12 septembre 1810

Londres rejette l’union du Bas-Canada et du Haut-Canada

James_Henry_Craig_1806

Portrait de Sir James Henry Craig, vers 1806-1807

Photo anonyme d’une huile sur toile de Thomas Lawrence datant de 1806-1807 (s.d.)

Source : Wikimedia Commons

     Le gouverneur James Henry Craig préconise l’assimilation des Canadiens : ils parlent français et ne sont pas de culture britannique; ils représentent donc un danger pour l’Angleterre, surtout en cette époque de guerre napoléonienne. Il propose à Londres d’unir le Bas-Canada et le Haut-Canada; de plus, il souhaite une sur-représentation des Cantons de l’Est à la Chambre d’assemblée afin d’y assurer la suprématie de la représentation britannique. Il est même prêt à abolir cette assemblée et à constituer un conseil aristocratique et britannique pour diriger la colonie.

     Le 12 septembre 1810, Londres rejette sa proposition. Sa Majesté juge inopportun d’abroger la constitution en vigueur depuis 1791; rejet également de l’idée d’unir les deux Canada ou de procéder à une nouvelle division des districts électoraux. Le gouvernement britannique reconnaît les défauts de la loi de 1791 mais refuse de la changer pour plusieurs raisons : maladie du roi George III, conjoncture politique internationale et divergence de vues des hauts fonctionnaires sur les solutions à appliquer. La menace de guerre avec les États-Unis pèse aussi lourd sans la balance.

     Dans la lettre confidentielle que Craig reçoit, les instructions sont claires. Le gouverneur doit mettre en lumière les bienfaits des pratiques libérales britanniques et il doit chercher à se concilier la Chambre d’assemblée. On lui recommande de chercher à s’allier avec les députés de langue française les plus modérés tout en se ménageant l’appui de tous les députés anglophones. Cette approche vise à mettre les mécontents en minorité et à favoriser la prospérité du Bas-Canada. Le projet d’union des Canada est reporté à plus tard.

Par François Droüin; version révisée le 28 novembre 2018.

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