
Aquarelle sur crayon d’Eleanor Fortescue-Brickdale (avant 1927)
Source : Bibliothèque et Archives Canada
En 1663, la Nouvelle-France devient une province royale. Louis XIV décide de soutenir le peuplement en s’attaquant au problème démographique de la disproportion numérique entre les habitants des deux sexes dans la colonie. Le problème semble simple aux yeux du monarque : il n’y a pas assez de femmes en Nouvelle-France pour assurer son peuplement. Son ministre des finances, Jean-Baptiste Colbert, dirige alors vers Québec un mouvement d’immigration féminine. Ce sont les Filles du roi!
Le premier contingent arrive à Québec le 22 septembre 1663. Trente-six femmes forment le groupe. Le roi assure leur traversée à ses frais et s’engage à les vêtir. Ce sont 764 « Filles du Roy » comme les nomma Marguerite Bourgeoys en 1698, qui s’établissent en Nouvelle-France de 1663 à 1673. D’origine modestes, souvent orphelines, les filles sont choisies selon des critères stricts et des certificats de bonne conduite afin de justifier les largesses royales à leur égard. Plusieurs recherches historiques montrent qu’on est loin de la mauvaise réputation que certains leur ont affublée.
Dans un pays où il y a six fois plus d’hommes que de femmes, elles trouvent rapidement un époux intéressant. En peu de temps, ces filles à marier, comme les surnomment leurs contemporains, contribuent à la hausse du taux de natalité dans la colonie. L’intendant Jean Talon appuie d’ailleurs leur présence et facilite leur venue. La Société d’histoire des Filles du Roy s’affaire maintenant à faire connaître leur histoire.

Aquarelle de Charles William Jefferys (vers 1925)
Source : Bibliothèque et Archives Canada
Par François Droüin; version révisée le 22 septembre 2025.
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