Archive pour la ‘Nouvelle-France’ Catégorie

Les Forges du Saint-MauricePhoto anonyme d’une huile sur toile d’Henry Richard S. Bunnett datant de 1886 (s.d.)Source : Musée McCord

     François Poulin de Francheville est un marchand-bourgeois de Montréal dont les activités sont associées au commerce des fourrures. Il est également seigneur de Saint-Maurice. En 1729, il écrit au ministre de la Marine de Louis XV, Jean-Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas. Il sollicite un monopole pour exploiter les gisements de fer de sa seigneurie de Saint-Maurice.

     Francheville a l’appui de l’intendant Gilles Hocquart et du gouverneur Charles de Beauharnois de la Boische dans son projet. Le 25 mars 1730, Francheville reçoit un brevet du roi. Il obtient un monopole de 20 ans à compter de la première fonte. Il peut aussi exploiter toutes les terres, cultivées ou en friche, attenantes à ses propres terres. Ce privilège couronne les requêtes présentées par les administrateurs de la Nouvelle-France depuis le début du XVIIᵉ siècle pour exploiter les ressources minérales de la colonie.

     L’entreprise va prendre de l’ampleur. Francheville reçoit un prêt de 10 000 livres. En 1733, il fonde la Compagnie des Forges de Saint-Maurice, mais il meurt en fin d’année. Une petite forge est mise en opération; toutefois, le procédé utilisé à l’origine s’avère peu rentable. Les forges sont ensuite reconstruites sous la direction du maître de forges Pierre-François Olivier de Vézin. Les Forges du Saint-Maurice restent en opération jusqu’en 1883. C’est la première entreprise sidérurgique du Québec et un lieu historique national du Canada.

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«Bas-relief représentant Champlain et Jean Dolbeau lors de l’arrivée de ce dernier à Québec en 1615. Monument de la Foi à la place d’Armes de Québec» Photo : Jean-François Caron (2015) Source : www.facebook.com

 

     Les premières inhumations en Nouvelle-France se déroulent en l’absence de prêtre. Le père récollet Jean Dolbeau est le premier ecclésiastique à venir à Québec à la demande de Samuel de Champlain. Il traverse l’Atlantique en 1615 et arrive à Québec le 2 juin. Il sera rejoint ensuite par les pères Denis James et Joseph Le Caron et le frère Pacifique Duplessis. Jusqu’alors, les enterrements se font de manière profane. Le 24 mars 1616, Michel Colin, un employé de la Compagnie de Rouen intéressée par la traite des fourrures, reçoit les premières funérailles religieuses de la colonie naissante.

     Cette première sépulture catholique à Québec a vraisemblablement lieu dans le cimetière de la côte de la Montagne. L’acte de sépulture de Michel Collin a disparu des registres de catholicité de Notre-Dame-de-Québec avec l’incendie des registres en 1640.  La sépulture de Michel Collin nous est connue par l’Histoire du Canada publiée par le père Gabriel Sagard en 1636.

     L’événement est aussi relaté par le père Odoric-Marie Jouve dans son Dictionnaire biographique des récollets missionnaires en Nouvelle-France, paru à titre posthume chez Bellarmin en 1996. Il écrit : «Le 24 mars, le père Dolbeau célèbre les funérailles et procède à l’inhumation de Michel Colin «avec les cérémonies usitées de la Sainte Église Romaine».

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«Le Maurice et d’autres East Indiamen»Photo anonyme d’une huile sur toile d’Hendrick Cornelis Vroom du XVIIe siècle (s.d.)Source : Rijksmuseum, Amsterdam

     Au début du XVIIᵉ siècle, des expéditions outre-mer sont lancées par plusieurs compagnies néerlandaises de taille modeste. Leur faible pouvoir commercial et politique rend ces entreprises vaines. L’avocat des États de Hollande, Johan van Oldenbarnevelt, entreprend alors de réunir les compagnies des Provinces-Unies impliquées dans le commerce outre-mer. Cette fusion débouche le 20 mars 1602 sur la création de la Compagnie des Indes orientales.

«Logo de la Verenidge Oost-Indische Compagnie»Reproduction numérique de Goldradir (s.d.)Source : Wikimedia Commons

     Cette compagnie est connue sous le monogramme VOC, d’après son nom en néerlandais. Son objectif est de commercer avec les pays de l’océan Indien et de l’Insulinde. L’attrait est d’abord celui des épices mais, au fil des ans, la VOC se diversifie. À force de conquêtes, cette entreprise privée va créer le deuxième empire colonial mondial au XVIIIᵉ siècle, devançant des pays comme la France et l’Espagne. Seul l’empire britannique prime sur la VOC en terme de richesses.

«VOC gravé à l’entrée du fort de Bonne-Espérance, Le Cap»Photo : Andrew Massyn (2007)Source : Wikimedia Commons

     La Verenigde Oost-Indische Compagnie est ainsi pendant deux siècles un des piliers de la puissante bourgeoisie néerlandaise et un des moteurs du développement du capitalisme en Europe. Par exemple, la VOC est la première compagnie anonyme de l’histoire à être doter d’un capital divisé en actions. La compagnie reçoit alors le monopole du commerce des Provinces-Unies autour du Cap de Bonne-Espérance et du Cap Horn. Son capital est investi pour une période de 10 ans renouvelable afin de permettre l’affrètement de navires aux meilleurs conditions possibles.

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