Archive pour la ‘Bas-Canada’ Catégorie

Bataille de Châteauguay, 1813

Reproduction d’une lithographie d’Henri Julien datant de 1884 (s.d.)

Source : Le Journal de Dimanche

 

     Trois jours après la bataille de Châteauguay, Charles-Michel de Salaberry écrit à son père pour lui relater les événements : «Mon cher père, le 26 a été pour moi un jour glorieux et ceux de mes soldats qui ont combattu l’armée américaine commandée par le général Wade Hampton & un autre Général qui a été repoussée par une poignée d’hommes, tous des Canadiens & hier cette armée a commencé à se retirer ou essayera de pénétrer dans notre pays par un autre chemin. L’armée ennemie était composée de tous ses effectifs, environ 7 000 hommes et 5 pièces d’artillerie, et 300 cavaliers».

     L’escarmouche dure quatre heures. Salaberry choisit son terrain et repousse cette tentative des Américains de marcher vers Montréal. En fait, les soldats américains sont plutôt au nombre de 3 000 ; ils tentent de faire jonction avec les hommes de James Wilkinson qui tente de descendre le long du Saint-Laurent en amont. À Châteauguay, la stratégie américaine est un échec. En voulant prendre les troupes canadiennes à revers, les Américains s’égarent dans les bois. Lorsque vient le moment d’attaquer la barricade défendue par Salaberry, «leurs armes utilisent des munitions composées d’une balle et de chevrotines, célèbres pour leur imprécision». La bataille n’est pas sanglante mais laisse néanmoins 23 morts, 33 blessés et 29 disparus chez les Américains tandis que les troupes de Salaberry rapportent 2 morts, 16 blessés et 4 disparus.

     Vers 15 heures, le 26, Hampton ordonne la retraite. Les Américains rentrent chez eux dans les jours qui suivent. La victoire de Châteauguay est une grande source de fierté pour la milice du Bas-Canada et leurs alliés amérindiens, les Mohawks de Kahnawá:ke. Montréal est sauvée d’une attaque plus importante. L’engagement passe immédiatement dans la légende et Salaberry devient le héros qui a sauvé la colonie face à l’envahisseur !

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Manifestation des Canadiens contre le gouvernement anglais, à Saint-Charles, en 1837

Photo anonyme d’une huile sur toile de Charles Alexander Smith datant de 1890 et conservée au Musée des beaux-arts du Canada (s.d.)

Source : Wikimedia Commons

     La démocratie parlementaire apparaît dans la vallée du Saint-Laurent après 1791. La Chambre d’assemblée du Bas-Canada est le lieu où une première génération de députés canadiens font l’apprentissage des institutions démocratiques. Toutefois, le contexte reste celui d’une colonie et ce système montre rapidement ses limites. L’affrontement se développe entre le gouverneur et la majorité élue, le Parti patriote dirigé par Louis-Joseph Papineau.  La principale pierre d’achoppement est la question des subsides.  En 1834, l’assemblée du Bas-Canada adopte 92 résolutions pour demander une réforme en profondeur de l’administration coloniale.

     Au printemps 1837, une fin de non-recevoir aux 92 résolutions est exprimée par John Russell, le secrétaire des colonies du Royaume-Uni.  Il présente au parlement de Londres dix résolutions qui rejettent les réformes demandées par les Patriotes. Des assemblées publiques sont alors convoquées un peu partout au Bas-Canada.  L’opinion publique se radicalise.  Le 23 octobre 1837, une gigantesque assemblée publique à lieu à Saint-Charles dans la vallée du Richelieu.  C’est l’Assemblée des Six-Comtés.

     Près de 5 000 personnes assistent aux discussions qui se prolongent sur deux jours. Le docteur Wolfred Nelson préside aux débats. Le premier jour, plusieurs personnalités prononcent des discours. Treize résolutions sont également passées au vote.  Elles dénoncent le gouvernement colonial et appelle le peuple à prendre en main ses destinées. Le lendemain, un comité est formé pour rédiger une adresse à la population du Bas-Canada et préparer un projet de constitution.

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Lachine Canal, Montreal, 1826

Reproduction anonyme d’une aquarelle de John Hugh Ross conservée au Royal Ontario Museum (s.d.)

Source : Wikimedia Commons

 

     Le canal de Lachine est ouvert à la navigation le 6 octobre 1825.  Il permet de relier les 14 kilomètres qui séparent le lac Saint-Louis du fleuve Saint-Laurent en aval de Montréal. Sa construction débute en 1821 pour assurer la communication entre le marché du Haut-Canada et la vallée du Saint-Laurent. Le canal sert de moteur de développement à toute une région et permet d’urbaniser l’ouest de l’île de Montréal.

     Le canal tire son nom de l’ancienne ville de Lachine, sur le bord du lac Saint-Louis. Ce toponyme origine des explorations de René-Robert Cavelier de La Salle. En 1669, La Salle part de ce lieu, alors nommé fief de la côte Saint-Sulpice, pour tenter de découvrir un passage vers la mer du Sud au-delà des Grands Lacs et d’atteindre éventuellement la Chine. La fascination qu’exerce le Céleste Empire explique l’apparition du nom Lachine pour désigner cet endroit.

     Durant le régime français, la construction d’un canal pour contourner les rapides du Sault-Saint-Louis et accéder rapidement au «Pays-d’en-Haut» reste un rêve. Au début du XIXe siècle, le canal de Lachine devient une priorité pour les marchands de Montréal. Ce canal va servir à faire de leur ville l’une des plaques tournantes du commerce nord-américain. Au début, le canal est destiné aux petits voiliers à fond plat. Il est ensuite agrandi à deux reprises:  de 1843 à 1848 et de 1873 à 1885.

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