Archive pour la ‘Nouvelle-France’ Catégorie

«La cour du Vieux Séminaire de Québec»Photo de Hgig.geo (2008)Source : Wikimedia commons

     Le 26 mars 1663, François de Laval s’inspire du Concile de Trente pour créer officiellement le Séminaire de Québec. Il agit à titre d’évêque de Pétrée et de vicaire apostolique de la Nouvelle-France. Il a de plus la confiance du roi de France, étant déjà désigné comme premier évêque du pays, en attente de l’érection du diocèse de Québec.  L’organisation du clergé en séminaire dote la colonie des ecclésiastiques nécessaires à l’évangélisation. L’établissement du Séminaire de Québec va permettre l’instruction et le renouvellement des prêtres. Le système assure aussi les moyens de disposer des revenus nécessaires pour assumer les charges.

     Le Séminaire de Québec est une société de prêtres diocésains. Après sa création à Paris, Mᵍʳ de Laval revient à Québec où il fait enregistrer cette entreprise. La dîme est également instituée en Nouvelle-France à la même occasion. Ainsi le modèle de séminaire conçu par Mᵍʳ de Laval diffère un peu de celui qu’on retrouve en Europe. Les prêtres du Séminaire de Québec deviennent responsables des paroisses de la colonie avec des cures amovibles.

     En 1665, le Séminaire de Québec est uni au Séminaire des Missions-Étrangères de Paris. Cette union dure jusqu’à la Conquête. Le sigle SME continue toutefois d’être utilisé par la suite comme héritage et comme une volonté de fidélité à la vocation historique de l’institution. Ce monogramme surmonte encore aujourd’hui la porte cochère donnant accès au Vieux-Séminaire en haut de la côte de la Fabrique à Québec.

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Les Forges du Saint-MauricePhoto anonyme d’une huile sur toile d’Henry Richard S. Bunnett datant de 1886 (s.d.)Source : Musée McCord

     François Poulin de Francheville est un marchand-bourgeois de Montréal dont les activités sont associées au commerce des fourrures. Il est également seigneur de Saint-Maurice. En 1729, il écrit au ministre de la Marine de Louis XV, Jean-Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas. Il sollicite un monopole pour exploiter les gisements de fer de sa seigneurie de Saint-Maurice.

     Francheville a l’appui de l’intendant Gilles Hocquart et du gouverneur Charles de Beauharnois de la Boische dans son projet. Le 25 mars 1730, Francheville reçoit un brevet du roi. Il obtient un monopole de 20 ans à compter de la première fonte. Il peut aussi exploiter toutes les terres, cultivées ou en friche, attenantes à ses propres terres. Ce privilège couronne les requêtes présentées par les administrateurs de la Nouvelle-France depuis le début du XVIIᵉ siècle pour exploiter les ressources minérales de la colonie.

     L’entreprise va prendre de l’ampleur. Francheville reçoit un prêt de 10 000 livres. En 1733, il fonde la Compagnie des Forges de Saint-Maurice, mais il meurt en fin d’année. Une petite forge est mise en opération; toutefois, le procédé utilisé à l’origine s’avère peu rentable. Les forges sont ensuite reconstruites sous la direction du maître de forges Pierre-François Olivier de Vézin. Les Forges du Saint-Maurice restent en opération jusqu’en 1883. C’est la première entreprise sidérurgique du Québec et un lieu historique national du Canada.

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«Bas-relief représentant Champlain et Jean Dolbeau lors de l’arrivée de ce dernier à Québec en 1615. Monument de la Foi à la place d’Armes de Québec» Photo : Jean-François Caron (2015) Source : www.facebook.com

 

     Les premières inhumations en Nouvelle-France se déroulent en l’absence de prêtre. Le père récollet Jean Dolbeau est le premier ecclésiastique à venir à Québec à la demande de Samuel de Champlain. Il traverse l’Atlantique en 1615 et arrive à Québec le 2 juin. Il sera rejoint ensuite par les pères Denis James et Joseph Le Caron et le frère Pacifique Duplessis. Jusqu’alors, les enterrements se font de manière profane. Le 24 mars 1616, Michel Colin, un employé de la Compagnie de Rouen intéressée par la traite des fourrures, reçoit les premières funérailles religieuses de la colonie naissante.

     Cette première sépulture catholique à Québec a vraisemblablement lieu dans le cimetière de la côte de la Montagne. L’acte de sépulture de Michel Collin a disparu des registres de catholicité de Notre-Dame-de-Québec avec l’incendie des registres en 1640.  La sépulture de Michel Collin nous est connue par l’Histoire du Canada publiée par le père Gabriel Sagard en 1636.

     L’événement est aussi relaté par le père Odoric-Marie Jouve dans son Dictionnaire biographique des récollets missionnaires en Nouvelle-France, paru à titre posthume chez Bellarmin en 1996. Il écrit : «Le 24 mars, le père Dolbeau célèbre les funérailles et procède à l’inhumation de Michel Colin «avec les cérémonies usitées de la Sainte Église Romaine».

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