Archive pour la ‘Patriotes’ Catégorie

«Bataille de la taverne Montgomery’s Tavern, 7 December 1837»Photo anonyme d’une gravure anglaise (s.d.)Source : Gouvernement du Canada

 

     La bataille de Montgomery’s Tavern en 1837 a son origine dans le mécontentement des habitants du Haut-Canada, exaspérés par un gouvernement oligarchique qualifié de «Family Compact» par William Lyon Mackenzie. Une petite clique était alors nommée à tous les postes importants et abusait de son pouvoir sur le peuple. Les députés radicaux, dirigés par MacKenzie, dénoncent ce favoritisme. D’autres députés plus modérés, comme Robert Baldwin, s’opposent aussi aux privilèges grandissant octroyés aux membres du «Family Compact» du Haut-Canada durant les quatre première décennies du XIXᵉ siècle.

     À la nouvelle de la victoire des Patriotes à Saint-Denis, des radicaux regroupés autour de Mackenzie prennent le nom de «Patriots» et tentent de renverser le gouvernement pour constituer une république. Au début de décembre 1837, Mackenzie et 800 hommes se regroupent à la taverne Montgomery au nord de Toronto. L’occasion est belle car les troupes régulières de l’armée britannique sont absentes de la capitale du Haut-Canada. Le 5 décembre, une première escarmouche avec les miliciens loyalistes se solde par deux morts. Le 7 décembre 1837, cette même milice, forte de 900 hommes et de deux canons, attaque les troupes de Mackenzie. Après un bref combat, les «Patriots» sont défaits: Mackenzie est en fuite aux États-Unis et ses principaux lieutenants sont capturés.

     Situé au coin de la rue Yonge et de l’avenue Montgomery, la «Taverne-de-Montgomery» est aujourd’hui reconnue comme un lieu historique national du Canada.  Un plaque commémorative se retrouve au nord du bureau de poste érigé sur le site de l’ancienne taverne. Ce lieu a été désigné en 1925 parce qu’il se trouve là où était le quartier général de Mackenzie durant la bataille du 7 décembre. Même si la taverne est rasée en 1837 par le feu par les troupes du colonel James Fitzgibbon, son souvenir est commémoré pour l’importance historique de la révolte dans le Haut-Canada dans l’union législative des Canadas et dans l’éventuel octroi du gouvernement responsable.

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«L’arrestation d’un Patriote»Reproduction d’un dessin anonyme datant de ca1837-1838 (2000)Source : www.1837.qc.ca

     Au début de novembre 1838, le Conseil spécial du Bas-Canada émet une ordonnance pour suspendre l’habeas corpus. C’est la seconde fois en un an que cette mesure d’exception est appliquée. L’arrestation de 855 Patriotes va suivre : 816 à Montréal, 19 à Sherbrooke, 18 à Québec et 2 à Trois-Rivières. Le 27 novembre 1838 la cour martiale est instituée pour juger 108 Patriotes.

     Entre le 6 décembre 1838 et le 1ᵉʳ mai 1839, ce sont 108 Patriotes du Bas-Canada qui sont traduits en cour martiale. De ce nombre, seulement neuf sont acquittés alors que les 99 autres sont condamnés à mort. Parmi ceux-ci, 12 sont pendus en public; 58 voient leur peine commuée en déportation vers l’Australie, 26 sont libérés sous caution et 3 sont libérés sous condition.

     La répression du mouvement patriote au Bas-Canada est cependant beaucoup plus intense dans son ensemble.  Pour en saisir l’ampleur, il faut tenir compte de tous ceux qui ont été emprisonnés, déportés, exilés ou pendus entre 1837 et 1840 pour avoir été un Patriote. C’est un total de 1 366 hommes qui sont incarcérés : 228 en 1837, 890 en 1838, 119 en 1938 et un en 1840.

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Battle of St. CharlesPhoto anonyme d’une aquarelle attribuée à Charles Beauclerck en 1837 (s.d.)Source : BAC C-130814

     Le 16 novembre 1837, des mandats d’arrêt sont émis contre Louis-Joseph Papineau et 25 autres Patriotes. Les troupes anglaises dirigées par George Augustus Wetherall marchent alors sur la vallée du Richelieu afin de seconder l’armée du colonel Charles S. Gore.

     Le 25 novembre, les 420 hommes de Wetherhall appuyés par deux pièces d’artillerie et un détachement d’une vingtaine de membres de la Royal Montreal Cavalry attaquent les Patriotes à Saint-Charles sur Richelieu. Ces derniers sont dirigés par Thomas Storrow Brown, récemment nommé «général» par les Fils de la Liberté. Le combat est inégal. Brown quitte rapidement le champ de bataille pour chercher du renfort. Après deux heures de fusillades, les Anglais chargent à la baïonnette et provoquent la déroute des Patriotes.

     Les Anglais comptent 3 morts. Du côté des Patriotes, le nombre de défunts dénombrés dépend de l’intérêt de la source à magnifier la victoire anglaise. Certains historiens anglais avancent le chiffre de 150 défunts. Le registre des sépultures de Saint-Charles mentionnent 24 morts de la paroisse et quelques autres d’ailleurs au Bas-Canada.

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