Archive pour la ‘Patriotes’ Catégorie

Robert Nelson, M.D.

Photo : Studio of Inglis (1873)

Source : Bibliothèque et Archives nationales Québec

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Wolfred Nelson

Photo anonyme d’un dessin au crayon de plomb de Jean-Joseph Girouard fait en 1837 (s.d.)

Source : Bibliothèque et Archives Canada

 

     Le 23 novembre 1837, un contingent de 300 soldats de l’armée britannique dirigés par le lieutenant-colonel Charles Stephen Gore attaque le village de Saint-Denis, au sud de la rivière Richelieu. Les troupes anglaises ont marché toute la nuit au froid et à la pluie pour atteindre Saint-Denis où 200 miliciens patriotes les attendent de pied ferme, barricadés dans des bâtiments de pierre à l’entrée du village.

     La bataille tourne à l’avantage des Patriotes. Prévenus de l’arrivée des Anglais, ils bénéficient de l’effet de surprise. Retranchés au sec avec un meilleur positionnement stratégique, les Patriotes repoussent l’attaque des Anglais obligés de manœuvrer dans la boue. Après six heures de combat, Gore sonne la retraite. Les pertes des Patriotes s’élèvent à douze morts et sept blessés. Les Britanniques, eux, comptent six morts, dix blessés et six disparus.

     La victoire des Patriotes est largement attribuable au leadership du docteur Wolfred Nelson. Des proches rapportent qu’il déclare au début du combat : « Un peu de courage et la victoire est à nous »! Ce politicien anglophone paiera cher son titre de héros de Saint-Denis. Capturé comme un traître en décembre 1837, il subit l’année suivante l’exil aux Bermudes loin de sa femme et de ses enfants. Il reviendra à Montréal en 1842 après une procédure de nolle prosequi menée par le procureur général de l’époque, Louis-Hyppolite La Fontaine.

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«Pendaison de Charles Hindenlang personnifié par Frédérick Gilles dans le film 15 février 1839»

Photo : Alain Dostie (2001)

Source : Éléphant — Mémoire du cinéma québécois

     Charles Hindenlang est né à Paris en 1810. Ses parents sont des commerçants d’origine suisse protestante. Militaire depuis la révolution de juillet 1830, il est à New York en 1838. Il fait la rencontre de Ludger Duvernay et est recruté par l’armée patriote. Avec un autre officier français et deux officiers polonais, il est envoyé à Rouses Point dans l’État de New York. De là, il traverse la frontière vers le Bas-Canada en compagnie de Robert Nelson avec qui il a planifié une stratégie pour attaquer la colonie britannique. Arrivé à Napierville, dans la nuit du 3 au 4 novembre 1838, Hindenlang est chargé d’apprendre les manoeuvres tactiques aux Frères chasseurs, la branche militaire des Patriotes.

     Des problèmes surviennent dans l’approvisionnement en armes de l’armée patriote et la stratégie d’envahissement du Bas-Canada doit être modifiée. Une attaque contre Odelltown est planifiée pour le 9 novembre. Nommé brigadier général des Frères chasseurs, Hindenlang dirige une des trois colonnes de soldats lors de la bataille. Ses hommes et lui s’installent derrière une grange pour se battre contre les volontaires loyaux réfugiés dans l’église d’Odelltown. Lorsque le feu est mis à la grange, Hindenlang et sa troupe font jonction avec les hommes de Nelson à la clôture d’entrée d’Odelltown. D’abord victorieux, les Patriotes doivent retraiter d’Odelltown lorsque les volontaires loyaux reçoivent des renforts.

     Face à la supériorité numérique de l’armé britannique, les chefs patriotes décident de retourner aux États-Unis. Le 10 novembre, dans sa fuite, Charles Hindenlang est capturé par les Britanniques. Expédié à Montréal., il est écroué à la prison Pied-du-Courant le 14 novembre 1838. Les autorités anglaises font alors circuler une déclaration et des écrits d’Hindenlang qui incriminent Robert Nelson, allant même jusqu’à le traiter de fourbe, de lâche et de vendu. L’origine et la véracité de ces écrits sont contestées par la suite. Le 22 janvier 1839, il passe en cour martiale et deux jours plus tard, il est condamné à mort. Le 15 février 1839, il montre sur l’échafaud en criant : « Vive la liberté »!

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