Archive pour la ‘Indépendance’ Catégorie

Un Vieux de ’37Photo anonyme d’une gouache sur papier brun d’Henri Julien datée de 1904 (s.d.)Source : Wikimedia Commons

     En 1962, le Réseau de Résistance pour la libération nationale du Québec amorce une campagne de sensibilisation de l’opinion publique québécoise. Des symboles du gouvernement fédéral et de la présence britannique au Québec sont vandalisés. Au début de 1963, des militants du Rassemblement pour l’indépendance nationale et du Réseau de Résistance décident de fonder le Front de libération du Québec. L’objectif initial est de combiner l’action terroriste clandestine à l’action politique légale. Le 23 février, une première bombe explose au porte d’une station de radio anglophone de Montréal.

Faux communiqué du FLQ émis par la Gendarmerie royale du Canada en 1970Source : Lisa-Marie Gervais, «La petite histoire des communiqués, vrais et faux in Le Devoir(2 octobre 2010)

     Durant la nuit du 7 au 8 mars, trois casernes militaires de Montréal sont attaquées par le FLQ. Des bombes sont placées dans leur boîte aux lettres. Le 8 mars, le FLQ émet son premier communiqué pour revendiquer ses actions. Ces révolutionnaires se décrivent comme des commandos suicides près à mourir pour l’indépendance du Québec. Leur objectif est une révolution sociale visant à libérer le Québec du colonialisme anglo-américain.

What did the FLQ do and did they achieve their goals ?Photo anonyme (s.d.)Source : Historyblogs

     De 1963 à 1970, les actions criminelles du FLQ sont constamment placées sous le signe du terrorisme et des revendications d’extrême-gauche. Afin d’associer leur geste à l’histoire du Québec, les communiqués du FLQ ont régulièrement en filigrane une image traditionnelle québécoise. Cette image, c’est Un Vieux de ’37, un dessin dont le thème est créé par Henri Julien pour illustrer le poème «Le Vieux patriote» publié par Louis Fréchette en 1887 dans La Légende d’un peuple. Cette illustration est ensuite développée dans une gouache sur papier brun commandée par Georges-Aimé Simard à Julien en 1904.  Elle est diffusée au public québécois grâce à sa publication posthume en 1916 par La Librairie Beauchemin dans Henri Julien Album.

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Le Dr Robert NelsonGravure parue dansL’Opinion publique (1873)Source : BANQ

     Le docteur Robert Nelson prend la tête du mouvement patriote en 1838. Le 28 février, ses hommes et lui, en exil aux États-Unis, traversent la frontière. Ils se rendent à Caldwell’s Manor pour lire la Déclaration d’indépendance du Bas-Canada. Nelson proclame à ce moment la fin de la colonisation anglaise et le début de la république du Bas-Canada. Toutes les clauses de la déclaration entrent en vigueur immédiatement ! La description de la lecture de la déclaration, geste unilatéral s’il en est un, est peu documentée. Qui était présent ? Y avait-il des habitants de la région ou seulement les Patriotes armés accompagnant Nelson, troupe que l’on chiffre de 300 à 700 hommes selon les sources.  L’événement est rapporté près d’un an plus tard dans L’Ami du peuple, un journal favorable à la politique coloniale anglaise.  Dans l’édition du 20 février 1839, on lit : «Le Dr. Nelson qui prend ici les titres pompeux de président de la république en perspective et de commandant en chef d’une armée de brigands […] s’était toujours conduit avec une prudence qui ne permettait pas de croire qu’il prendrait cette détermination».

     La Déclaration contient une préface qui dénonce la corruption au sein de la bureaucratie de la colonie.  Elle dénonce aussi la violation des droits des Canadiens et la dévastation faite par l’armée britannique. La Déclaration contient dix-huit articles. Elle déclare que le Bas-Canada cesse d’être une colonie anglaise pour devenir une république. L’union entre l’Église et l’État est dissoute tandis que l’égalité des droits entre tous les citoyens du Bas-Canada, d’origine française, anglaise ou amérindienne, est affirmée. La liberté de presse est garantie tout comme les procès équitables devant jury, l’éducation générale et publique ainsi que les élections par vote secret.  On y retrouve aussi l’abolition du régime seigneurial et la redistribution des terres dites de la couronne.  La Déclaration proclame de plus l’usage du français et de l’anglais dans toutes les affaires publiques.

     En fait, la lecture de cette déclaration est un véritable défi envers la couronne britannique, la région de Caldwell’s Manor étant un château fort loyaliste.  Par la suite, Nelson retourne au États-Unis pour fonder l’Association des Frères chasseurs, une organisation secrète vouée à l’indépendance du Bas-Canada. Robert Nelson déclare l’indépendance à nouveau en novembre 1838 mais ses soldats sont défaits par une milice loyaliste à Lacolle et par l’armée britannique à Odelltown.  Ces défaites sonnent le glas des revendications d’indépendance des Patriotes.

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«Jefferson Davis, président des États confédérés»Photo : Mathew Brady (c1861)Source : NAUS

     Le 8 février 1861, à Montgomery en Alabama, sept états du sud des États-Unis proclament leur indépendance des États-Unis. Ils rejoignent alors la Caroline du Sud qui avait fait sécession le 20 décembre 1860. C’est le début des Confederate States of America ou Confédération des États d’Amérique.

     Les Confédérés adoptent une constitution qui doit servir de base à l’organisation du nouveau pays. Les membres de la Confédération désirent ainsi conserver une structure sociale aristocratique avec toutes ses particularités. De plus, ils réaffirment leur volonté de maintenir la légalité de l’esclavage.

     Cette déclaration d’indépendance va aboutir à la guerre civile dans les mois qui suivent. Dirigés par Abraham Lincoln, les États du Nord refusent de reconnaître la sécession des États sudistes. La guerre de Sécession va alors embraser les États-Unis de 1861 à 1865.

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