5 octobre 1970

Enlèvement de James Cross par le FLQ

5 octobre 1970  Enlèvement de James Cross par le FLQ



« Première page du quotidien Le Journal de Québec, 6 octobre 1970 »

Source : Le Journal de Québec, vol. IV, no.179, p. 1

      L’enlèvement du délégué commercial britannique James Richard Cross le 5 octobre 1970 marque, pour plusieurs historiens, le début de la Crise d’octobre. Ce geste concrétise la radicalisation de l’extrême-gauche de l’idéologie nationaliste au Québec. Au cours des années précédentes, les explosions ciblées de bombes avaient montré l’assurance du Front de libération du Québec dans l’action terroriste. L’enlèvement de J. R. Cross suivi cinq jours plus tard par celle du ministre québécois du Travail, Pierre Laporte, provoque une escalade de la violence politique au Québec. Il s’agit du premier enlèvement politique en Amérique du Nord.

     Ce sont les membres de la cellule Libération du FLQ qui enlève James R. Cross à son domicile de la rue Crescent à Westmount. En échange de sa libération, ses ravisseurs exigent la libération d’une vingtaine de prisonniers dit politiques. Ils demandent aussi 500 000 $ en or, la publication et la diffusion d’un manifeste, la révélation des informateurs de la police sur leurs activités, un avion pour Cuba ou l’Algérie et le réemploi de 400 employés de l’entreprise Lapalme par Postes Canada suite à leur mise à pied. Le FLQ menace d’exécuter Cross si leurs demandes ne sont pas remplies dans un délai de 48 heures.

     La suite des événements est connue : lecture du Manifeste du FLQ sur les ondes de la télévision d’État, enlèvement et assassinat de Pierre Laporte, présence massive de l’armée au Québec, etc. Pour expliquer la promulgation de la Loi des mesures de guerre en temps de paix, le gouvernement fédéral invoquera l’état d’insurrection appréhendée et la requête faite par le premier ministre du Québec, Robert Bourassa. « En fait, l’explication est simple : le pouvoir politique à Québec se sentait dépourvu, autant sur le plan légal que moral, après l’enlèvement du diplomate James Richard Cross le 5 octobre ». Finalement, le 3 décembre suivant, James Cross est libéré en échange d’un sauf-conduit vers Cuba pour ses ravisseurs.

Par François Droüin; version révisée le 26 septembre 2019.

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