Archive pour la ‘Nouvelle-France’ Catégorie

Bégon de La Picardière, Michel Photo d’un portrait anonyme (v. 1940) Source : BANQ

     Le 31 mars 1710, Michel Bégon de la Picardière devient intendant de la Nouvelle-France. Il arrive à Québec en 1712. Le contexte économique est difficile dans la colonie. Le commerce des fourrures fonctionne au ralenti et l’économie coloniale n’est pas diversifiée. De surplus, l’intendant Bégon doit faire face au problème de la monnaie de carte.

     Les carences en numéraires dans la colonie s’amorcent en fait dès 1685. Pour suppléer à ce déficit, les autorités de la Nouvelle-France émettent du papier-monnaie confectionné avec des cartes à jouer ordinaires. Lorsque Bégon arrive en poste, la confiance dans cette monnaie est à son plus bas. Elle entraîne une inflation galopante dans la colonie. Bégon fait rapidement pression sur la couronne pour modifier ce système. Dès 1714, la monnaie de carte est rachetée à la moitié de sa valeur faciale. Elle est retirée de la circulation en 1720.

     Bégon de La Picardière est toutefois soupçonné d’user de ses fonctions officielles pour s’enrichir personnellement. Blâmé pour sa gestion en 1716, il reste néanmoins en poste jusqu’en 1726. Ses interventions relatives à la culture du chanvre et au commerce des esclaves noirs donnent peu de fruits. Son rôle dans le redressement du système financier de la colonie reste finalement marginal.

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«Charles Huault de Montmagny»Artiste inconnuSource : Archives de Montréal

     En 1645, la Compagnie des Cent-Associés conclut un accord avec la Communauté des Habitants de la Nouvelle-France. Cette entente vise le lucratif commerce des fourrures. Les Cent-Associés gardent la propriété de la colonie. Ils continuent également de nommer le gouverneur, de nommer les juges et de distribuer les terres. La Communauté, elle, obtient le monopole de la traite des pelleteries qu’elle peut réglementer à sa guise tout comme le commerce des marchandises européennes. En contre-partie, elle doit assumer les dépenses de la colonie et fournir une redevance de mille castors aux Cent-Associés.

     Le 27 mars 1647, le roi Louis XIV décide de restructurer l’administration de la Nouvelle-France. Il fait face à une nouvelle réalité. Ses conseillers l’incitent à adopter un «règlement pour établir un bon ordre et police en Canada». Le roi crée le Conseil de Québec. Ce conseil est composé du gouverneur du pays, Charles Huault de Montmagny, du supérieur des Jésuites à Québec, Jérôme Lalemant, et du gouverneur particulier de Montréal, Paul de Chomedey de Maisonneuve.

     Pourquoi ce conseil ? Sous la direction de Pierre Legardeur de Repentigny, la Communauté des Habitants pris rapidement l’aspect d’une affaire de famille. Les protestations du peuple sont transmises au roi par Maisonneuve et par Robert Giffard en 1646. La constitution du Conseil de Québec crée un organisme de gestion et de surveillance. Le Conseil a juridiction sur toute les questions relatives à l’intérêt du pays en général et à la traite des fourrures en particulier.

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«La cour du Vieux Séminaire de Québec»Photo de Hgig.geo (2008)Source : Wikimedia commons

     Le 26 mars 1663, François de Laval s’inspire du Concile de Trente pour créer officiellement le Séminaire de Québec. Il agit à titre d’évêque de Pétrée et de vicaire apostolique de la Nouvelle-France. Il a de plus la confiance du roi de France, étant déjà désigné comme premier évêque du pays, en attente de l’érection du diocèse de Québec.  L’organisation du clergé en séminaire dote la colonie des ecclésiastiques nécessaires à l’évangélisation. L’établissement du Séminaire de Québec va permettre l’instruction et le renouvellement des prêtres. Le système assure aussi les moyens de disposer des revenus nécessaires pour assumer les charges.

     Le Séminaire de Québec est une société de prêtres diocésains. Après sa création à Paris, Mᵍʳ de Laval revient à Québec où il fait enregistrer cette entreprise. La dîme est également instituée en Nouvelle-France à la même occasion. Ainsi le modèle de séminaire conçu par Mᵍʳ de Laval diffère un peu de celui qu’on retrouve en Europe. Les prêtres du Séminaire de Québec deviennent responsables des paroisses de la colonie avec des cures amovibles.

     En 1665, le Séminaire de Québec est uni au Séminaire des Missions-Étrangères de Paris. Cette union dure jusqu’à la Conquête. Le sigle SME continue toutefois d’être utilisé par la suite comme héritage et comme une volonté de fidélité à la vocation historique de l’institution. Ce monogramme surmonte encore aujourd’hui la porte cochère donnant accès au Vieux-Séminaire en haut de la côte de la Fabrique à Québec.

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