Archive pour la ‘Le Québec contemporain’ Catégorie

2 Original Quebec Remparts 1971 Memorial Cup Coupe Photos Signed by Guy Lafleur!Photo anonyme (1971)Source : eBay

     Les Remparts de Québec amorcent leur deuxième saison d’existence en 1970-1971. L’équipe domine ses adversaires avec une fiche de 54 victoires, 7 défaites et un match nul. En séries éliminatoires, les Remparts ne font qu’une bouchée de leurs adversaires et remportent la Coupe du Président. Ils obtiennent ainsi leur laissez-passer pour le tournoi de la Coupe Memorial. La troupe dirigée par Maurice Filion va alors vaincre les champions de la Ligue du Saguenay Lac St-Jean, du district d’Ottawa et des Maritimes.  La grande finale pour l’obtention de la Coupe Memorial se déroule entre les Remparts et les Black Hawks de Saint Catharines.

     La confrontation oppose deux des meilleurs joueurs de hockey de l’époque. St. Catharines peut compter sur Marcel Dionne, futur compteur de 731 buts dans la Ligue nationale de hockey, tandis que Québec est mené à l’attaque par le joueur-étoile Guy Lafleur. Les Remparts gagnent le premier match 4-2 sur la patinoire de leurs adversaires, avant de s’incliner 8-3 dans le deuxième. La tension est à son comble dans cette série qui se transpose en antagonisme entre le Québec et l’Ontario, entre francophones et anglophones. De retour au Colisée de Québec, les Remparts remportent deux victoires consécutives pour prendre les devants 3-1 dans la série 4 de 7.  Les partisans québécois sont en délire. Dionne, originaire de Drummondville, est traité de traître et des grenouilles sont tirées sur la patinoire. L’affrontement se termine par une bagarre générale d’une rare violence. La police doit intervenir à la fin de la partie pour assurer la sécurité des joueurs de St. Catharines lorsqu’ils regagnent leur autobus.

Robert Bourassa and Guy Lafleur: Holy SmokesPhoto anonyme (1971)Source : Joe Pelletier

     Le cinquième match se déroule à Toronto, devant une une foule hostile à l’équipe de Québec qui s’incline par la marque de 6-3. Coup de théâtre, les Black Hawks de Saint Catharines refusent de revenir jouer à Québec et suggère que le sixième match soit joué au Forum de Montréal. Les Remparts refusent et remportent la Coupe Memorial suite au forfait de l’équipe adverse. Leur suprématie sur le hockey junior canadien est concrétisée quelques jours plus tard alors qu’ils écrasent les Oil Kings d’Edmonton, représentants de la Ligue de l’Ouest, en deux matchs consécutifs. Les partisans des Remparts ont tout lieu de chanter à travers la ville : «Ils sont en or, ils sont en or» ! En 1971, les Remparts de Québec réalisent l’exploit de devenir la première équipe de hockey évoluant au Québec à être championne de la Coupe Memorial.  Cette conquête par une formation du Québec a donné de la crédibilité au circuit québécois, jusque-là dénigré par plusieurs spécialistes qui dénonçait son manque de sérieux.

La Coupe MemorialPhoto : Scorpion (2008)Source : Wikimedia Commons

#######

«Le Québec en 1912» Extrait numérisé d’une carte de Rand McNally datant de 1912 et publié dans Chandler B. Beach & Frank Morton McMurry, The New Student’s Reference Work, Chicago, F. E. Compton and Company, 1914 : Lars Aronsson (2005) Source : Wikimedia Commons

 

     Le 1ᵉʳ avril 1912, la Loi à l’effet d’étendre les frontières de la province de Québec est sanctionnée. Cette loi du Parlement du Canada précise les conditions qui permettent que le territoire de l’Ungava devienne partie intégrante du Québec. Cette législation est l’aboutissement d’un processus législatif amorcé depuis 1907 lorsque le gouvernement québécois dirigé par Lomer Gouin entame des négociations avec le gouvernement fédéral afin d’étendre la frontière du Québec vers le nord.

     Déjà en 1898, le territoire de la province de Québec connaît une extension. Avec l’Ungava, le Québec étend sa frontière septentrionale au delà du 52ᵉ parallèle. Le gouvernement Gouin est convaincu du potentiel de développement que représente cette vaste région. Gouin, lui-même présente le «bill 43» afin que la législature du Québec donne son assentiment à l’annexion. La Loi de l’extension des frontières de Québec stipule en effet qu’elle entrera en vigueur «à un jour qui sera fixé par proclamation du Gouverneur en conseil publié dans la Gazette du Canada, mais cette proclamation ne sera lancée qu’après que la législature de Québec aura consenti à l’augmentation des limites de la province».

     Les libéraux de Gouin en font un enjeu électoral. Ils promettent «le développement agricole, industriel et minier du nord du Québec. /…/ Et finalement, au soir du 15 mai 1912, l’électorat tranche: Lomer Gouin remporte une victoire éclatante en faisant élire 62 des 81 députés du nouveau Parlement». La géographie du Québec prend alors sa configuration actuelle outre le Labrador qui en sera retranché en 1927 par décision unilatérale du Conseil privé à Londres.

#######

 

École Normale Laval à Québec Photo : Neuville Bazin (1943) Source : BANQ

 

     Dans une lettre de 1856, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau annonce à l’abbé Louis-Jacques Casault, recteur de l’Université Laval, que le Vieux-Château est mis à la disposition de l’École normale Laval. Cette institution est créée par une loi de l’Assemblée législative de la province du Canada et par un règlement du surintendant de l’instruction publique.  Cette école est destinée à la formation des enseignants. Son inauguration a lieu le 12 mai 1857.

     L’École va rester à cet endroit jusqu’en 1892 sauf entre 1859 et 1866 alors que l’édifice sert au besoin de l’administration coloniale. La clientèle est exclusivement masculine; les femmes, elles, étudient au monastères des Ursulines. Avec la destruction du Vieux-Château pour faire place au Château Frontenac, l’École normale Laval déménage. Elle se retrouve d’abord hébergée par la Séminaire de Québec sur la rue de l’Université puis, après 1900, sur le chemin Sainte-Foy dans l’ancienne villa de l’homme d’affaires Guillaume-Eugène Chinic, rénovée et agrandie aux frais du gouvernement québécois. Pour leur part, les femmes déménagent à Mérici en 1930.

     Vers 1959, l’École déménage à nouveau dans des locaux plus modernes, sur le boulevard de l’Entente. La réforme de l’éducation durant la Révolution tranquille bouleverse cette façon de faire. «En 1970, dans la foulée qui entraîne la création des cégeps, l’École normale Laval de Mérici (secteur féminin) devient le Collège Mérici. Quant à l’École normale Laval (secteur masculin), elle cesse également d’exister comme telle en 1970, lorsque la formation des maîtres passe sous la responsabilité des universités». Les locaux de l’École normale Laval du boulevard de l’Entente deviennent alors ceux du Cégep François-Xavier-Garneau.

#######