Archive pour la ‘Nouvelle-France’ Catégorie

«Kateri Tekakwitha»

Photo d’une peinture à l’huile de 1690 du jésuite Claude Chauchetière. Diocèse de Saint-Jean-Longueuil (2012)

Source : Wikimedia Commons

 

     Dimanche le 21 octobre 2012, le pape Benoit XVI procède à la canonisation de sept bienheureux. Parmi eux se trouve Kateri Tekakwitha née en 1656 dans l’État de New-York.  Son père est un Agnier et sa mère est une Algonquine chrétienne. Elle est baptisée à l’âge de 20 ans, le jour de Pâques 1676 et reçoit le prénom de Kateri. Sa conversion au christianisme lui attire des problèmes de la part d’autres membres de sa tribu qui n’acceptent pas ses croyances religieuses. Sans renoncer à ses convictions religieuses, elle se réfugie à la mission Saint-François-Xavier, près de Montréal, où elle mène une vie ordinaire tout en restant fidèle à l’amour de Jésus, à la prière et à l’Eucharistie quotidienne.

     Kateri Tekakwitha est la première femme autochtone d’Amérique du Nord à être élevée au rang de sainte. Le miracle ayant conduit à sa canonisation est lié à la guérison d’un jeune bambin de 5 ans atteint de la bactérie mangeuse de chair à la tête. Sa maladie avait été déclarée fatale par ses médecins traitants jusqu’à ce que des prières d’intercession à Kateri Tekakwitha soient faites par la famille, à la suggestion d’une religieuse catholique. L’enfant est aujourd’hui rétabli sans séquelle.

     Kateri Tekakwitha est morte à l’âge de 24 ans. L’année précédente, elle avait fait voeu de virginité. Elle tombe gravement malade en 1680 et décède en avril de cette année-là, durant la semaine sainte. Défigurée par la petite vérole qu’elle a contracté dans sa jeunesse, son visage reprend merveilleusement ses traits à son décès. Une série de faveurs liées à son intercession surviennent rapidement après sa mort et sa dévotion se répand dans la colonie et ailleurs. Sa dépouille est conservée à Kanawahke.

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«Portrait de Jean Talon»

Photo anonyme d’une huile sur toile de 1671 attribuée au frère Luc et conservée au monastère des Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec (s.d.)

Source : André Vachon, Victorin Chabot et André Desrosiers, Rêves d’empire. Le Canada avant 1770 (1982)

     En 1670, Jean Talon est de retour en Nouvelle-France. Il est mandaté par le ministre français Jean-Baptiste Colbert pour peupler la colonie. Plusieurs mesures sont mises sur pied par le célèbre intendant. Il favorise l’immigration et facilite le recrutement d’engagés. Il incite aussi plusieurs soldats du régiment de Carignan à «s’habituer» au pays.

     Engagés, soldats et colons doivent fonder des foyers. L’objectif est d’encourager la nuptialité et la natalité. Les parents des jeunes gens demeurant célibataires sont convoqués par l’intendant pour s’expliquer. Talon va encore plus loin pour forcer la formation de couples : le 20 octobre 1671, il émet une ordonnance «pour forcer les célibataires à épouser les filles arrivant de France, sous peine d’être privés des privilèges de pêche, chasse et traite des fourrures».

     Durant cette période, une importante immigration féminine est dirigée vers la colonie.  Ce sont les Filles du Roi.  À une époque où le voyage vers la Nouvelle-France attire peu de femmes, Colbert met sur pied un système de recrutement pour aider au peuplement.  Près d’un millier de femmes, souvent orphelines ou très jeunes, est embauché pour faire la traversée et oeuvrer comme pionnières de la colonie naissante.

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«Monument des saints martyrs canadiens devant l’église Saint-Michel à Sillery»

Photo : Jeangagnon (2015)

Source : Wikimedia Commons

     Selon la Relation des Jésuites de 1647, Jean de La Lande a été martyrisé en octobre 1646. Jean de La Lande, un donné, accompagne le père Isaac Jogues dans une mission de paix auprès des Agniers. Jogues, de La Lande et un Wendat sont accueillis en ennemi à leur arrivée en pays iroquois. Les deux européens sont torturés puis assassinés. La Relation décrit ainsi les derniers jours de de La Lande : «Il ne faut pas mettre en oubly le jeune François qui à esté massacré avec le Pere. Ce bon garçon, appelé Jean de la Lande, natif de la ville de Dieppe, comme à esté dit cy-dessus, voyant les dangers où il s’engageoit dans un si perilleux voyage, protesta à son despart, que le desir de servir Dieu, le portoit en un pays, où il s’attendoit bien d’y rencontrer la mort. Cette disposition l’a fait passer dans une vie qui ne craint plus, ny la rage de ces Barbares, ny la fureur des Demons, ny les affres de la mort».

     René Goupil, en 1642, est le premier missionnaire jésuite massacré par les Iroquois.  À cette liste, outre Jogues et de La Lande, il faut ajouter Antoine Daniel en 1648 et puis Jean de Brébeuf, Gabriel Lalemant, Charles Garnier et Noël Chabanel en 1649.  La description de leurs supplices frappe l’imagination.  Leurs tortures sont parmi les plus horribles et les plus atroces des annales de la chrétienté.  Le père Brébeuf, par exemple, a été écorché, ébouillanté, brûlé et mutilé: on lui a même arraché les lèvres parce qu’il ne cessait de parler de Dieu durant son martyr.

     C’est en 1930 que le pape Pie XI canonise ce groupe de martyrs. Les saints martyrs canadiens sont depuis les patrons du Canada et assistent saint Joseph dans ce rôle. Leur souvenir est également bien commémoré : plusieurs paroisses et municipalités portent leurs noms. Au Canada, la fête des saints martyrs canadiens est fixée au 26 septembre.  Pour l’Église catholique de France, la date du 19 octobre, anniversaire du martyr de Jean de La Lande, est retenue. Ailleurs, leur souvenir est fêté le 4 février.

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