes défendant les intérêts de la bourgeoisie anglaise au Bas-Canada. Dans un style au vitriol, le Quebec Mercury présentait la montée de la majorité française à la Chambre d’assemblée comme une menace pour les marchands anglophones.

     Le lancement du Canadien le 22 novembre 1806 est la réponse à ces attaques. Le Parti canadien, dirigé par Pierre-Stanislas Bédard et ancêtre du Parti patriote, utilise les pages du Canadien pour véhiculer ses idées politiques et promouvoir la responsabilité ministérielle. Le Canadien adopte la devise « Fiat Justitia ruat Caelum » signifiant « Que justice soit faite même si le ciel s’écroule ».

     Rapidement Le Canadien se donne comme mission d’éduquer la majorité de la population de ses droits constitutionnels et d’accélérer la prise de conscience de l’identité nationale des Canadiens. Ce journal permet à l’élite politique du Parti canadien d’exprimer sa vision de la nation canadienne. En quelques années, Le Canadien s’impose comme le principal journal de la colonie, ce qui ne l’empêche pas de voir ses presses saisies par les autorités britanniques lors de la crise sous James Craig en 1810.

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«Pendaison de Charles Hindenlang personnifié par Frédérick Gilles dans le film 15 février 1839»

Photo : Alain Dostie (2001)

Source : Éléphant — Mémoire du cinéma québécois

     Charles Hindenlang est né à Paris en 1810. Ses parents sont des commerçants d’origine suisse protestante. Militaire depuis la révolution de juillet 1830, il est à New York en 1838. Il fait la rencontre de Ludger Duvernay et est recruté par l’armée patriote. Avec un autre officier français et deux officiers polonais, il est envoyé à Rouses Point dans l’État de New York. De là, il traverse la frontière vers le Bas-Canada en compagnie de Robert Nelson avec qui il a planifié une stratégie pour attaquer la colonie britannique. Arrivé à Napierville, dans la nuit du 3 au 4 novembre 1838, Hindenlang est chargé d’apprendre les manoeuvres tactiques aux Frères chasseurs, la branche militaire des Patriotes.

     Des problèmes surviennent dans l’approvisionnement en armes de l’armée patriote et la stratégie d’envahissement du Bas-Canada doit être modifiée. Une attaque contre Odelltown est planifiée pour le 9 novembre. Nommé brigadier général des Frères chasseurs, Hindenlang dirige une des trois colonnes de soldats lors de la bataille. Ses hommes et lui s’installent derrière une grange pour se battre contre les volontaires loyaux réfugiés dans l’église d’Odelltown. Lorsque le feu est mis à la grange, Hindenlang et sa troupe font jonction avec les hommes de Nelson à la clôture d’entrée d’Odelltown. D’abord victorieux, les Patriotes doivent retraiter d’Odelltown lorsque les volontaires loyaux reçoivent des renforts.

     Face à la supériorité numérique de l’armé britannique, les chefs patriotes décident de retourner aux États-Unis. Le 10 novembre, dans sa fuite, Charles Hindenlang est capturé par les Britanniques. Expédié à Montréal., il est écroué à la prison Pied-du-Courant le 14 novembre 1838. Les autorités anglaises font alors circuler une déclaration et des écrits d’Hindenlang qui incriminent Robert Nelson, allant même jusqu’à le traiter de fourbe, de lâche et de vendu. L’origine et la véracité de ces écrits sont contestées par la suite. Le 22 janvier 1839, il passe en cour martiale et deux jours plus tard, il est condamné à mort. Le 15 février 1839, il montre sur l’échafaud en criant : « Vive la liberté »!

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