«Caricature illustrant la crise des Balkans de 1908»

Source : Le Petit Journal

(18 octobre 1908)

     Le territoire bulgare fait partie de l’Empire ottoman dès le XIVᵉ siècle. En 1878, le traité de San Stefano entre la Russie et la Turquie modifie cette situation. Il consacre l’autonomie de la population bulgare en créant un vaste état regroupant tous les territoires peuplés de Bulgares. Immédiatement, les puissances européennes réagissent. Elles imposent une nouvelle division du pays par le traité de Berlin. La Bulgarie est alors divisée entre la Principauté de Bulgarie et la Roumélie. En 1885, les deux parties de la Bulgarie sont unifiées sous le règne d’un même prince mais gardent des statuts politiques distincts.

     En 1908, le prince Ferdinand de Saxe-Cobourg-Gotha profite des troubles politiques en Turquie pour rompre les liens avec la Sublime Porte de Constantinople. Il prend prétexte d’un incident diplomatique pour unifier les deux provinces bulgares et déclare l’indépendance le 5 octobre 1908 ou 22 septembre dans le calendrier julien. Ferdinand 1ᵉᴿ devient alors le tsar de la Bulgarie.

     Léon Trotsky a analysé ces événements pour démontrer qu’ils s’inscrivent dans une manipulation politique. Le morcellement du territoire des Balkans en plusieurs états empêchaient ceux-ci de se développer au-delà d’une certaine limite. La «balkanisation» permettait ainsi aux grandes puissances européennes de garder la main-mise sur ces pays et de dominer leur économie.

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«Maurice Duplessis»

Photo : Studio Dupas et Colas (vers 1936)

Source : BANQ

 

     Après les élections de 1927, le Parti conservateur est très affaibli au Québec. Avec seulement neuf députés élus, il voit son chef Arthur Sauvé démissionner à la faveur de Camillien Houde, le maire de Montréal. Aux élections suivantes, en 1931, les conservateurs n’ajoutent que deux autres députés à leur représentation et Houde lui-même est battu dans son comté. Malgré une menace de contestation judiciaire de ces résultats électoraux, rien n’y fait : l’étoile de Camillien Houde est sur le déclin. En avril 1932, il est défait à la mairie de Montréal. Le 7 novembre, Maurice Le Noblet Duplessis est choisi par le caucus conservateur pour le remplacer comme chef de l’opposition.

      L’ascension de Duplessis débute. Politicien talentueux, bon orateur, il va devenir la figure proéminente de la politique québécoise durant deux décennies. Son attachement à l’autonomie provinciale et sa défense des valeurs sociales et économiques conservatrices vont faire de lui un des chefs les plus populaires mais aussi un des plus controversés de l’histoire du Québec. Adulé par ses partisans, Duplessis est détesté comme le diable par ses adversaires.

     Chef intérimaire, Maurice Duplessis est élu officiellement à la tête du Parti conservateur du Québec le 4 octobre 1933 lors d’un congrés qui se tient à Sherbrooke. Duplessis l’emporte par 332 voix contre les 214 d’Onésime Gagnon, député conservateur dans Dorchester  au fédéral. Même si Gagnon a l’appui des partisans de Camillien Houde, des conservateurs fédéraux et des anglophones, il ne peut rivaliser avec Duplessis qui regroupe les forces vives du parti. Après sa défaite, Gagnon se rallie rapidement à Duplessis qu’il appelle «Mon chef». Élu, Duplessis déclare aux congressistes : «La convention est terminée, mais c’est la lutte qui commence pour délivrer la province, non pas des libéraux, mais d’un régime qui n’a rien de libéral, d’un régime malsain et néfaste qui a coûté à la province des sacrifices inouis».

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«Le colloque de Marbourg»

Reproduction d’une gravure sur bois anonyme (1557)

Source : Wikimedia Commons

     Le colloque de Marbourg réunit les principales figures de la Réforme protestante. L’initiative de la réunion revient à Philippe de Hesse qui espère en tirer un profit politique. Deux idéologies différentes s’affrontent lors du colloque. Le débat porte sur la question de l’institution de l’Eucharistie par le Christ.

     Le colloque a lieu entre le 1ᵉʳ et le 4 octobre 1529. L’objectif est de résoudre le conflit opposant les luthériens aux zwingliens. Martin Luther affirme que les paroles du Christ, «Ceci est mon corps.  Ceci est mon sang», signifient sa Présence réelle dans le sacrement. Hyldrych Zwingli soutient par contre que cette expression doit être prise comme une métaphore et qu’il s’agit d’un symbole sans qu’il y ait une présence divine dans les espèces.

     Le colloque aboutit sur un échec. Zwingli assume alors son leadership de réformateur radical et refuse de s’entendre avec Luther. Ceci empêche la consolidation de la Réforme à l’échelle européenne. Zwingli en vient à combattre physiquement les catholiques. Il meurt l’épée à la main en 1531.

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