Archive pour la ‘Au XVIIIe siècle’ Catégorie

 

Join, or DieCaricature publiée par Benjamin Franklin (1754)Source : The Pennsylvania Gazette

     Cette célèbre caricature politique est publiée le 9 mai 1754 dans The Pennsylvania Gazette. Elle apparaît à côté d’un éditorial de Benjamin Franklin. Cet imprimeur critique dans son texte la division régnant entre les colonies anglaises d’Amérique du Nord. L’image montre un serpent segmenté en huit parties. Les colonies représentées sont la Caroline du Sud, la Caroline du Nord, la Virginie, le Maryland, la Pennsylvanie, le New Jersey et le New York. Quatre colonies, le Massachusetts, le New Hampshire, le Connecticut et le Rhode Island, sont regroupés dans la Nouvelle-Angleterre qui forme la tête du serpent. La Georgie et le Delaware sont omis.

     Benjamin Franklin exhorte les colonies britanniques à s’unir dans leur guerre contre la Nouvelle-France et leurs alliés indiens. Join, or Die est ainsi la première publication appelant les coloniaux à agir comme un ensemble concerté. Cette image participe ainsi activement à la prise de conscience de l’importance de l’unité nationale.

     La caricature prend une nouvelle signification par la suite. À partir de 1765, plusieurs patriotes américains l’utilisent pour revendiquer l’union des colonies dans leurs revendications face à la Grande-Bretagne. Elle connaît alors une vaste diffusion dans la presse périodique américaine. En 1774, Join, or Die est utilisée à nouveau dans l’entête du Massachusetts Spy, un hebdomadaire politique favorable à l’indépendance américaine.

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Brig. Gen. Alured Clarke Photo anonyme d’une estampe de la collection «The Miriam and Ira D. Wallach Division of Art, Prints and Photographs: Print Collection» (2013) Source : The New York Public Library

 

     La nouvelle constitution de 1791 divise la province de Québec en Bas-Canada et Haut-Canada. L’article 14  de cette loi prévoit que le gouverneur ou le lieutenant-gouverneur publie une proclamation «/…/ qui divisera telle Province en districts, ou comtés, ou cercles; et villes ou jurisdictions, et fixera leurs limites, et qui déclarera et déterminera le Nombre des Représentans qui seront choisis par chacun de tels districts ou comtés, ou cercles, et villes ou jurisdictions respectivement». De suite, le 7 mai 1792, le lieutenant-gouverneur Alured Clarke émet une proclamation qui divise le Bas-Canada en 27 «comtés» ou circonscriptions électorales en français. Établis sans norme connue, ces «comtés» doivent être représentés au Parlement par cinquante députés élus.

     La carte électorale élaborée par Clarke comprend 21 «comtés».  Elle comprend aussi deux cités et villes : Québec et Montréal, respectivement divisées en Basse-Ville et Haute-Ville et en Montréal-Est et Montréal-Ouest. Enfin, les villes et bourgs de Trois-Rivières et William-Henry complètent le tout. Dix-huit circonscriptions rurales ont deux députés et trois un seul. Québec et Montréal ont quatre représentants, Trois-Rivières deux et William-Henry, un seul.

   Cette Chambre d’assemblée s’ajoute au Conseil législatif pour former le Parlement. Le gouverneur est le représentant de la couronne à qui il rend compte. Il se dote d’un Conseil exécutif qui n’est pas responsable devant la Chambre.  Cette situation va entraîner des conflits entre l’assemblée des députés et l’exécutif dans l’évolution des institutions vers le gouvernement responsable. Il ne faut pas se tromper, la loi de 1791 introduit le parlementarisme au Bas-Canada, pas la démocratie.

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Mᵍʳ de LavalImage votive lithographiée d’après une huile sur toile attribuée au frère Luc par Gérard Morisset(vers 1671-1672)Source : NelsonWeb

     Le 6 mai 1708, vers 7 h 30 du matin, François de Laval décède à Québec. Il est âgé de 85 ans. Sa mort est provoquée par les complications d’une engelure au talon qu’il a contracté durant la Semaine sainte, quelques jours auparavant. Le 9 mai, les funérailles sont célébrées et le premier évêque de Québec est inhumé dans la cathédrale.

   La sépulture de Mᵍʳ de Laval est retrouvée en 1877. La translation de ses restes vers la crypte du Séminaire de Québec a lieu l’année suivante. En 1949, une première chapelle funéraire est construite à même la chapelle extérieure du Séminaire afin d’abriter sa dépouille. En 1993, il est exhumé à nouveau et son corps est placé dans une chapelle qui lui est spécifiquement dédié dans la basilique-cathédrale Notre-Dame-de-Québec.

     Dès son décès, la population vénère Mᵍʳ l’Ancien, comme l’appellent les habitants de Québec à l’époque. L’intendant Jacques Raudot écrit qu’en 1708 les fidèles ont : «la même vénération pour son corps qu’on a pour ceux des saints, étant venus en foule de tous côtés pendant qu’il a été exposé sur son lit de parade et dans l’église, lui faire toucher leurs chapelets et leurs heures. Ils ont même coupé des morceaux de sa robe, que plusieurs ont fait mettre dans de l’argent, et ils les regardent comme des reliques». François de Laval est béatifié le 22 juin 1980 par le pape Jean-Paul II. Il est canonisé par le pape François le 3 avril 2014.

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