Archive pour la ‘Au XXe siècle’ Catégorie

Enseigne en anglais faisant l’objet de poursuites de la part de l’Office de la langue françaisePhoto : Henri Rémillard (vers 1977)Source : Office du film du Québec

     Le 26 août 1977, le gouvernement du Parti Québécois dirigé par René Lévesque faut adopter la Charte de la langue française par l’Assemblée nationale du Québec ; c’est le début de la loi 101. Cette législation est parrainée par le docteur Camille Laurin, ministre d’État au Développement culturel dans le gouvernement Lévesque. Commentant la loi 101, il déclare : «Il ne faisait pas de doute pour moi que le Québec majoritairement français, ne pouvait avoir qu’une seule langue officielle, commune à tous ses habitants, langue de la communication et de la cohésion sociale, langue d’usage de l’administration et de toutes les institutions qui en dépendent, langue de la vie collective, milieu de vie où se meuvent avec aisance et bien-être ceux qui l’utilisent pour atteindre à leur plein développement sur tous les plans».

     La loi 101, dans le contexte de l’élection du Parti Québécois, apparaît comme un véritable projet de société. Il s’agit d’un acte d’affirmation identitaire et linguistique. Dès le premier avril précédent, le docteur Laurin avait présenté un livre blanc sur intitulé La politique québécoise de la langue française. Après de longues discussions, le contenu du livre blanc est traduit en projet de loi pour être débattu par les députés québécois.  La loi est finalement adopté par 54 voix contre 32. Elle fait du français la langue officielle du Québec dans la législation, la justice, l’administration publique, le travail , le commerce, l’affichage et l’enseignement.

     S’opposant à la loi 101, Pierre Trudeau déclare que la Charte ramène le Québec des siècles en arrière, à un véritable âge des ténèbres. Il fustige le gouvernement Lévesque qui veut ainsi faire du Québec une société ethnique.  La Charte des droits et liberté que le gouvernement fédéral qu’il dirige impose au Québec en 1982 vise notamment à contrecarrer en priorité les effets de la loi 101 : dans la charte canadienne, les droits linguistiques des individus sont élevés au rang de droits fondamentaux et sont soustraits à la clause nonobstant ; tous les autres droits de la personne, eux, sont assujettis à la clause dérogatoire.

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«Reddition de la garnison allemande de Paris signée par le général Dietrich Von Choltiz, reçue par le général Philippe Leclerc et contresignée par le colonel Henri Rol-Tanguy»Document conservé au Musée de l’Armée à Paris photographié par Gind2005 (2012)Source : Wikimedia Commons

     Le 23 août 1944, les troupes françaises du général Leclerc font fi des ordres de l’état-major allié. Elles foncent sur Paris afin d’aider leurs compatriotes de la Résistance. Ces derniers ont fomenté une insurrection dans la capitale en organisant, dès le 10 août, une grève des cheminots. La révolte populaire s’est alors étendue rapidement à toute la ville. La Libération de Paris est devenue une priorité nationale pour la France libre. Cette décision force la main des Américains qui acceptent de venir en renfort.

     Des combats de guérilla urbaine font rage dès le 19 août entre les troupes de la Wermatch qui sont attaquées par la police française et les forces de l’intérieur de la Résistance. La charge des Alliés sur Paris permet à la 4ᵉ division d’infanterie américaine d’entrer dans la ville. La 2ᵉ division blindée française commandée par Leclerc suit immédiatement.

     Le 25 août, les Allemands capitulent devant les troupes françaises. En fin d’après-midi, le général Charles de Gaulle arrive à Paris et reçoit le document officiel de la reddition des mains du général Leclerc. Il se rend à l’Hôtel de ville et improvise un discours : «Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré…».

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«Anne Baxter»Photo anonyme extraite de la bande-annonce deI confess (1953)Source : Wikimedia Commons

 

     I Confess est un film réalisé par Alfred Hitchcock en 1952. Ce film noir raconte l’histoire du père Michael Logan accusé injustement du meurtre sordide d’un avocat bien connu.  En fait, le père Logan, interprété par Montgomery Clift, connait l’identité du tueur mais ne peut la révéler car il est lié par le secret de la confession. L’enquête révèle que Logan a un motif pour commettre le meurtre puisque que l’avocat défunt faisait chanter Ruth Grandfort, interprétée par Anne Baxter qui joue le rôle de la femme d’un politicien en vue. Le sujet du chantage est la liaison amoureuse secrète et interdite qu’elle avait eu avec le père Logan après l’ordination de ce dernier.  Logan est traduit en justice pour le meurtre mais le procès aboutit à son acquittement malgré le doute qui subsiste sur sa culpabilité.  Le suspense se termine lorsque le père Logan est attaqué par la foule et que la femme du meurtrier, rongée par le remord, révèle publiquement l’identité du coupable.

     Fidèle à son habitude, Hitchcock apparaît dès le début du film. Sa silhouette traverse l’écran, en haut d’un escalier, parmi la multitude de lignes droites que dessinent les marches, les rampes, les bâtiments et les trottoirs. Puis, le film enchaîne avec l’intrigue. Le ton est donné : la ligne droite devient la forme géométrique qui va guider l’esthétique du film. De suite, la droite devient le signe de la rectitude morale du père Logan, qui refuse coûte que coûte de rompre le secret de la confession.  Au contraire, les courbes du film sont associées au mal : l’ombre de l’assassin est arrondie ; l’escalier où se rencontre Logan et sa maîtresse est en colimaçon ; etc.

     Le film est entièrement tourné à Québec avec l’utilisation de l’intérieur de l’église de Saint-Zéphirin-de-Stadaconna.  Phénomène rare pour l’époque, les films américains sont alors tournés surtout aux États-Unis. La nécessité d’une ville à large majorité catholique peut avoir été une des raisons du choix de ce lieu de tournage. Quelques acteurs québécois participent au tournage dont Ovila Légaré qui joue le rôle de l’avocat Villette et Gilles Pelletier qui interprète le frère Benoît.

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