Archive pour la ‘Nouvelle-France’ Catégorie

«Jacques Cartier (1534)» Carte anonyme (s.d.) Source : Musée virtuel de la Nouvelle-France

     Après sa rapide traversée de l’Atlantique en 1534, Jacques Cartier longe la côte est de Terre-Neuve. Nous savons peu de chose du nom de ses navires, probablement des 60 tonneaux. Son expédition commanditée par le roi de France comprend 61 membres d’équipage. Selon les sources, il arrive au détroit de Belle-Isle le 27 mai 1534 ; selon d’autres, il atteint ce passage le 9 juin.

     Il croit être dans une baie qu’il nomme «baye des Chasteaulx» ; puis, lorsqu’il constate que c’est un détroit, il nomme la voie d’eau «passage des Chasteaulx». Il est en terrain connu puisque les pêcheurs bretons fréquentent ces eaux depuis des années. Il suit ensuite la côte ouest de Terre-Neuve avant de piquer vers le sud pour atteindre les îles-de-la-Madeleine.

     Cartier explore le golfe du Saint-Laurent durant ce premier voyage au Canada. Son passage à Gaspé le 24 juillet est célèbre. Mais n’oublions pas que Cartier cherche avant tout un passage vers l’Asie. Selon l’historien Mario Mimeault : «Comme tous les navigateurs de son temps, il voulait trouver la route des Indes et faire la carte. […] Si tu es seul détenteur de la carte, tu peux la vendre au roi de ton choix, et en tirer un fort prix». Ceci explique pourquoi Cartier revient en France avec les fils de Donnacona : il désire voir François Iᵉʳ le financer à nouveau en prouvant qu’il est vraiment venu au Nouveau Monde !

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«Le père Jacques Marquette prêchant aux Amérindiens de la région du Michigan» Photo d’une peinture de Wilhelm Lamprecht datant de 1869 : Magnus Manske (2006) Source : Wikimedia Commons

 

     Le père jésuite Jacques Marquette décède le 18 mai 1675 au pays des Illinois, près de la ville de Ludington dans le Michigan. Avec Louis Jolliet, il a découvert la route du Mississipi en 1673. Éprouvé physiquement par ce voyage, Marquette reprend des forces en 1674 à la mission Saint-François-Xavier dans l’actuel état du Wisconsin pour reprendre ensuite son oeuvre missionnaire.  Il hiverne aux environs de Chicago, pour repartir vers les Illinois. En avril, durant la semaine sainte, il prêche en plein air devant plus de deux mille Amérindiens. Mais sa santé se détériore à nouveau. Il tente de revenir à la mission Saint-Ignace sans y arriver et expire en pleine forêt.

     Après avoir découvert le Mississipi, le père Marquette comprend mieux le potentiel du continent américain pour un missionnaire comme lui.  Sa décision de quitter la baie des Puants en 1674 malgré une santé chancelante en témoigne. Son objectif en prêchant aux Illinois est d’ouvrir une nouvelle mission. Son décès met fin au projet. Un an après sa mort, son cadavre est exhumé et ses restes sont transportés à la mission Saint-Ignace.

     Après la translation, la dépouille du père Marquette est mise en terre le 8 juin 1677, lors les funérailles organisés par les Kiskakons. L’année suivante, le père Claude Dablon, supérieur des missions jésuites de la Nouvelle-France annonce qu’il a complété un petit récit des explorations du père Marquette. La paternité de ce récit a longtemps été attribuée au père Marquette et l’apport du père Dablon au texte demeure sujet de controverse.

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«Détail du Monument à Maisonneuve représentant Jeanne Mance soignant un enfant. Sculpture de Louis-Philippe Hébert installée en 1895»Photo : Jean Gagnon (2011)Source : Wikimedia Commons

     Le 17 mai 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve fonde Ville-Marie au nom de la Société Notre-Dame de Montréal. Cet événement s’inscrit dans le courant de la Réforme catholique. Maisonneuve réalise un projet ayant germé dans l’esprit du dévot Jérôme Le Royer de La Dauversière qui, dès 1634, rêvait de fonder une colonie missionnaire en Nouvelle-France. Associé à Jean-Jacques Olier, futur fondateur de la compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, Le Royer de La Dauversière est l’instigateur de cette Société de Notre-Dame de Montréal pour la conversion des Sauvages de la Nouvelle-France

     Maisonneuve agit alors comme le premier gouverneur de l’île de Montréal. Les détails de la fondation sont connus grâce aux Relations des Jésuites. L’inspiration pour le récit de 1642 vient en grande partie du père jésuite Barthélemy Vimont qui est alors présent à Montréal : «Le dix-septième de May de la presente année 1642. Monsieur le Gouverneur mit le sieur de Maisonneufve en possession de cette Isle, au nom de Messieurs de Montreal, pour y commencer les premiers bastimens; le R. P. Vimont fit chanter le Veni Creator; dist la saincte Messe, exposa le Sainct-Sacrement, pour impetrer du Ciel un heureux commencement à cét ouvrage: l’on met incontinent apres les hommes en besongne: on fait un reduit de gros pieux, pour se tenir à couvert contre les ennemis».

     L’historiographie a souvent relaté les débuts mystiques de Montréal, nommée Ville-Marie à l’origine. Jean-Claude Germain dira en 2011 que la naissance de la ville est ensuite une histoire de femmes et de coureurs des bois. Donnons ici en exemple Jeanne Mance, fondatrice de l’Hôtel-Dieu, ou encore l’enseignante Marguerite Bourgeoys. Après 1663 et la dissolution de la société de Notre-Dame de Montréal, la mission religieuse se transforme rapidement, surtout en fonction de la traite des fourrures. Montréal devient le centre du trafic des pelleteries et le point de départ de l’exploration d’une grande partie de l’Amérique du Nord.

Pour en savoir plus : Ville-Marie

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