Archive pour la ‘Au XVIe siècle’ Catégorie

Emblème de la Compagnie de Jésus

Source : Moranski (2008)

     Ignace de Loyola et six autres de ses amis sont réunis à Montmartre en 1534. Ils font le voeu d’aller à Jérusalem pour œuvrer au bien-être de la chrétienté. S’ils ne peuvent se rendre en Terre Sainte, ils promettent de se mettre à la disposition du pape pour aider à la propagation de la foi. La maladie et la guerre les empêchent de réaliser le voyage jusqu’à Jérusalem. Le groupe, auquel s’est joint trois nouvelles recrues, se met alors au service du pape.

     Le 27 septembre 1540, Paul III signe la bulle créant la Compagnie de Jésus. Ces religieux se consacreront dorénavant à l’évangélisation et à l’éducation. Les prêtres membres de cet ordre reçoivent une solide formation intellectuelle. Dans le contexte de la Contre-réforme, les Jésuites deviennent le «bras armé» de l’Église catholique.

     La devise de la compagnie est Ad Majorem Dei Gloriam et signifie Pour la plus grande gloire de Dieu. Les trois lettres, IHS, symbolisent le nom de Jésus en grec. L’éducation de la jeunesse et l’évangélisation sont à la base de leur charisme. C’est le deuxième ordre religieux catholique en importance numérique actuellement.

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«Balboa prenant possession du Pacifique»Gravure anonyme (XIXᵉ siècle)Source : Wikimedia Commons

     Vasco Núñez de Balboa a l’itinéraire d’un conquistador espagnol. Il arrive au Nouveau Monde au début du XVIᵉ siècle. Après des entreprises infructueuses à La Hispaniola, il obtient le titre de gouverneur de Santa-Maria-la-Antigua-del-Darién en 1511. Cet établissement se trouve sur la Tierra Firme ou Terre Ferme et est la première colonie espagnole d’Amérique du Sud. Balboa agit en «caudillo» : véritable leader par ses actions, il a l’estime de ses hommes et des chefs autochtones, épousant la fille du cacique de Careta.

     En 1513, il organise une expédition vers l’ouest afin de découvrir une nouvelle mer donnant accès à de l’or. En septembre, il traverse l’isthme de Panama. Le 25 septembre 1513, après plusieurs jours de marche à travers la forêt, il aperçoit un nouvel océan à partir du sommet d’une montagne. Il nomme cette étendue la Mer du Sud. Quelques jours plus tard, Balboa et ses hommes prennent possession de l’océan Pacifique au nom des souverains de Castille.

     Le Pacifique, colonisé depuis des siècles par les Polynésiens, entre dans la réalité européenne. C’est le navigateur portugais Magellan qui donne son nom à cet océan, quelques années plus tard. Balboa n’obtient guère de récompense de sa découverte. De retour à Santa-Maria, il est rétrogradé et doit céder sa charge de gouverneur. Il subit ensuite les intrigues de Francisco Pizarre et est décapité en 1519 pour trahison.

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«Le fort Cartier-Roberval»Reproduction d’une illustration parue en 1984 dans Fernand Braudel, dir., Le monde de Jacques Cartier (s.d.)Source : http://shcr.qc.ca/chronique.php?no=4

 

     L’aventure de Jean-François de La Roque de Roberval au Canada a été de courte durée. Nommé lieutenant général de la colonie en 1541, il quitte la France avec trois navires à destination de la vallée du Saint-Laurent en 1542. Jacques Cartier l’a devancé l’année précédente. L’expédition de Roberval rencontre celle de Cartier à Saint-Jean, sur l’île de Terre-Neuve. Cartier est alors sur son retour et il refuse les ordres de Roberval de poursuivre la mission en Canada. Cette rebuffade prive l’entreprise de la moitié de ses ressources.

     Roberval remonte ensuite le fleuve et arrive au Cap-Rouge à la fin de juillet 1542. Il s’empresse de consolider et de rebâtir les deux forts érigés par Cartier à cet endroit. Le lieu est renommé France-Roy.  Roberval décrit ainsi son établissement, tel que le rapporte la Société historique du Cap-Rouge : «un fort très beau à voir, donnant une impression de grande solidité…comprenant deux corps de logis, une grosse tour et un bâtiment de 40 à 50 pieds de long. Diverses pièces divisent ce bâtiment, qui est muni d’un four, d’un poêle et de moulins. Il y a un puits devant l’habitation. Au pied de cette hauteur, on trouve une autre habitation, dont une partie était constituée d’une tour de deux étages et de deux corps de logis».

     Mais cette tentative d’implantation est un échec. Les vivres manquent dès le premier hiver et un régime doit être imposé à chacun. Une cinquantaine de personnes sont emportées par le scorbut. Roberval avait déjà demandé du secours supplémentaire pour son projet dès 1642. Le 26 janvier 1543, François Iᵉᴿ donne ordre à l’émissaire de Roberval de mettre fin à cette tentative de colonisation. Cet ordre s’explique par l’entrée en guerre de la France contre l’Angleterre et l’Espagne. Le 11 septembre 1543 est la date admise du retour de Roberval en France puisqu’il signe à ce moment une procuration pour désarmer des navires se trouvant à La Rochelle.

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