Archive pour la ‘Nouvelle-France’ Catégorie

Ancien édifice de la Brasserie-Boswell. Détail. Vue avantPhoto : Christian Lemire (2006)Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec

     L’intendant Jean Talon veut développer le potentiel de la Nouvelle-France en diversifiant son économie. Talon est propriétaire de terres à la Basse-Ville de Québec. Il a acquis de Guillemette Hébert, veuve de Guillaume Couillard, un terrain de 2,07 arpents. Il est aussi propriétaire d’un autre terrain adjacent de 6,23 arpents et d’une sapinière de 6,2 arpents, le tout situé face au fleuve et sous le cap. En 1668, il utilisera cet espace afin de faire bâtir un bâtiment de plus de 40 mètres de long qu’il utilisera comme brasserie.

     Le 5 mars 1668, un arrêt du Conseil souverain de la Nouvelle-France confie à Jean Talon le mandat d’exploiter une brasserie. L’intendant reçoit un monopole de dix ans sur la bière. L’importation d’alcool en Nouvelle-France est également interdite sans une permission expresse du roi. En plus des débouchés commerciaux, la brasserie doit servir à réduire l’importation de vin et d’eau-de-vie dont la consommation pousse à l’ivrognerie et à la débauche. La brasserie doit aussi stimuler la production agricole nécessaire à la production de la bière.

     Talon avait déjà obtenu du roi deux chaudières en 1667 et la production de la brasserie débute en 1670. En novembre 1671, Talon annonce au ministre Jean-Baptiste Colbert qu’il peut fournir 2 000 barriques de bières pour les Antilles et la même quantité pour la consommation locale. Dépendante de son monopole, la brasserie ne peut subsister lorsque les règlements sur l’importation de vins et d’alcools sont relâchés après le départ de Talon.  En 1675, la brasserie est fermée et, en 1685, Talon vend le bâtiment à la couronne qui va y ériger une résidence pour les intendants de la Nouvelle-France. Vers 1875, le site retrouve sa vocation première avec la construction de bâtiments par la brasserie Boswell, en opération, après plusieurs fusions, jusqu’en 1974.

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Traité de Paris de 1763 (Treaty of Paris of 1763)Photo : Francis Vachon (2014)Source : www.francisvachon.com

     Le 10 février 1763,  le traité de Paris met fin à la guerre qui oppose la France et l’Angleterre. Plusieurs autres pays européens sont aussi impliqués. Ce traité met un terme à la guerre de Sept ans en Europe et à la «French and Indian War» ou guerre de la Conquête en Amérique du Nord. Le traité est rédigé en français et comprend 27 articles. Il porte les signatures et les sceaux du duc de Bedford, John Russell, pour l’Angleterre, de César Gabriel de Choiseul, duc de Pralin, pour la France et du marquis Jérónimo Grimaldi pour l’Espagne. Le Portugal adopte le traité par un article additionnel.

Traité de paix entre le roi, le roi d’Espagne et le roi de la Grande-Bretagne, conclu à Paris le 10 février 1763 : avec l’accession du roi du PortugalParis : Imprimerie royale, 1763Source : BANQ

     Avec cette signature, c’est la fin de la Nouvelle-France et de l’empire colonial français en Amérique. Déjà, les nations amérindiennes alliées des Français ont pour la plupart signé des ententes avec les Britanniques. L’Amérique franco-indienne est chose du passé. Dans la négociation qui se déroule à Paris, la France cède plusieurs territoires pour ne garder que les comptoirs les plus rentables afin de combler sa dette. Le sucre est ainsi préféré à la fourrure !

«Annonce d’un débat sur la question du Traité de Paris, tenu le 19 novembre 2013 à la Bibliothèque Gaston Miron à Paris»Source : ministère la Défense, France

     Durant des décennies, la bataille des plaines d’Abraham est considérée comme un des événements fondateurs du Canada. De plus en plus d’historiens remettent en question cette vision de l’Histoire. Le traité de Paris est-il une cession ou un abandon de la part de la France ? Les recherches actuelles sur cet événement s’attaquent ainsi à plusieurs mythes de l’histoire du Canada et des États-Unis.

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Lambert ClossePhoto anonyme publiée dans Souvenir de Maisonneuve : esquisse historique de la ville de Montréal et séance d’inauguration du monument de M. de Maisonneuve, le 1er juillet 1895 (Montréal, Desbarats & Cie, 1896)Source : BANQ

     Raphaël-Lambert Closse est un des pionniers de Montréal. Sergent-major de Ville-Marie, Lambert Closse agit avec leadership comme défenseur de la colonie. Il se distingue au plus fort des attaques répétées par les autochtones, surtout des Agniers, qui menacent sans relâche la sécurité du petit établissement montréalais au milieu du XVIIᵉ siècle. Dans sa biographie, Marie-Claire Daveluy le qualifie de «chef d’une trempe héroïque» et de meneur d’hommes qui «savait maintenir les soldats dans une atmosphère de vaillance rendant la moindre action efficace». Le titre de «sauveur de Montréal» se retrouve souvent dans l’historiographie le concernant.

     Durant l’absence en France de Paul Chomedey de Maisonneuve, en 1655, Closse commande à Ville-Marie. Il exerce à cette époque sa profession de notaire et pratique la traite des fourrures, malgré sa piété reconnue. Le 6 février 1662, Lambert Closse se porte à nouveau à la défense de certains de ses compatriotes mis en danger par une attaque iroquoise. Il meurt en soldat, ayant déclaré peu auparavant qu’il était venu en Nouvelle-France «afin d’y mourir pour Dieu en le servant dans la profession des armes, si je n’y croyois pas mourir je quitterois le pays pour aller servir contre le Turc et n’être pas privé de cette gloire» !

      Il n’existe pas de portrait de Lambert Closse. Le sculpteur Louis-Philippe Hébert a imaginé son visage dans le haut-relief qu’il a fait de lui à la fin du XIXᵉ siècle. Au coin sud-est du monument à la mémoire de Maisonneuve érigée en 1895 au centre de la place d’Armes à Montréal, Closse est représenté accroupi l’arme à la main comme une véritable sentinelle redoutant une embuscade ; il est accompagné de sa chienne Pilote qui débusqua l’ennemi et réveilla les Français lors d’une attaque de Ville-Marie en 1648.

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