Archive pour la ‘Le Québec contemporain’ Catégorie

Lindberg à Québec, 1928 Photo de Michel Dehouck retouchée par Claude Bureau (1990) Source : SHQ

     C’est en 1928 que trois aviateurs, les Allemands Hermann Köhl et Günther Von Hünefeld et l’Irlandais James C. Fitzmaurice, tentent de traverser l’Atlantique à bord du Bremen. Cette première traversée transatlantique sans escale d’est en ouest ne se déroule pas comme prévue. Après leur départ d’Irlande, les trois aviateurs doivent affronter une tempête au large de Terre-Neuve. Ils renoncent à leur plan de se rendre à New York et doivent atterrir d’urgence au large de Blanc-Sablon, sur l’île Greenly. D’abord secouru par Roméo Vachon, un des pionniers de l’aviation québécoise, les trois hommes sont évacués à Saint-Aimé-des-Lacs, dans Charlevoix. Ils reçoivent ensuite l’assistance de Floyd Bennett et de Bernt Balchen qui s’envolent de Détroit avec des pièces de rechange pour le Bremen, endommagé dans l’aventure.

     Bennett contracte alors une pneumonie et doit être hospitalisé à l’hôpital Jeffrey-Hale à Québec. Son état se détériore rapidement et on craint pour sa vie. Un médicament rare produit à New York peut peut-être le sauver. Charles Lindbergh, l’as de l’aviation américaine, est mandaté pour aller porter sans délai le précieux médicament à son ami mourant à Québec. Mardi le 24 avril 1928, vers 18 h 45, Lindbergh atterit sur les plaines d’Abraham. Il pilote un avion Curtiss-Falcon avec à son bord le docteur Thomas B. Applegath qui est conduit immédiatement au chevet de Bennett dans un dernier espoir pour le sauver.

     La présence de Lindbergh attire les curieux qui sont quelques milliers sur les plaines à son arrivée. Après une visite à Bennett, Lindbergh prend son dîner avec Louis-Alexandre Taschereau, premier ministre du Québec. Il passe la nuit au Château Frontenac et repart pour New York le lendemain vers 11 h. Lorsqu’il survole le Jeffrey-Halle, il ignore que le traitement a échoué et il apprend le décès de Bennett à son arrivée à New York.

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«Hon. T.-Damien Bouchard. Ministre de la Voirie. Ministre des Travaux publics» Photo : Livernois (1940)

 

     Télesphore-Damien Bouchard devient le député de Saint-Hyacinthe en 1912. Ce politicien libéral est un homme d’affaires important de la région, étant entre autres propriétaire du Clairon de Saint-Hyacinthe. Il oeuvre aussi en politique municipale et sert la population maskoutaine comme échevin puis comme maire de 1917 à 1930 et de 1932 à 1944.  Il fait parti du cabinet de Louis-Alexandre Taschereau comme ministre des Affaires municipales, de l’Industrie et du Commerce en 1935 et 1936, puis du cabinet Godbout en 1936, toujours comme ministre des Affaires municipales. De 1936 à 1939, il agit comme chef de l’opposition à l’Assemblée législative du Québec. Il revient ensuite au pouvoir avec les libéraux à titre de ministre des Travaux publics de 1939 à 1942 et de ministre de la Voirie de 1939 à 1944. Le 6 mars 1944, il démissionne de son poste de député suite à sa nomination comme sénateur de la division des Laurentides.

     Il devient le premier président d’Hydro-Québec le 21 avril 1944. Cet orateur fougueux a longtemps milité en faveur de la municipalisation et de l’étatisation des services d’électricité au Québec. Malgré cette affinité avec son nouveau mandat, il doit démissionner rapidement en raison de la grogne que suscite son premier discours au Sénat où il dénonce l’ingérence de l’Église dans les affaires de l’État. Il quitte ses fonctions le 23 juin 1944 avant l’achèvement du processus d’étatisation qu’il a contribué à amorcer.

     T.-D. Bouchard est un personnage controversé qui a lutté toute sa vie contre le fanatisme religieux. Partisan de la laïcité, il portait le surnom de «diable de Saint-Hyacinthe». Même sa biographie écrite en 2013 par Frank M. Guttman ne fait pas l’unanimité puisque l’auteur associe Bouchard à la lutte contre la Charte des valeurs proposée à la même époque par le gouvernement de Pauline Marois.  Ainsi, le traducteur de l’étude de Guttman sur Bouchard, Daniel Laprès, refusera de laisser son nom associé à la biographie pour ensuite en publier une nouvelle afin de rectifier les faits.

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Édouard FabrePhoto anonyme (ca1910)Source : J.E. Sullivan, éd., Spaldings Official Athletic Almanac for 1916p. 52

     Édouard Fabre est natif de Saint-Henri à Montréal. Après le décès de sa mère, il s’enfuit de l’orphelinat et passe son enfance dans une famille iroquoise de Kahnawake. Il s’initie là aux courses de raquettes. En 1910, il émerge de la scène sportive québécoise comme un des meilleurs coureurs de fond du pays. En 1912, Fabre participe au marathon olympique à Stockholm et termine onzième.

     Le 19 avril 1915, Édouard Fabre participe au marathon de Boston. Il connait l’épreuve où il court depuis 1911. Au fil d’arrivée, il devance son plus proche concurrent en un temps de 2 h 31 min 41 sec. En août suivant, il confirme sa supériorité en remportant un autre victoire au marathon de San Francisco.

    Édouard Fabre est un des athlètes les plus décorés de son époque. Fierté du Québec, ses partisans le présentent comme un des fleurons de la «race canadienne-française». Il participe à plus de 315 courses et amasse plus de 150 trophées avant son décès en 1939. En 1964, il est intronisé au Temple de la renommée des sports du Canada.

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