Archive pour la ‘Au XVIIIe siècle’ Catégorie

Thomas McKeanPhoto anonyme d’une huile sur toile de C. W Schreyleer (s.d.)Source : Delaware State Museums

     Le 15 juin 1776, l’assemblée coloniale des bas-comtés de la Pennsylvanie déclare son indépendance de la Grande-Bretagne et de la Pennsylvanie pour constituer l’État du Delaware. Le Delaware n’existe pas durant la domination britannique mais devient ensuite une des treize colonies à participer à la Révolution américaine. En 1787, le Delaware est le premier État à ratifier la constitution des États-Unis.

      Les représentants des comtés de New Castle, de Kent et de Sussex-upon-Delaware qui forment les bas-comtés de la Pennsylvannie acceptent ainsi la séparation de la tutelle coloniale. Cette décision unanime surprend. Malgré la division de l’opinion publique quant au maintien du lien avec la mère-patrie, l’assemblée du Delaware est la première à rompre le lien colonial. Depuis, le 15 juin est célébré au Delaware comme le «Separation Day».

    Thomas McKean est alors un membre influent des élus du Delaware. Il participe au Congrès Continental à Philadelphie. Devant l’impasse probable du vote pour permettre au Delaware d’adhérer à la Déclaration d’indépendance des États-Unis, il fait appel à son compatriote Caesar Rodney. Durant la nuit du 1ᵉᴿ juillet 1776, Rodney chevauche les 80 milles qui le sépare de Philadelphie malgré un orage électrique. Il arrive juste à temps, le 2 juillet, durant le vote, pour donner son accord et permettre aux représentants du Delaware de signer la déclaration.

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Bataille des Trois-RivièresPhoto : La Société de conservation et d’animation du patrimoine de Trois-Rivières (2005)Source : Wikimedia Commons

     Durant la guerre d’Indépendance des États-Unis, l’armée américaine envahit la vallée du Saint-Laurent. Les révolutionnaires américains veulent libérer l’Amérique du Nord de la tutelle anglaise. L’objectif est de faire de la «Province of Quebec», la 14ᵉ colonie à rompre le lien avec la Grande-Bretagne.

La Fresque de Trois-Rivières. Scène 2 – Victoire de la bataille de Trois-Rivières Photo d’une peinture de Murale Création datant de 2009 : Ville de Trois-Rivières (s.d.) Source : http://www.v3r.net/culture/arts-visuels/art-public/la-fresque#scene-2-victoire-de-la-bataille-de-troisrivieres

     La stratégie militaire américaine d’encerclement de Québec est un échec. Le siège de la capitale de la colonie dure de l’automne 1775 au printemps 1776. Après une cuisante défaite le 31 décembre 1775, les Américains doivent battre en retraite en juin 1776 face à l’arrivée de milliers de soldats britanniques en renfort.

     Dans ce mouvement de troupes, le 8 juin 1776, une colonne de l’armée continentale américaine dirigée par le brigadier-général William Thompson doit combattre les troupes anglaises du lieutenant-colonel Simon Fraser à Trois-Rivières. À nouveau, les Américains subissent la défaite.  Cette bataille met un terme à l’invasion et se solde par le repli des Américains dans le New York.

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«Vue panoramique du site de l’affrontement en Pennsylvanie»Photo : Rarkm (2007)Source : Wikimedia Commons

     Au milieu du XVIIIᵉ siècle, le contrôle du commerce des fourrures dans la vallée de l’Ohio devient un enjeu important pour les marchands anglais et français. La stratégie française de construire une série de forts dans le secteur est source de tension entre les représentants coloniaux des deux puissances métropolitaines. En mai 1754, le jeune George Washington devient commandant des troupes de Virginie dépêchées dans la région. Le 28 mai, tôt le matin, ses hommes et lui découvrent un campement français établi dans le secteur de Great Meadows. Sans avertissement préalable, Washington donne l’ordre de tirer.  Dix soldats français sont tués et 21 sont capturés.

     Claude-Pierre Pécaudy de Contrecoeur, commandant du fort Duquesne situé à proximité, avait reçu l’ordre strict de ne pas attaquer les troupes coloniales britanniques. Il devait défendre ses positions. Pécaudy de Contrecoeur envoya cependant une patrouille dirigée par Joseph Coulon de Villiers de Jumonville pour vérifier si les troupes de Washington envahissaient un territoire que la France réclame comme sien. Jumonville devait sommer les Viriginiens de se retirer.

     Jumonville est tué dans la bataille. Washington écrit dans son journal que c’est le tomahawk d’Half King, un allié amérindien des Britanniques, qui a causé la mort du sieur de Jumonville. Les témoignages sur ces événements restent contradictoires. La France accuse ensuite l’Angleterre d’avoir assassiné un diplomate. L’événement est connu comme l’Affaire Jumonville. D’un côté, on crie au meurtre ; de l’autre, on dénonce l’occupation illégale d’une frontière. L’historien Marcel Trudel a fouillé la question et appuie les conclusions de l’historien français Ernest Lavisse : Jumonville est «tué dans un combat, et non assassiné, comme on l’a prétendu trop longtemps à tort». L’affrontement porte maintenant le nom de bataille de Jumonville Glen. Ce combat est le prélude de la guerre de la Conquête.  Cette interprétation est aussi critiquée par plusieurs comme Sophie Imbeault qui soutiennent que Jumonville a plutôt été assassiné par la futur président américain.

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