8 novembre 1837

John Colborne recrute des « Loyaux » contre les Patriotes

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Sir John Colborne (Lord Seaton)

Document iconographique anonyme (XIXᵉ siècle)

Source : BAC

     Pour expliquer le début des événements violents en 1837 au Bas-Canada, l’historien Gérard Filteau propose la thèse du complot. Il suggère que John Colborne, commandant en chef des armées des deux Canadas, Adam Thom, rédacteur en chef du Montreal Herald, et Charles Richard Ogden, procureur général du Bas-Canada, prirent entente avec des membres de la « Clique du Château » pour provoquer les Patriotes et susciter des échauffourées violentes. Cette conspiration permet, après l’émeute du 6 novembre 1837 à Montréal, d’émettre des mandats d’arrestation contre les chefs patriotes.

     Colborne préconise une solution militaire pour mater les Patriotes. Il est favorable à ce que les « Loyaux » à la couronne britannique soient armés dans des corps de volontaires ou encore incorporés dans les troupes régulières. Du 8 au 10 novembre 1837, Colborne fait équiper 10 compagnies de 80 hommes. « Plusieurs corps de volontaires seront formés et armés: les Fusiliers Royaux, les Dragons légers de la Reine, la Cavalerie volontaire de Montréal, l’Infanterie légère de Québec, les Volontaires royaux de Québec, les Volontaires de Mégantic, etc. ». Plusieurs de ces corps de volontaires accompagneront ensuite l’armée anglaise dans les combats armés contre les Patriotes.

     Le 16 novembre 1837, des mandats d’arrestations sont émis contre les leaders patriotes dont les députés Louis-Joseph Papineau, Ludger Duvernay, Edmund Bailey O’Callaghan, Édouard-Étienne Rodier et Charles-Ovide Perreault. Colborne met l’armée régulière et les corps de volontaires sur un pied de guerre. Il fait aussi appel aux troupes du Haut-Canada. Rien ne l’arrête dans la répression du soulèvement : après sa victoire militaire du 14 décembre 1837, Colborne autorise la profanation du cadavre du chef patriote Jean-Olivier Chénier en guise d’exemple; de plus, les villages de Saint-Eustache et de Saint-Benoît sont incendiés. Il reçoit alors le surnom de « Vieux-Brûlot ». Colborne reste à la tête des soldats et des volontaires jusqu’à son départ pour l’Angleterre, en octobre 1839. En récompense de ses services, Colborne est nommé au Conseil privé, reçoit une pension annuelle de 2 000 £ et est élevé à la pairie d’Angleterre à titre de premier baron de Seaton.

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