Archive pour la ‘Nouvelle-France’ Catégorie

A Plan of the Town and Fort of Carillon at Ticonderoga Reproduction anonyme d’un plan de Thomas Jefferys datant d’environ 1758 (s.d.) Source : BANQ

      Le fort Carillon est situé au sud du lac Champlain. Il domine l’accès à la rivière Hudson. Durant la guerre de la Conquête, le marquis Louis-Joseph de Montcalm y commande une force militaire de 3 500 soldats. En juillet 1758, cette armée attend de pied ferme les 15 400 combattants de l’armée britannique. Les troupes françaises sont retranchées sur les hauteurs de Carillon à la veille de la bataille.

    Plusieurs historiens ont critiqué la stratégie du général James Abercrombie lors de l’affrontement. Plutôt que de contourner les lignes françaises et d’installer son artillerie, les Anglais firent une attaque brusquée de front.  Les résultats sont désastreux : le 8 juillet 1758, à la fin de la journée de la bataille, les troupes françaises contrôlent le terrain en ayant infligé de lourdes pertes à leurs assaillants.

    La bannière portée par les Français est la source d’un des plus grands mythes de l’histoire du Québec. Ses fleurs de lis sont probablement à l’origine du drapeau du Québec. Le drapeau de Carillon est maintenant exposé au Musée de l’Amérique française à Québec.

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«Le fort Niagara, vu du lac Ontario»Photo : Omegatron (2007)Source : Wikimedia Commons

    Le fort Niagara est situé à l’embouchure de la rivière du même nom. Aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, c’est un établissement stratégique pour le contrôle des Grands Lacs et l’accès au coeur de l’Amérique du Nord. Un premier poste, nommé fort Conti, y est établi en 1679 par les Français. Le fort Denonville lui succéde en 1687. L’impressionnante construction en pierre actuelle date de 1726.  Le bâtiment principal porte d’abord le nom de «Maison de la Paix», pour ne pas offenser les Amérindiens. Gaspard Chaussegros de Léry le nomme ensuite le «Château français». C’est cet ensemble de bâtiments qui devient le fort Niagara et qui est agrandi en 1755.  Située en territoire iroquois, cette fortification domine la route vers la vallée de l’Ohio.

     Durant la guerre de la Conquête, les troupes britanniques cherchent à démanteler le réseau de forts construit par les Français dans les Grands Lacs afin d’affaiblir la colonie française établie dans la vallée du Saint-Laurent.  Cette stratégie porte fruit : en 1758, le fort Duquesne, situé au bord de la Monongahela, est abandonné et rasé par ses occupants français. Ceci laisse place à la construction par les Britanniques du fort Pitt, sur l’actuel site de la ville de Pittsburgh.

      Le 6 juillet 1759, les troupes anglaises dirigées par John Prideaux poussent la pression plus au nord. Ils amorcent alors le siège du fort Niagara. Frappé par un boulet mortel lors des premiers combats, Prideaux est remplacé par William Johnson.  Supérieurs en nombre, les Anglais repoussent alors les renforts français lors de la bataille de La Belle Famille. Le contingent dirigé par Johnson obtient finalement la reddition du fort Niagara le 25 juillet suivant. La principale route de la traite des fourrures est désormais coupée pour les Français.

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Les 3 rivieresPhoto anonyme d’un plan anonyme dressé en 1685 (s.d.).Source : Wikimedia Commons

     En 1634, Samuel de Champlain commande la construction d’un poste fortifié à l’embouchure des Trois-Rivières. Dans le delta de l’actuelle rivière Saint-Maurice, l’endroit est fréquenté depuis des générations par les Amérindiens qui y convergent pour y effectuer des échanges commerciaux. Jacques Cartier a visité l’endroit en 1535 et a planté une croix sur l’île Saint-Quentin. La configuration des îles à cet endroit inspire le nom de Trois-Rivières à François Gravé du Pont en 1599. Dès 1610, les Français s’y rendent à chaque été pour participer au trafic des fourrures.

     Champlain est bien conscient qu’il est dans l’intérêt de la Nouvelle-France de se rapprocher des Grands Lacs et des réseaux commerciaux amérindiens afin de s’assurer du meilleur approvisionnement possible en fourrures.  Voilà pourquoi il envoie un de ses lieutenants fonder un second établissement permanent.  Le 4 juillet 1634, Monsieur de Laviolette débarque aux «Trois rivières» avec les pères jésuites Jean de Brébeuf et Antoine Daniel ainsi qu’un groupe d’artisans. Laviolette, personnage obscur dont la biographie reste à faire avec certitude, a comme mission d’établir un poste de traite permanent. Au pied du Platon, sur le tertre ceint d’une palissade en pieux, protégés des assauts iroquois, les premiers Trifluviens, une trentaine de pionniers, commencent le développement de la ville.

     Cette habitation fortifiée remplace les ruines des palissades abandonnées par les Algonquins. La petite agglomération se développe ensuite au rythme du commerce des fourrures. En 1663, Trois-Rivières devient le siège d’un gouvernement local. Sa population ne dépasse pas 600 habitants lors de la conquête anglaise en 1760.

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