9 juin 1931

Fondation du Jardin botanique de Montréal

Henry_Teuscher_avec_le_frere_Marie-Victorin_a_la_Serre_A-1,_1936

Henry Teuscher avec le frère Marie-Victorin à la Serre A-1, 1936

Photo anonyme (1936)

Source : Médiathèque – Jardin botanique de Montréal

     Dès la fin du XIXᵉ siècle, l’idée de créer un jardin botanique à Montréal circule auprès des milieux initiés. En 1922, Conrad Kirouac, mieux connu comme Marie-Victorin, son nom religieux de frère des écoles chrétiennes, fonde l’Institut de botanique de Montréal. Son travail donne l’impulsion nécessaire au projet de jardin botanique et l’entreprise aboutit le 9 juin 1931 par la fondation du Jardin botanique de Montréal. Le bâtiment administratif et les jardins d’accueil sont construits et aménagés entre 1936 et 1939. Les serres d’exposition, enfin, sont inaugurées en 1956.

     Les débuts sont difficiles. La crise économique des années 1930 provoque un chômage endémique au Québec. Marie-Victorin fait continuellement la promotion du Jardin, notamment par une série d’articles publiés dans Le Devoir. Même si les autorités municipales montréalaises appuient le projet, sa réalisation progresse lentement. En 1932, Marie-Victorin amorce une correspondance avec le botaniste allemand Henry Teuscher, immigré aux États-Unis. Teuscher lui a été recommandé par le directeur du Jardin botanique de New York. Durant quatre ans, ensemble, Teuscher et Marie-Victorin élabore le Programme d’un jardin botanique idéal. En manque de ressources financières, Marie-Victorin écrit en 1935 à son ancien élève, le maire Camilien Houde pour le convaincre d’investir dans le Jardin botanique à l’occasion du tricentenaire de la ville en 1942 : « À votre ville, il vous faudra faire un cadeau, un royal cadeau. Mais Montréal, c’est Ville-Marie. C’est une femme, […] Vous ne pouvez pas lui offrir un égout collecteur ou un poste de police […] Alors, pardieu! Mettez des fleurs à son corsage! Jetez-lui dans les bras toutes les roses et tous les lys des champs ».

     La suite du projet est toute aussi difficile. Les dépenses encourues et les dépassements de budget dans l’aménagement du Jardin soulèvent l’ire de plusieurs membres du gouvernement du Québec. Le ministre Télesphore-Damien Bouchard fait cesser les travaux qui ne reprennent qu’après de rudes négociations. Le gouvernement du Québec accepte alors de procéder à un échange d’immeubles avec la Ville de Montréal afin de trouver un siège à la Cour des jeunes délinquants. Malgré la Seconde Guerre mondiale et la santé chancelante du frère Marie-Victorin, le Jardin botanique de Montréal est sauvé. L’équipe qui entoure le frère dans l’achèvement de l’œuvre est solide : outre Henry Teuscher, elle comprend, Jules et Claire Brunel, Jacques Rousseau, Émile Jacques, Pierre Dansereau, René Meilleur, Roger Gauthier, Marcelle Gauvreau, Ernest Rouleau, Marcel Cailloux, Marcel Raymond, Bernard Boivin, James Kucyniak et Cécile Lanouette. Grâce à leurs efforts, le Jardin botanique se développe et figure aujourd’hui comme un des plus importants au monde.

Par François Droüin; version révisée le 7 juin 2018.

#######