Archive pour la ‘Le Québec contemporain’ Catégorie

«Jacques Parizeau, homme politique»

Photo : Jim Merrithew (vers 1995)

Source : http://www.encyclopediecanadienne.ca

 

     Le 30 octobre 1995 : c’est la date du référendum sur la souveraineté du Québec. Plus de 93% de la population se déplace pour aller aux urnes, pour un des grands rendez-vous de l’histoire du Québec. Il faut dire, comme l’a souligné Mathieu Bock-Côté lors d’une conférence organisée par la Fondation Lionel-Groulx, que «L’aspiration à l’indépendance traverse l’histoire du Québec». Rappelons que 12 septembre 1994, le Parti Québécois dirigé par Jacques Parizeau prend le pouvoir et forme un gouvernement majoritaire. Parizeau a pris l’engagement d’organiser rapidement un référendum sur la souveraineté du Québec et il tient parole.

     Les forces souverainistes forment une large coalition. Le camp du OUI a Lucien Bouchard du Bloc Québécois comme négociateur en chef. Mario Dumont, chef de l’Action démocratique, appuie aussi l’option souverainiste. Du côté du NON, le porte-parole officiel est Daniel Johnson, chef du Parti Libéral du Québec mais c’est le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, qui tire véritablement les ficelles du Comité du NON. Le 25 octobre 1995, il prononce une allocution télévisée dans laquelle il s’engage à reconnaître le Québec comme une société distincte. Il demande aux électeurs québécois : «Avez-vous une raison , une seule bonne raison de détruire le Canada ?». Deux jours plus tard, une grande manifestation est organisée à Montréal pour démontrer l’amour que le Canada a pour le Québec.

     La question posée le 30 octobre 1995 est : «Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur l’avenir du Québec et de l’entente signée le 12 juin 1995 ?». Le Québec est divisé : 2 308 360 OUI et 2 362 648 NON. Le rejet de l’option souverainiste est dur à accepter pour les partisans de l’indépendance du Québec. Jacques Parizeau prononce un discours le soir même et affirme : «Nous avons été battus par l’argent et des votes ethniques». Plusieurs dénoncent par la suite cette affirmation même si elle correspond à l’analyse du vote. Pierre Drouilly, par exemple, conclut son étude des résultats du vote en écrivant : «Même si l’on peut estimer inopportune cette déclaration de Jacques Parizeau, car elle était sans doute inélégante dans la bouche d’un chef d’État de la part duquel on attend un discours rassembleur et non pas un discours vengeur, cette déclaration exprime néanmoins dans une formule saisissante une vérité incontournable».

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«Le Cabinet Godbout en 1939»

Photo : Canada Wide (1939)

Source : Wikimedia Commons

     Le 25 octobre 1939, l’Union nationale dirigée par Duplessis est balayée du pouvoir par les libéraux d’Adélard Godbout. À l’issu du scrutin, les troupes de Godbout font élire 69 députés contre 15 pour celles de Duplessis ; un député libéral indépendant est aussi élu. Le contexte de l’éventuelle participation du Canada à la Seconde Guerre mondiale est primordial pour bien comprendre cette élection.

     Lorsque Duplessis déclenche des élections anticipées en septembre 1939, il mise sur l’opposition des Québécois à une participation à la guerre. Immédiatement, tous les députés fédéraux du gouvernement libéral de William Lyon Mackenzie King s’engagent dans la campagne électorale afin de défaire Duplessis. Le lieutenant québécois de King, Ernest Lapointe affirme publiquement que les ministres québécois à Ottawa vont démissionner en bloc si l’Union nationale est réélue.

     Cette menace d’isolement frappe l’électorat québécois. Lapointe a conclu un pacte avec King ; oui, le Canada appuiera son allié et sera en guerre si l’Angleterre déclare la guerre, mais la participation des Québécois se fera sur une base volontaire. Bref, la conscription est exclue. Ce thème alimente la campagne électorale au Québec. Le 30 septembre, Godbout déclare : «Je vous affirme avec toute la force dont je suis capable que le gouvernement d’Ottawa ne décrétera jamais la conscription militaire tant que vous laisserez la politique libérale diriger vos destinées». Le 4 octobre, Duplessis réplique : «un vote pour Maurice Duplessis, c’est un vote pour l’autonomie…contre la conscription». Qu’à cela ne tienne, l’électorat appuie les libéraux avec 54,1% du vote populaire contre 39,13% pour l’opposition.

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«Découverte de la dépouille de Pierre Laporte»

Photo : Robert Nadon (1970)

Source : Archives La Presse

     Le Front de Libération du Québec est un mouvement politique radical prônant la lutte armée comme moyen de faire l’indépendance du Québec. Groupe marginal, le FLQ commet plusieurs attentats durant les années 1960. En 1970, deux cellules du FLQ provoquent une crise au Québec. Le 5 octobre 1970, la cellule «Libération» enlève le diplomate britannique James Richard Cross. Cinq jours plus tard, la cellule «Chénier» enlève Pierre Laporte, ministre du Travail et de l’Immigration et vice-premier ministre du Québec.

     La Loi sur les mesures de guerre est alors proclamée pour la première fois en temps de paix.  Le 17 octobre 1970, après sept jours de séquestration, Pierre Laporte est retrouvé mort dans le coffre arrière d’une voiture stationnée à l’aéroport de Saint-Hubert.

     Les détails de la mort de Laporte reste un sujet de controverse. Certains affirment qu’il a été froidement exécutés.  D’autres affirment qu’il n’a pas survécu à une tentative d’évasion durant sa captivité. Même le procès de ses agresseurs n’a pas réussi à faire la lumière sur cet événement marquant de la Crise d’octobre de 1970.

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