Archives de catégorie : Nouvelle-France

12 mars 1670

François de Laval amène la première relique de sainte Anne à Sainte-Anne-de-Beaupré

«Les reliques de sainte Anne au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré»
Photo : Rabbitwmn (2009)
Source : www.fotothing.com

     C’est au XVIIᵉ siècle que le chapitre de Carcassonne en France offre à Mᵍʳ François de Laval une relique de sainte Anne. Celle-ci aurait été amenée en Nouvelle-France par le père Henri Nouvel. Le 12 mars 1670, Mᵍʳ François de Laval amène cette première relique, une partie d’os d’un doigt de la grand-mère du Jésus Christ, au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, près de Québec. Les pèlerinages vers ce lieu sont alors en pleine expansion.

     D’autres reliques de sainte Anne se trouvent également au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré. Le 26 juillet 1892, Mᵍʳ Joseph-Calixte Canac-Marquis y apporte un fragment de quatre pouces de l’avant-bras de sainte Anne. Cette relique est un don du pape Léon XIII et provient de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome. Une autre grande relique provenant aussi de l’avant-bras de sainte Anne s’ajoute aux deux autres le 3 juillet 1960. Provenant également de Saint-Paul-hors-les-Murs, cette dernière relique est un don du pape Jean XXIII.

     Cette présence de reliques de la mère de la Vierge Marie au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré s’inscrit dans le culte de sainte Anne à travers le monde.  Cette dévotion commence en Orient avec la diffusion du Protoévangile de Jacques au IIᵉ siècle. Elle se répand ensuite en Occident durant le Moyen Âge, à la faveur des croisades et du développement du christianisme. Importée de France, ce culte apparaît en Amérique du Nord à Sainte-Anne-de-Beaupré à l’époque de François de Laval et se répand par après un peu partout sur le continent.

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5 mars 1668

La brasserie de Jean Talon

Ancien édifice de la Brasserie-Boswell. Détail. Vue avant
Photo : Christian Lemire (2006)
Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec

     L’intendant Jean Talon veut développer le potentiel de la Nouvelle-France en diversifiant son économie. Talon est propriétaire de terres à la Basse-Ville de Québec. Il a acquis de Guillemette Hébert, veuve de Guillaume Couillard, un terrain de 2,07 arpents. Il est aussi propriétaire d’un autre terrain adjacent de 6,23 arpents et d’une sapinière de 6,2 arpents, le tout situé face au fleuve et sous le cap. En 1668, il utilisera cet espace afin de faire bâtir un bâtiment de plus de 40 mètres de long qu’il utilisera comme brasserie.

     Le 5 mars 1668, un arrêt du Conseil souverain de la Nouvelle-France confie à Jean Talon le mandat d’exploiter une brasserie. L’intendant reçoit un monopole de dix ans sur la bière. L’importation d’alcool en Nouvelle-France est également interdite sans une permission expresse du roi. En plus des débouchés commerciaux, la brasserie doit servir à réduire l’importation de vin et d’eau-de-vie dont la consommation pousse à l’ivrognerie et à la débauche. La brasserie doit aussi stimuler la production agricole nécessaire à la production de la bière.

     Talon avait déjà obtenu du roi deux chaudières en 1667 et la production de la brasserie débute en 1670. En novembre 1671, Talon annonce au ministre Jean-Baptiste Colbert qu’il peut fournir 2 000 barriques de bières pour les Antilles et la même quantité pour la consommation locale. Dépendante de son monopole, la brasserie ne peut subsister lorsque les règlements sur l’importation de vins et d’alcools sont relâchés après le départ de Talon.  En 1675, la brasserie est fermée et, en 1685, Talon vend le bâtiment à la couronne qui va y ériger une résidence pour les intendants de la Nouvelle-France. Vers 1875, le site retrouve sa vocation première avec la construction de bâtiments par la brasserie Boswell, en opération, après plusieurs fusions, jusqu’en 1974.

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10 février 1763

Signature du Traité de Paris

Traite de Paris de 1763 (Treaty of Paris of 1763) Photo : Francis Vachon (2014) Source : www.francisvachon.com

Traité de Paris de 1763 (Treaty of Paris of 1763)
Photo : Francis Vachon (2014)
Source : www.francisvachon.com

     Le 10 février 1763,  le traité de Paris met fin à la guerre qui oppose la France et l’Angleterre. Plusieurs autres pays européens sont aussi impliqués. Ce traité met un terme à la guerre de Sept ans en Europe et à la «French and Indian War» ou guerre de la Conquête en Amérique du Nord. Le traité est rédigé en français et comprend 27 articles. Il porte les signatures et les sceaux du duc de Bedford, John Russell, pour l’Angleterre, de César Gabriel de Choiseul, duc de Pralin, pour la France et du marquis Jérónimo Grimaldi pour l’Espagne. Le Portugal adopte le traité par un article additionnel.

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Traité de paix entre le roi, le roi d’Espagne et le roi de la Grande-Bretagne, conclu à Paris le 10 février 1763 : avec l’accession du roi du Portugal
Paris : Imprimerie royale, 1763
Source : BANQ

     Avec cette signature, c’est la fin de la Nouvelle-France et de l’empire colonial français en Amérique. Déjà, les nations amérindiennes alliées des Français ont pour la plupart signé des ententes avec les Britanniques. L’Amérique franco-indienne est chose du passé. Dans la négociation qui se déroule à Paris, la France cède plusieurs territoires pour ne garder que les comptoirs les plus rentables afin de combler sa dette. Le sucre est ainsi préféré à la fourrure !

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«Annonce d’un débat sur la question du Traité de Paris, tenu le 19 novembre 2013 à la Bibliothèque Gaston Miron à Paris»
Source : ministère la Défense, France

     Durant des décennies, la bataille des plaines d’Abraham est considérée comme un des événements fondateurs du Canada. De plus en plus d’historiens remettent en question cette vision de l’Histoire. Le traité de Paris est-il une cession ou un abandon de la part de la France ? Les recherches actuelles sur cet événement s’attaquent ainsi à plusieurs mythes de l’histoire du Canada et des États-Unis.

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