Archive pour la ‘Au XVIIIe siècle’ Catégorie

«La place d’Armes et le château Haldimand, Québec» Photo anonyme (1866) Source : BAC

 

     François-Louis-Fréderic Haldimand devient gouverneur de la province de Québec en 1778. L’administration de ce militaire est caractérisée par une crainte excessive de la présence d’émissaires français et des colonies américaines révoltées. L’année de son départ de Québec, en 1784, il ordonne le début de la construction d’un nouveau corps de logis devant le fort Saint-Louis, aux abords de la place d’Armes de la capitale de la colonie. Cet édifice est destiné à servir aux bals et aux réceptions officielles.

     Une des courtines du fort érigé en 1693 par Louis de Buade, comte de Frontenac, sert comme mur extérieur du rez-de-chaussée du bâtiment. L’ouvrage est inauguré en janvier 1787 et sera démoli en 1892 pour faire place au Château Frontenac. Ce château est connu comme le château Haldimand ou, curieusement, comme le Vieux-Château. Ceci s’explique par l’évolution de l’architecture dans le fort Saint-Louis. À ses débuts, le château Haldimand est désigné en anglais comme le «New Building» ou encore comme le «New Chateau Building». De 1809 à 1812, l’ancien château Saint-Louis est rénové, surhaussé d’un étage et doté d’une nouvelle toiture.  La population québécoise parle alors du «château neuf» pour désigner l’édifice rénové et du «Vieux-Château» pour désigner la bâtisse construite à l’époque d’Haldimand. Après l’incendie du château Saint-Louis en 1834, le Vieux-Château prend, par extension, le nom de château Saint-Louis.  Il devient le château Haldimand suite à une publication d’Ernest Gagnon en 1875.

     Le Vieux-Château connaît plusieurs vocations au XIXᵉ siècle. Long d’une centaine de pieds avec une élévation de trois étages, ce château va servir d’atelier au peintre Antoine Plamondon avant de devenir l’École normale Laval en 1857. En 1860, le gouvernement du Canada y installe l’Assemblée législative de la colonie.  L’Assemblée y siège jusqu’en 1865 lorsque le Vieux-Château redevient l’École normale Laval et le demeure jusqu’à sa démolition en 1892.

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The Battle of Sainte-FoyPhoto anonyme d’une aquarelle de George Bryant Campion, vers 1850 (s.d.)Source : BAC

     Le 27 avril 1760, François de Lévis arrive devant Québec avec une armée de 7 000 hommes, dont 3 000 miliciens. Ils ont quitté Montréal la semaine précédente. Les glaces n’ont pas encore libéré le fleuve. La marche dans la neige et la boue est ardue pour se rendre à la capitale.

Lévis (Francois Gaston, duc de) Reproduction d’une estampe non datée ; gravure originale de Jules Porreau (v. 1845-1866) Source : BAC

     Informé de la situation, le colonel James Murray fait évacuer la population de Québec, de Sainte-Foy et de L’Ancienne-Lorette. Il fait raser les quartiers Saint-Roch et Sainte-Famille. Les troupes anglaises se positionnent dans des retranchements à Sainte-Foy. L’affrontement a lieu le 28 avril. La bataille de Sainte-Foy dure plus de trois heures. Elle donne lieu à des combats très violents, notamment entre le régiment de La Sarre et les 40ᵉ et 60ᵉ régiments britanniques au moulin Dumont.

     Les tactiques d’encerclement de Lévis sur le champ de bataille portent fruits. Devant la pression, Murray doit ordonner la retraite à l’intérieur des murs de la ville.  Les Anglais tournent le dos à leurs assaillants et prennent la fuite. Le bilan est lourd : les hommes de Murray comptent 229 tués, 837 blessés et 53 prisonniers ; Lévis, lui, a 193 hommes tués et 640 blessés.

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Guy CarletonReproduction d’une gravure sur bois anonyme(XIXᵉ siècle)Source : Librarie du Congrès

     Guy Carleton participe au siège de Québec en 1759. Il est blessé lors de la bataille des plaines d’Abraham. Après la conquête, il agit comme lieutenant-gouverneur puis comme gouverneur en chef de Québec jusqu’en 1778. Par la suite, il est mandaté, à New York entre autres, pour tenter de rétablir la paix entre la Grande-Bretagne et les colonies américaines en révolte.

     De retour en Angleterre, Carleton fait la promotion de créer la fonction de gouverneur général pour les colonies anglaises de l’Amérique du Nord. Cette idée reçoit l’assentiment de Thomas Townshend, vicomte de Sydney et secrétaire d’État à l’Intérieur dans le cabinet de William Pitt. Ce poste vise à favoriser une éventuelle union des colonies britanniques restantes.

     Le 22 et le 27 avril 1786, Guy Carleton reçoit de nouvelles commissions. Il devient le gouverneur général des provinces de Québec, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick. Il est aussi nommé commandant en chef des armées de ces trois colonies et de Terre-Neuve. Chacune conserve cependant son lieutenant-gouverneur et Carleton ne peut exercer son autorité civile sur l’une d’elles que lorsqu’il y réside. Carleton, devenu baron de Dorchester, tente par la suite sans succès en 1790 et en 1793 de faire abolir cette réduction de pouvoirs.

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