Portrait de Jean TalonPhoto anonyme d’une huile sur toile attribuée à Claude François dit frère Luc en 1671 (s.d.)Source : Musée des augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec

     La décision de faire de la Nouvelle-France une province royale est officielle le 24 mars 1663. Elle implique, entre autres, la nomination d’un haut fonctionnaire pour agir à titre de chef civil de la colonie. De suite, Jean Talon arrive à Québec en 1665. Louis XIV lui donne le titre «d’intendant de justice, police et finance en nos pays de Canada, Acadie, Isle de Terre-Neuve et autres pays de la France septentrionale».

     Cependant, il n’est pas le premier intendant de la Nouvelle-France. Le 21 mars 1663, Louis Robert de la Fortelle reçoit la première commission royale pour occuper cette fonction. Il est chargé de voir à la justice, à la police, aux finances, au domaine du roi, aux vivres et aux fortifications. Jeune avocat puis intendant militaire, Louis Robert ne donne pas suite à sa commission. Il ne viendra jamais en Nouvelle-France.

     Pourquoi ce changement? Selon l’historien Jean-Claude Dubé, il est possible que le report de la campagne contre les nations iroquoises ait rendu moins urgente la nomination d’un intendant militaire. Il semble aussi que les aventures amoureuses du sieur de la Fortelle, un joyeux gaillard, cadrent mal avec les objectifs d’évangélisation de François de Laval et du gouverneur Augustin de Saffray de Mésy, un dévôt de l’Ermitage. Il est aussi possible que le ministre Jean-Baptiste Colbert souhaite affecter Louis Robert ailleurs. En 1666, il devient conseiller d’État. Il cumule ensuite les postes d’intendance en Italie, à Dunkerque, en Hongrie et à Utrecht. Il termine sa carrière comme président de la Chambre des comptes.

#######

«René Lévesque» Photo anonyme (s.d.) Source : Robert Bertand, «René Lévesque Pays-Québec» dans www.pinterest.com

 

     Le 20 décembre 1979, le gouvernement dirigé par le René Lévesque et le Parti québécois dépose à l’Assemblée nationale du Québec la question référendaire qui sera posée lors du référendum sur la souveraineté-association prévu pour 1980. Le libellé de la question est «Le gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d’en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l’égalité des peuples. Cette entente permettrait au Québec d’acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d’établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l’utilisation de la même monnaie. Aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l’accord de la population lors d’un autre référendum. En conséquence, accordez-vous au gouvernement du Québec le mandat de négocier l’entente proposée entre le Québec et le Canada?».

     En mars 1980, durant trois semaines, un débat parlementaire sur la question a lieu. Les propos sont particulièrement chargés chargé d’émotions. Député de Taillon, le premier ministre Lévesque fait cette déclaration en Chambre le 4 mars : «Qu’est-ce qu’elle dit cette question ? D’abord, elle pose le principe sur lequel tout le reste s’appuie, le principe de l’égalité des deux peuples qui composent le Canada actuel /…/ Sur le plans des droits et des intérêts fondamentaux, de l’exercice de ces droits /…/ et de la question de ces intérêts, c’est d’égal à égal que tous les peuples qui se respectent doivent établir leurs relations. La question proposée précise ensuite l’entente par laquelle, et par laquelle seulement, ce principe pourra s’appliquer /…/». Claude Ryan, chef de l’opposition officielle, qualifie la question d’«emberlificotée» et dénonce la dilution de l’option péquiste en faveur de l’indépendance.

     Après trente-cinq heures de débat, le 20 mars 1980, la question référendaire est adoptée à la majorité des députés de l’Assemblée nationale du Québec. Dans cette joute oratoire, les députés du Parti québécois gagnent le face-à-face. En mars 1980, les souverainistes dominent les sondages. Par exemple, le 15 mars, selon l’Institut québécois d’opinion publique, le Oui recueille 52% des intentions de vote contre 48% pour le Non.

#######

«Le Maurice et d’autres East Indiamen»Photo anonyme d’une huile sur toile d’Hendrick Cornelis Vroom du XVIIe siècle (s.d.)Source : Rijksmuseum, Amsterdam

     Au début du XVIIᵉ siècle, des expéditions outre-mer sont lancées par plusieurs compagnies néerlandaises de taille modeste. Leur faible pouvoir commercial et politique rend ces entreprises vaines. L’avocat des États de Hollande, Johan van Oldenbarnevelt, entreprend alors de réunir les compagnies des Provinces-Unies impliquées dans le commerce outre-mer. Cette fusion débouche le 20 mars 1602 sur la création de la Compagnie des Indes orientales.

«Logo de la Verenidge Oost-Indische Compagnie»Reproduction numérique de Goldradir (s.d.)Source : Wikimedia Commons

     Cette compagnie est connue sous le monogramme VOC, d’après son nom en néerlandais. Son objectif est de commercer avec les pays de l’océan Indien et de l’Insulinde. L’attrait est d’abord celui des épices mais, au fil des ans, la VOC se diversifie. À force de conquêtes, cette entreprise privée va créer le deuxième empire colonial mondial au XVIIIᵉ siècle, devançant des pays comme la France et l’Espagne. Seul l’empire britannique prime sur la VOC en terme de richesses.

«VOC gravé à l’entrée du fort de Bonne-Espérance, Le Cap»Photo : Andrew Massyn (2007)Source : Wikimedia Commons

     La Verenigde Oost-Indische Compagnie est ainsi pendant deux siècles un des piliers de la puissante bourgeoisie néerlandaise et un des moteurs du développement du capitalisme en Europe. Par exemple, la VOC est la première compagnie anonyme de l’histoire à être doter d’un capital divisé en actions. La compagnie reçoit alors le monopole du commerce des Provinces-Unies autour du Cap de Bonne-Espérance et du Cap Horn. Son capital est investi pour une période de 10 ans renouvelable afin de permettre l’affrètement de navires aux meilleurs conditions possibles.

#######