Archive pour la ‘Au XVIIIe siècle’ Catégorie

«Jacques Raudot (1638 – 1728)»Photo anonyme d’une peinture conservée dans la collection Rémi Bocquentin du Cercle généalogique et historique d’AubièreSource : Wikimedia Commons

 

     Pedro Dasilva est né à Lisbonne. À son arrivée en Nouvelle-France, au XVIIᵉ siècle, il s’établit d’abord dans la seigneurie de Beauport. Rapidement, il déménage à la Basse-Ville de Québec, plus précisément au Sault-au-Matelot. Délaissant le travail de la terre, il amorce sa carrière dans la livraison de marchandises. Sa résidence près du port de Québec lui donne un accès rapide aux marchandises qu’il livre ensuite un peu partout dans la colonie. Il navigue fréquemment sur le fleuve pour se rendre jusqu’à Montréal. Il utilise même un chariot tiré par un boeuf ou un cheval en hiver.

     Surnommé le «Portugais», Dasilva se charge dès 1689 de livrer les lettres et autres messages privés entre Québec et Montréal. Le 23 décembre 1705, l’intendant Jacques Raudot lui donne une commission qui l’autorise à porter les ordres royaux et les lettres du gouverneur.  Il est également autorisé officiellement à faire office de messager au tarif de 10 sols la lettre. La réputation de Dasilva est claire pour l’intendant: «Étant nécessaire pour le service du roi et le bien public d’établir en cette colonie un messager pour porter les ordres en tous lieux de ce pays où besoin sera, et étant informé de la diligence et fidélité de Pierre Dasilva dit le Portugais, Nous, sous le bon plaisir de Sa Majesté, avons commis et établi ledit Portugais messager ordinaire pour porter les lettres…».

   À ce titre, Pedro Dasilva inaugure le service de la poste en Nouvelle-France et devient officiellement le premier facteur de la colonie! Fierté de la communauté portugaise du Canada, Pedro Dasilva voit son travail commémoré en 2003 lorsqu’un timbre est émis par Postes Canada pour souligner son rôle comme premier messager officiel.

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L’honorable Jean-Antoine PanetPrésident de la Chambre d’assemblée de la province du Bas-Canada1792-1794; 1797-1815Photo anonyme d’une huile sur toile copiée par Théophile Hamel (s.d.)Source : Parlement du Canada

 

     Les premiers débats parlementaires au Québec ont lieu lors de la première session de la première législature du Bas-Canada. Le 17 décembre 1792, les travaux des députés débutent. Ils doivent d’abord élire un président d’assemblée, un poste qui porte le nom d’«Orateur» à l’époque. Même si la majorité des députés sont francophones, la minorité des députés anglophones tentent de faire élire un candidat d’origine britannique. Le 18 décembre 1792, la majorité impose son choix et l’avocat Jean-Antoine Panet est élu.

     Panet est natif de Québec. Après ses études au Séminaire de Québec, il exerce la fonction de notaire puis celle d’avocat. Il est aussi milicien et participe activement à la défense de Québec lors de l’invasion américaine de 1775-1776. Il devient le premier député de la Haute-Ville de Québec et exerce la fonction d’«Orateur» jusqu’au 28 décembre 1794, date où il démissionne pour accéder au poste de juge de la Cour des plaids communs.

     Louis Dunière, député de Hertford, propose la candidature de Panet à la présidence de l’assemblée. Sa motion est appuyée par Pierre-Amable De Bonne, bien que ce dernier soit plus proche idéologiquement de l’élite britannique que de la pensée politique de Panet lui-même. L’élection de Panet est conclue après un vote de 28 voix contre 18.

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Page titre de Bigot et sa bande et l’Affaire du Canada de Pierre-Georges Roy (1950)

     Le 10 décembre 1763, un jugement de 78 pages condamne plusieurs personnages ayant occupé des postes importants en Nouvelle-France avant que la colonie soit conquise par l’armée britannique. La corruption est au centre de ces condamnations. Le but véritable, selon certains, reste cependant de trouver des coupables pour expliquer la prise de la Nouvelle-France.

     L’opinion publique française est choquée par la perte de la colonie et les condamnés servent à calmer le jeu. Pourtant, l’objectif de la couronne est aussi de s’assurer de racheter à rabais une grande partie du papier monnaie émis pour subvenir aux besoins de numéraire en Nouvelle-France.

     Il n’en reste pas moins que l’intendance de François Bigot est caractérisé par la corruption et les scandales financiers.  Des problèmes de moeurs alourdissent aussi cette affaire.  Par exemple, l’officier militaire Michel-Jean-Ugues Péan n’hésite pas à se servir des charmes de son épouse pour s’attirer les faveurs de l’intendant et détourner d’importantes sommes à son profit. Comme plusieurs autres accusés, Péan s’en tire finalement à bon compte dans l’Affaire du Canada. Même s’il a réussi à accumuler une fortune de plusieurs millions de livres, il n’est pas blâmé dans le jugement et doit uniquement restituer 600 000 livres…

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