Archive pour la ‘Au XVIe siècle’ Catégorie

Desbiens. Souvenir du tricentenaire du lac St-Jean 1947 Extrait d’une photo anonyme (1947) Source : Wikimedia Commons

     Le jésuite Jean de Quen est né en Picardie en 1603. Ses études complétées, il part en mission et arrive à Québec en 1635. Son ministère le met en contact avec les Amérindiens, plus particulièrement avec les Montagnais dont il apprend la langue. Après des séjours à Québec, Sillery et Trois-Rivières, il établit avec succès la mission montagnaise de Tadoussac en 1642. C’est là qu’en 1646, la première église de pierre de la colonie est bâtie. Cet endroit est aussi une importante plaque tournante pour le commerce des fourrures. Le père de Quen réussit à ce moment à gagner la confiance des nombreux nomades qui fréquentent Tadoussac pour y faire des échanges commerciaux.

     À l’été 1647, de Quen apprend que des néophytes montagnais en route pour Tadoussac se sont arrêtés au lac Piékouagami pour cause de maladie. Le père de Quen exprime alors le souhait de se rendre auprès de ces membres de la nation du Porc-Épic. Le 11 juillet, il quitte Tadoussac en canot d’écorce avec des Montagnais convertis. En cinq jours, ils remontent le Saguenay jusqu’à la rivière Chicoutimi. Par elle, ils accèdent aux lacs Kenogami et Kénogamishish pour aboutir au futur lac Saint-Jean par la Belle-Rivière. Premier Européen à s’y rendre, Jean de Quen devient ainsi le découvreur du lac Saint-Jean qu’il décrit comme suit : «Ce lac est si grand qu’à peine en voit-on les rives, il semble estre d’une figure ronde, il est profond & fort poissonneux, on y pesche des brochets, des perches, des saumons, des truites, des poissons dorés, des poissons blancs, des carpes & quantité d’autres espèces. Il es environné d’un plat pays, terminé par de hautes montaignes éloignées de 3. Ou quatre ou cinq lieuës de ses rives, il se nourrit des eaux d’une quinzaine de rivieres ou environ, qui servent de chemin aux petites nations, qui sont dans les terres pour venir pescher dans ce lac & pour entretenir le commerce & l’amitié qu’elles ont par entr’elles. Nous voyagasmes quelque tempss sur ce lac, & enfin nous arrivasmes aulieu où estoient les Sauvages de la nation du Porc-Epic. Ces bonnes gens nous ayans apperceus, sortirent de leurs cabanes, pour voir le premier François qui ait jamais mis le pied dessus leurs terres».

     En 1947, lors des fêtes du tricentenaire de l’arrivée de Jean de Quen au lac Saint-Jean, un monument commémoratif est érigé à Desbiens avec le concours de la Société historique du Saguenay. Le granit et l’aluminium utilisés sont des produits de la région. La statue, réalisation de Salomonde, représente le jésuite dans une attitude missionnaire. Un tableau au fond rappelle aussi l’arrivée de de Quen avec ses deux guides montagnais. Un plaque historique témoigne de la découverte du lac Saint-Jean et se lit : «Ici, lieu d’arrêt et de rencontre des Indiens, le père jésuite Jean de Quen découvrant le lac Saint-Jean, se rendit le 16 juillet 1647 ; il trouva la croix érigée avant la venue du missionnaire ; il établit la première mission en 1652. En 1676 furent installées la maison et la ferme pour le soutien des apôtres du Saguenay et fut établi le poste de traite des fourrures.La mission dura jusqu’à 1877 et le poste de traite jusqu’à 1880».

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Plaque : Guy Chabot, Baron de Jarnac  Reproduction anonyme d’un détail d’un émail sur cuivre du XVIᵉ siècle attribué à Léonard Limousin (s.d.) Source : Frick Collection

     Une affaire d’honneur conjugal oppose Guy Chabot, baron de Jarnac, au roi François 1ᵉʳ. Jarnac demande réparation de son honneur en duel, ce que le roi refuse toute sa vie. Son fils et successeur, Henri II acquiesce à cette demande après son couronnement. Il désigne François Vivonne, seigneur de La Châteigneraie et un des meilleurs escrimeurs du royaume, pour le représenter.

     Le duel a lieu le 10 juillet 1547 sur l’esplanade du Château de Saint-Germain-en-Laye. Toute la cour est présente. Jarnac a pris soin au préalable de prendre des cours d’un spadassin italien, le capitaine Caize, qui lui enseigne un coup de revers peu connu à l’époque.  Au début, le violent combat tourne à l’avantage de La Châteigneraie. Mais, à la surprise générale, Jarnac réussit à asséner sa botte au genou de son adversaire pour lui trancher le jarret. Vainqueur, Jarnac voit son honneur lavé au grand déplaisir du roi qui interdit les futurs duels. La Châteigneraie se laisse alors mourir d’hémorragie dans les heures qui suivent.

     L’expression «coup de Jarnac» est d’abord utilisée pour désigner un coup violent, habile et imprévu. Après la publication du Dictionnaire de Trévoux au XVIIIᵉ siècle, on utilise ensuite l’expression pour décrire un coup déloyal.  Cet usage est décrié par Émile Littré dans son Dictionnaire de la langue française qui rétablit les faits quant aux règles de l’honneur.

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Index Librorum ProhibitorumReproduction de la page titre du livre publié à Venise par ordre du pape Pie IV en 1564Source : Wikimedia Commons

     Le premier Index, cette liste de livres interdits par le Vatican, est publié en 1559 par le pape Paul IV à la demande de l’Inquisition. La liste est nuancée et confirmée en 1564 par le pape Pie IV. Les livres contraires à la foi catholique et proscrits aux fidèles y sont compilés jusqu’à l’abolition de «l’Index» en 1966.

     Dès le passage de saint Paul à Éphèse dans l’Église primitive, certains livres de magie sont brûlés par les nouveaux convertis.  Les écrits apocryphes, eux, remontent à 496 et au Décret de Gélase. La vingtième et dernière liste de livres prohibés date de 1948.

     La mise à «l’Index» n’est pas nécessairement permanente. Certains interdits suscitent d’ailleurs beaucoup de controverses. C’est le cas, par exemple, des écrits de Copernic et de Galilée. Ainsi, au XVIIIᵉ siècle, les sentences contre les livres traitant de l’héliocentrique sont modifiées pour autoriser ces lectures.

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