6 janvier 1997

Gerry Roufs ne répond plus

Gerry Roufs à l’entraînement en octobre 1996

Photo : L’Équipe/Bardou (1996)

Source : www.leparisien.fr

     Seize concurrents prennent le départ de la troisième édition du Vendée Globe en novembre 1996. Gerry Roufs, de Montréal, est le skipper du voilier Groupe LG2 pour cette régate en solitaire autour du monde sans escale. À la barre de ce voilier monocoque mauve et vert de 60 pieds, Roufs est loin de se douter qu’il ne mettra plus jamais les pieds à terre. Ce marin s’attend plutôt à lutter pour remporter la course. En janvier 1997, Roufs navigue dans le Pacifique Sud, très au large du Chili. Il est en deuxième position, derrière Christophe Auguin, l’éventuel vainqueur de l’épreuve.

     Mais la mer n’est pas belle. Derrière lui, trois concurrents ont déjà chaviré mais ont été rescapés. Le 6 janvier 1997, la météo se déchaîne. Isabelle Autissier, hors course en raison d’une avarie, est à moins de 100 miles nautiques de Roufs.  Elle se souvient : « C’était comme un ouragan. Les vagues étaient immenses. Mon bateau s’est couché six fois mais heureusement il s’est remis du bon côté. On échangeait des messages avec Gerry pour se réconforter. A un moment donné, il n’a plus répondu. Au bout de deux ou trois heures, je me suis inquiétée et j’ai alerté l’organisation de la course ».

     Le 7 janvier, les organisateurs du Vendée Globe reçoivent un dernier message de Gerry Roufs : « Les vagues ne sont plus des vagues, elles sont hautes comme les Alpes ». Ce jour-là la balise de détresse de Groupe LG2 cesse d’émettre. Juillet 1997, la quille retournée du voilier est repérée au large par un avion de la marine chilienne. Août 1998, l’épave est retrouvée sur l’île Atalaya au Chili. Le corps de Gerry Roufs n’a jamais été retrouvé.

Par François Droüin; version révisée le 26 avril 2019.

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