Jean-Baptiste Colbert (1619-1693) Photo anonyme d’une huile sur toile de Philippe de Champaigne datant de 1655 et conservée au Metropolitain Museum of Art (s.d.) Source : Wikimedia commons

     Le 30 mai 1675, l’influent ministre de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert, écrit au gouverneur de la Nouvelle-France, Louis de Buade, comte de Frontenac. Colbert agit à titre de secrétaire d’État à la Marine. Il est responsable de la correspondance officielle avec les colonies. De suite, c’est lui qui informe Frontenac de la nomination de Jacques Duchesneau de la Doussinière et d’Ambault comme intendant de la Nouvelle-France, en remplacement de Jean Talon qui a quitté Québec en 1672.

     Protégé par Colbert, Duchesneau doit poursuivre l’oeuvre de son illustre prédécesseur. Son rôle d’intendant est redéfini afin de distinguer ses responsabilités de celle de Frontenac. Les relations entre les deux hommes seront conflictuelles durant tout le mandat de Duchesneau, de 1675 à 1682. Frontenac est autoritaire et jaloux de ses prérogatives tandis que Duchesneau, bien qu’honnête, est peu conciliant. Il s’ensuit une querelle de pouvoir et de prestige entre les deux hommes avec, en corollaire, des intérêts économiques divergents dans le commerce des fourrures.

     Duchesneau arrive à Québec en août 1675, porteur d’un édit qui réorganise le Conseil souverain. Dès la première réunion du Conseil, Frontenac se sent lésé puisque que l’intendant Duchesneau préside désormais leurs délibérations. Frontenac exige qu’on s’adresse à lui à titre de «chef et président du Conseil», ce que Duchesneau refuse. Pourtant, les instructions de Colbert sont claires : le gouverneur représente le roi dans la colonie et doit être considéré comme le président honoraire du Conseil. L’intendant, qui suit le gouverneur et l’évêque en préséance, est en fait le président effectif du Conseil. Il «demande les avis, recueille les voix et prononce les arrêts».

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Jeanne d’Arc sur le bûcherPhoto de Rémih du détail d’une peinture de Jules-Eugêne Lenepveu de 1889 (2011)Source : Wikimedia Commons

     Le 30 mai 1431, Jeanne d’Arc monte sur le bûcher à la place du Vieux-Marché à Rouen. Elle est ensuite brûlée vive par le bourreau Geoffroy Thérarge. Son exécution a lieu vers 9 h le matin. Le Journal de Paris décrit ainsi le supplice : «Jeanne fut bientôt estainte et sa robe toute arse ; et fut veue de tout le peuple toutte nue et tous les secrets qui peuvent estre ou doibvent en femme, pour aster les doubtes du peuple. Et quand ils l’eurent assez à leur gré veue, toutte morte, le bourrel remist le feu grant sur sa pauvre charongne qui tantôt fut toutte comburée et os et chair mis en cendre».

     La Pucelle d’Orléans est capturée par les Bourguignons en 1430. Elle est vendue aux Anglais le 21 novembre de cette année-là. En février 1431, son procès pour hérésie débute. Elle est finalement condamnée au supplice par un tribunal ecclésiastique qui la considère comme relapse.

     Jeanne d’Arc est canonisée en 1920. Son martyr est un événement mythique de l’Histoire de France. Jeanne d’Arc est d’ailleurs une des patronne de la France. Sa vie est également une épopée héroïque qui a suscité plusieurs livres d’histoire, des romans, des films, etc.

Jeanne d’Arc au bûcherPhoto anonyme d’une miniature publiée le manuscrit de Martial d’Auvergne, Les Vigiles de Charles VII et datant de 1477-1483 (s.d.)Source : BNF

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«Henry Kendall,capitaine duRMS Empress of Ireland»Photo : Agence Rol (ca1914)Source : BNF

     Le 28 mai 1914, l’Empress of Ireland quitte le port de Québec en route pour Liverpool en Angleterre. Durant la nuit suivante, il débarque Adélard Bernier à Pointe-au-Père. Celui-ci est le dernier pilote du Saint-Laurent à conduire le navire dans les eaux du fleuve. Le capitaine Henry Kendall est alors le seul maître à bord. Vers 1 h 55 du matin, le 29 mai 1914, l’Empress sombre en quelques minutes au large de Rimouski. Il a été éperonné par le charbonnier norvégien Storstad.

     La catastrophe fait pas moins de 1 012 victimes sur 1 477 personnes à bord… Les journaux de l’époque qualifient le naufrage de véritable désastre. Les pertes humaines sont d’abord sous-estimées, mais l’ampleur du désastre est vite révélée. Deux facteurs aggravent l’hécatombe : la température glaciale du fleuve et l’impossibilité d’utiliser les canots de sauvetage alors que l’Empress est renversé par l’impact.

     La tragédie se déroule de nuit. À 1 h 40 de ce 29 mai fatal, la vigie de l‘Empress of Ireland signale la présence du feu blanc du Strorstad à une distance d’environ 8 milles nautiques. Il se dirige vers la station de pilotage de Pointe-au-Père. Une minute plus tard le charbonnier disparaît dans un épais brouillard. À 1 h 42, l’Empress est à son tour enveloppé par le brouillard. Quelques minutes plus tard, les marins de l’Empress of Ireland voient sortir de la brume la proue du Storstad. La collision est inévitable et l’Empress coule à pic rapidement.

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