3 décembre 1970

Libération de James R. Cross


« Deux des ravisseurs, Marc Carbonneau et Jacques Lanctôt, et le diplomate James Cross »
Photos publiées en page 8 du Guide de Montréal-Nord (9 décembre 1970)
Source : Archives de la Société d’histoire et de généalogie de Montréal-Nord

Le 5 octobre 1970, l’attaché commercial britannique James Richard Cross est enlevé par le Front de libération du Québec (FLQ). La cellule Libération revendique cet enlèvement. Les membres de cette cellule sont Jacques Lanctôt, Louise Lanctôt, Jacques Cossette-Trudel, Marc Carbonneau, Yves Langlois et Nigel Hamer. La Crise d’octobre 1970 débute ainsi avec l’enlèvement du diplomate James R. Cross

Pour le relâcher, le FLQ pose six conditions, dont la libération de prisonniers politiques incarcérés au Québec, le versement d’une rançon de 500 000 $ et la publication de son manifeste dans les journaux du Québec. Trois jours après l’enlèvement, le 8 octobre, le manifeste du FLQ est lu sur les ondes de Radio-Canada. En voici un extrait : « Travailleurs du Québec, commencez dès aujourd’hui à reprendre ce qui vous appartient; prenez vous-mêmes ce qui est à vous. Vous seuls connaissez vos usines, vos machines, vos hôtels, vos universités, vos syndicats; n’attendez pas d’organisation-miracle ».

Après 59 jours de séquestration, le 3 décembre 1970, James R. Cross est libéré. Deux jours auparavant, la police avait arrêté Jacques Cossette-Trudel et Louise Lanctôt à leur sortie du 10945, rue des Récollets à Montréal-Nord. Les forces de l’ordre ont la conviction que c’est là que Cross est détenu par le FLQ. L’Opération Cordon impliquant l’armée canadienne est alors déployée. Après plusieurs heures de négociation, les ravisseurs acceptent d’échanger leur prisonnier contre un sauf-conduit pour Cuba. Dans une entrevue au journal Le Devoir, en 2020, quarante ans plus tard, James R. Cross soutient que ses conditions de détention furent éprouvantes. Il déclare alors : « J’ai toujours cru que j’allais mourir ».

« Vers 14 h, la Chrysler transportant James R. Cross quitte le 10945, des récollets»
Photo : Service de police de la Ville de Montréal (1970)
Source : Robert Côté (2010). « L’opération Cordon : le dénouement de la crise d’Octobre» dans Capsules historiques, https://spvm.qc.ca/upload/capsules_historiques/2010/Dhieraaujourdhui_autopsieduneoperation_novembre2010_%20L’op%C3%A9ration%20Cordon%20-%20le%20d%C3%A9nouement%20de%20la%20crise%20d’octobre.pdf; (page consultée le 4 décembre 2025)

Par François Droüin; version révisée le 4 décembre 2025.

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