Archive pour la ‘Non classé’ Catégorie

«Face à face entre le soldat Patrick Cloutier, du Royal 22ᵉ Régiment, et Brad « Freddy Krueger » Larocque, un guerrier anishinaabe»Photo : Shaney Komulainen (1990)Source : Wikimedia Commons

     Le 11 mars 1990, des barrages sont érigés à Oka afin d’empêcher l’agrandissement du terrain de golf.  Ces barricades sont érigées par des Autochtones, principalement des membres de la nation mohawk. Le conflit entre les Amérindiens et la municipalité d’Oka est latent depuis plusieurs années. La ville veut faire respecter sa juridiction, notamment en matière de zonage. Les Mohawks, eux, ne reconnaissent pas ce pouvoir. Dans l’année qui précède l’érection des barricades, un projet de centre de désintoxication autochtone est bloqué par un groupe de citoyens. De plus, la police doit faire plusieurs interventions dans la communauté mohawk.

     Mais les racines du problème remonte au XVIIIᵉ siècle. Les Mohwaks réclament depuis l’époque coloniale la reconnaissance de leur droit foncier sur des terres dites ancestrales. En 1961, un terrain de golf de neuf trous est aménagé sur un espace de la pinède d’Oka que les Mohawks de la réserve indienne de Kanasatake revendiquent comme terres communes. En 1989, le maire d’Oka, Jean Ouellette, dévoile un projet d’agrandissement du golf associé à la construction de 60 logements de luxe dans la pinède. Les Mohawks protestent et soutiennent que le développement va se faire sur un cimetière amérindien. Le gouvernement du Québec, par ses ministères de l’Environnement et des Affaires autochtones, critique aussi le projet qui, malgré tout, va de l’avant.

     La crise d’Oka va durer jusqu’en septembre 1990.  Le 11 juillet, la Sûreté du Québec tente de prendre d’assaut les barricades pour faire respecter des injonctions obligeant la levée des barrages routiers. Durant l’affrontement, le caporal Marcel Lemay est abattu par balles. La tension est à son comble et le conflit s’envenime. Des Autochtones de partout au Canada viennent appuyer les Mohawks de Kanasatake tandis que les Mohawks de Kahnawake bloque le pont Mercier. L’armée canadienne doit alors intervenir pour faire tenter de résoudre le problème. À l’issue de longues négociations, les barricades sont finalement levées le 26 septembre.  La crise d’Oka laisse une lourde cicatrice dans le tissu social des communautés concernées et dans les relations entre les Autochtones et les autorités gouvernementales.

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Page titre de la première édition de FrankensteinLondres : Lackington, Hughes, Harding, Mavor & Jones, 1818

     Mary Wollstonecraft Godwin passe l’été 1816 avec son amant, le poète Percy Shelley, à Cologny, sur le bord du lac Léman près de Genève. Elle a 18 ans. Ils fréquentent l’écrivain romantique George Gordon Byron, mieux connu comme Lord Byron. Byron est en couple avec la demi-soeur de Mary, Claire Clairmont. Le temps estival est pluvieux et inclément. Byron suggère alors à chacun d’écrire une histoire gothique de fantômes. Mary, d’abord réticente, laisse aller sa plume. Elle termine le roman en 1817. Frankenstein ; or, the Modern Prometheus est publié à titre anonyme le 11 mars 1818 par un éditeur de Shelley dont Mary est devenue l’épouse légitime en décembre 1816.

«Frontispice de la seconde édition de Frankenstein»Photo anonyme d’une gravure sur métal de Theodore Von Holst publiée dans Mary Shelley, Frankenstein : Londres, Colborn & Bentley, 1831.Source : Wikimedia Commons

     Frankenstein est un texte puisant son inspiration dans les nouvelles gothiques et dans la littérature romantique. Certains y voient l’origine de la science-fiction. Le récit de Mary Shelley est articulé autour de Victor Frankenstein, un scientifique qui donne la vie à un être créé à partir de corps démembrés. Intelligente et douce, la créature est dotée d’un physique hideux. Rejetée par son créateur, la créature devient ensuite de plus en plus brutale à force d’errer à la recherche d’une compagne.

«Boris Karloff personnifiant le monstre de Frankenstein»Photo promotionnelle anonyme du filmThe Bride of Frankenstein (1935)Source : Universal Studios

    Mary Shelley perfectionne son texte avec l’aide de son mari. Elle en livre une version révisée en 1831. Dès sa publication, Frankenstein est bien accueilli par la critique. Le texte devient un classique de la littérature d’horreur au XIXᵉ et au XXᵉ siècle. Frankenstein sert ensuite d’inspiration à plusieurs pièces de théâtre et à plusieurs films très populaires.

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«La Police provinciale en poste à Louiseville»Photo anonyme (1952)Source : Archives de la CSN

     Après la Seconde Guerre mondiale, l’usine de textile de Louiseville est un des importants employeurs de cette région. Plusieurs centaines de tisserands travaillent pour l’Associated Textile Co., une filiale d’une compagnie américaine.  En février 1952, la Confédération des travailleurs catholiques du Canada négocie avec l’employeur depuis plusieurs mois afin de signer une convention collective de travail. Malgré une entente sur les clauses salariales, la négociation se bute à un désaccord sur les clauses normatives. Le 10 mars 1952, un vote est pris : 700 des 716 travailleurs choisissent la grève.

Associated Textiles +- 1905-2003Photo anonyme (2010)Source : explorationurbaine.ca

     Un long et douloureux conflit de travail s’amorce. Après quatre mois de grève, l’employeur engage des briseurs de grève. De violents affrontements se déroulent alors sur les piquets de grève. Des injonctions sont émises et la Police provinciale doit intervenir. Le 10 décembre 1952, lors d’une manifestation de solidarité envers les travailleurs, l’Acte d’émeute est lu. Les matraques et les gaz lacrymogènes sont utilisés. Des coups de feu sont aussi tirés.

Hon. Maurice Duplessis speaking during the Quebec Legislative Assembly Election campaignPhoto anonyme (1952)Source : BAC

     Même si les ouvriers de l’époque travaillaient dans la misère, l’employeur reste intransigeant. Les grévistes, à bout de souffle, doivent cesser leurs moyens de pression et reprennent le travail en février 1953. Le parti pris du gouvernement de Duplessis envers l’employeur y est aussi pour beaucoup. La CTCC considère que la grève de Louiseville est perdue. Le conflit marque ensuite la mémoire collective. Il reste le symbole de l’oppression des travailleurs par l’employeur et le pouvoir politique.

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