Archive pour la ‘Le Québec contemporain’ Catégorie

«Le Cabinet Godbout en 1939»

Photo : Canada Wide (1939)

Source : Wikimedia Commons

     Le 25 octobre 1939, l’Union nationale dirigée par Duplessis est balayée du pouvoir par les libéraux d’Adélard Godbout. À l’issu du scrutin, les troupes de Godbout font élire 69 députés contre 15 pour celles de Duplessis ; un député libéral indépendant est aussi élu. Le contexte de l’éventuelle participation du Canada à la Seconde Guerre mondiale est primordial pour bien comprendre cette élection.

     Lorsque Duplessis déclenche des élections anticipées en septembre 1939, il mise sur l’opposition des Québécois à une participation à la guerre. Immédiatement, tous les députés fédéraux du gouvernement libéral de William Lyon Mackenzie King s’engagent dans la campagne électorale afin de défaire Duplessis. Le lieutenant québécois de King, Ernest Lapointe affirme publiquement que les ministres québécois à Ottawa vont démissionner en bloc si l’Union nationale est réélue.

     Cette menace d’isolement frappe l’électorat québécois. Lapointe a conclu un pacte avec King ; oui, le Canada appuiera son allié et sera en guerre si l’Angleterre déclare la guerre, mais la participation des Québécois se fera sur une base volontaire. Bref, la conscription est exclue. Ce thème alimente la campagne électorale au Québec. Le 30 septembre, Godbout déclare : «Je vous affirme avec toute la force dont je suis capable que le gouvernement d’Ottawa ne décrétera jamais la conscription militaire tant que vous laisserez la politique libérale diriger vos destinées». Le 4 octobre, Duplessis réplique : «un vote pour Maurice Duplessis, c’est un vote pour l’autonomie…contre la conscription». Qu’à cela ne tienne, l’électorat appuie les libéraux avec 54,1% du vote populaire contre 39,13% pour l’opposition.

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«Découverte de la dépouille de Pierre Laporte»

Photo : Robert Nadon (1970)

Source : Archives La Presse

     Le Front de Libération du Québec est un mouvement politique radical prônant la lutte armée comme moyen de faire l’indépendance du Québec. Groupe marginal, le FLQ commet plusieurs attentats durant les années 1960. En 1970, deux cellules du FLQ provoquent une crise au Québec. Le 5 octobre 1970, la cellule «Libération» enlève le diplomate britannique James Richard Cross. Cinq jours plus tard, la cellule «Chénier» enlève Pierre Laporte, ministre du Travail et de l’Immigration et vice-premier ministre du Québec.

     La Loi sur les mesures de guerre est alors proclamée pour la première fois en temps de paix.  Le 17 octobre 1970, après sept jours de séquestration, Pierre Laporte est retrouvé mort dans le coffre arrière d’une voiture stationnée à l’aéroport de Saint-Hubert.

     Les détails de la mort de Laporte reste un sujet de controverse. Certains affirment qu’il a été froidement exécutés.  D’autres affirment qu’il n’a pas survécu à une tentative d’évasion durant sa captivité. Même le procès de ses agresseurs n’a pas réussi à faire la lumière sur cet événement marquant de la Crise d’octobre de 1970.

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«Lettre au premier ministre Pierre Trudeau demandant l’application de la Loi sur les mesures de guerre»

Texte de Robert Bourassa (1970)

Source : BAC_C-140940 & C-140941

     Le 16 octobre 1970 à 4 h du matin, Pierre Elliott Trudeau proclame la Loi sur les mesures de guerre. D’un trait de plume, la démocratie et la liberté sont mises en veilleuse au Canada. Prétextant une insurrection appréhendée, l’armée canadienne envahit le Québec. Des milliers de policiers amorcent les fouilles de maisons québécoises. Des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants sont emprisonnés sans mandat, sans accusation, sans explication.  Jean Marchand, compagnon d’armes de Trudeau, déclare : «Il y a une organisation qui a des milliers de fusils, de « machine guns », de bombes, et à peu près 2 000 livres de dynamite, ce qui est suffisant pour faire sauter le coeur de Montréal».

     Les origines de cette loi remonte à la Première Guerre mondiale.  C’est le gouvernement conservateur de Robert Borden qui avait fait adopter cette loi en août 1914 pour accorder au gouvernement fédéral des pouvoirs spéciaux.  L’État fédéral peut alors gouverner par décret et reçoit des pouvoirs additionnels en matière de détention, d’exclusion et de déportation d’immigrants.  À cette époque, ce sont surtout les immigrants allemands et austro-hongrois qui sont touchés par la Loi sur les mesures de guerre. En décembre 1941, le gouvernement libéral de William Lyon Mackenzie King proclame à nouveau la loi qui vise alors les citoyens d’origine japonaise.

   En 1970, l’application de la loi sème la controverse. Le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, et le maire de Montréal, Jean Drapeau, la réclament officiellement. À tort ou à raison, le Front de libération du Québec apparaît comme une menace réelle à la sécurité publique. Les bombes et les enlèvements ont provoqués un sentiment de terreur dans la population. Dans les heures qui suivent la proclamation de la loi par Trudeau, plus de 8 000 soldats sont déployés à Montréal. Près de 500 suspects sont arrêtés : la plupart sont des comédiens, des chanteurs, des poètes, des écrivains, des journalistes et des syndicalistes indépendantistes.

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