Archive pour la ‘Le Québec contemporain’ Catégorie

«Jean Chrétien, ministre fédéral de la Justice, signe la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982»Photo : PC (1982)

     Ancienne colonie britannique, le Canada rapatrie sa constitution en 1982. Après la victoire du NON lors du référendum de 1980 au Québec, le premier ministre du Canada, le libéral Pierre Elliott Trudeau amorce un ronde de négociations constitutionnelles. Il obtient l’accord du gouvernement de 9 provinces pour procéder au rapatriement en apportant deux ajouts au texte initial : une charte des droits et des libertés et une formule d’amendement.

     La cérémonie de la proclamation de la nouvelle constitution a lieu le 17 avril 1982 à Ottawa, par une température pluvieuse, en présence de la reine Elizabeth II. Trudeau prononce une allocution à l’occasion. Il déclare : «Le Canada célèbre aujourd’hui son accession à la pleine souveraineté. La Constitution canadienne est enfin revenue au pays, et nous pourrons désormais la modifier nous-mêmes sans recourir au Parlement du Royaume-Uni».

     Le gouvernement du Québec ne participe pas à la cérémonie. Les demandes québécoises de réorganiser le partage des pouvoirs et de décentraliser la fédération ont été rejetées. Depuis 1982, les Québécois refusent de reconnaître officiellement cette constitution même si elle s’applique de droit sur leur territoire. Cette dissension est rapportée dans les archives de Radio-Canada sous le titre : «Le rapatriement de la Constitution sème la zizanie».

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The Taking of Vimy Ridge, Easter Monday 1917Photo anonyme d’une peinture de Richard Jack,  vers 1919 (s.d.)Source : Musée canadien de la guerre

     La bataille de la crête de Vimy débute le 9 avril 1917. Une première vague de 20 000 soldats canadiens, lourdement équipés, avance vers les lignes ennemis. Ils sont précédés par des tirs intensifs d’artillerie. L’assaut sur les positions allemandes se fait sans relâche. Rapidement, les Canadiens capturent une majeure partie de la crête. La «Côte 145», le point le plus élevé de la crête, est prise le lendemain. Le 12 avril 1917, le «Bourgeon», le dernier poste de défense situé au sommet de la crête tombe. Les Allemands doivent battre en retraite.

     La victoire est éclatante mais les pertes sont lourdes. Plus de 10 500 hommes sont morts ou blessés du côté canadien. Toutefois c’est peu, si on compte les 150 000 combattants alliés français et anglais qui tombèrent au combat à Vimy dans les mois précédents. Un véritable cimetière ! Par ce fait d’armes sans précédent, les troupes canadiennes gagnent la réputation d’être redoutables et efficaces. Bien plus, la victoire de Vimy fait sortir le Canada de l’ombre de la Grande-Bretagne.

     En avril 1917, la crête de Vimy est un endroit fortement défendu en raison de son importance sur le plan stratégique. Pour la première fois, quatre divisions canadiennes sont réunies en un seul groupe de bataille. Ils sont dirigés par le britannique Julian Bing, avec l’aide du général ontarien, Arthur Currie. Cette responsabilité canadienne dans l’ensemble de la prise de la crête de Vimy devient ensuite un événement clé du développement de l’identité du Canada comme nation indépendante de l’Angleterre et figure comme prélude au Statut de Wesminster. Symbole du sacrifice humain nécessaire pour arriver à la victoire lors de la Première Guerre mondiale, le Mémorial de Vimy au nord d’Arras en France est le plus grand monument commémoratif canadien outre-mer.

Croix de Vimy, Citadelle de Québec Photo : Vimy (2007) Source : Wikimedia Commons

     Ce Mémorial est inauguré en 1936. Après la bataille, une croix en bois est érigée sur le site des combats en souvenir des 3 598 soldats canadiens morts durant l’assaut de la crête de Vimy. Elle commémore aussi le souvenir de tous les autres soldats canadiens morts lors de la Grande Guerre. En 1923, elle est confiée au Royal 22ᵉ Régiment qui l’installe à la Citadelle de Québec, dans la ville où ce régiment a droit de cité.  La Croix de Vimy est située à l’intérieur des fortifications de Québec et les soldats en uniforme se doivent de la saluer à chaque fois qu’ils passent devant elle.

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Major-General The Hon. Julian Byng, C.B., M.V.O. Photo : Bassane (1915) Source : The County Gentleman and Land & Water, vol. LXV, no. 2783, (11 septembre 1915).

     La crête de Vimy se trouve dans le Pas-de-Calais et domine la plaine de Lens. Les Allemands s’en empare dès le début de la Première Guerre mondiale, en octobre 1914. Site stratégique, la crête est fortifiée par les Allemands qui repoussent de nombreux assauts français et britanniques. De solides ouvrages de fortifications bâtis au cours de plus de deux ans d’occupation laissent croire en 1917 que la place est imprenable.  Pour s’emparer de la crête de Vimy, le major-général Julian Byng, futur gouverneur général du Canada, organise un plan très élaboré pour réussir à remporter la victoire rapidement après l’assaut initial. Son objectif est de réduire les pertes de vies dans la conquête de Vimy, cette «butte de la mort».

Tank advancing with Infantry at Vimy. April 1917 Photo anonyme (1917) Source : BAC

     Byng dirige alors le Corps canadien pour cette bataille qui vise à faire diversion avant que les troupes françaises n’attaquent Arras. Les bombardements d’artillerie débutent le 20 mars 1917 et s’avère très efficace en raison de leur excellente préparation et de la forte concentration des tirs. Le pilonnage s’intensifie à partir du 2 avril et inflige «une semaine de souffrance» aux Allemands selon les récits recueillis par les survivants.  Le 9 avril, lundi de Pâques, par un temps neigeux et venteux, l’assaut est donné. Quatre divisions de soldats s’élancent dès 5 h30 du matin en suivant un barrage roulant d’artillerie forçant les Allemands à rester retranchés dans leurs abris. Leur avancée est rapide malgré les tirs d’obus et de féroces combats à la baïonnette à divers endroits.

     Au milieu de l’après-midi, presque tous les objectifs fixés par Byng sont atteints.  Il faudra cependant trois autres jours pour finalement réussir à capturer la «Côte 145» et le plateau dit «le Bourgeon» et s’assurer de la victoire. La journée du 9 avril 1917 à Vimy est resté gravé dans la mémoire des combattants. Par exemple, le caporal suppléant Withfield Thomas Ganong écrit dans son journal : «Ce fut toute une journée. Une journée que je ne voudrais jamais revivre».

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