24 décembre 1645

Chantons Noé

Ernest_Myrand

« Ernest Myrand »

Photo : Jules-Ernest Livernois (vers 1890)

Source : Wikimedia Commons

     Archiviste au palais de justice de Québec, Ernest Myrand fait également des recherches historiques. Ses travaux lui permettent de publier en 1899 chez Dussault & Proulx à Québec, l’étude historique Noël anciens de la Nouvelle-France. Il s’agit de la première histoire concernant la musique à l’époque de la colonie française. La première source de Myrand est le Journal des Jésuites de 1645, journal rédigé par le père Jérôme Lalemant. En date du 25 décembre 1645, il est écrit : « Le premier coup de la messe de minuit sonna à onze heures, le deuxième un peu avant la demie, et pour lors on commença à chanter deux airs ».

     Le père Lalemant précise que ces deux chants sont Venez, mon Dieu et Chantons Noé. Humblement, Myrand avoue être incapable de retrouver le premier de ces deux airs. Cependant, il a réussi à trouver les paroles de Chantons Noé dans le Recueil de Cantiques à l’usage du Diocèse de Belley. Le premier couplet se lit comme suit :

Chantons tous à la naissance
Du Rédempteur incarné :
Noé, Noé, Noé, Noé !
Puisque c’est notre croyance,
Entonnons-Lui : Kyrie.

     Le terme Noé, tout comme Nau, Noei, Noë, est utilisé pour Noël au XVIIᵉ siècle. La voix de basse en 1645 est celle de Jean Juchereau de La Ferté. Il est accompagné d’une chorale et de Martin Boutet de Saint-Martin au violon. Le Chantons Noé terminé, un Te Deum est entonné. Puis, un coup de canon est tiré pour donner le signal de minuit, moment où la messe de Noël est commencée.

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