Archive pour la ‘Bas-Canada’ Catégorie

James MadisonPhoto anonyme d’une huile sur toile deJohn Vanderlyn datant de 1816 (s.d.)Source : The White House Historical Association

     Les États-Unis et la Grande-Bretagne sont en guerre entre 1812 et 1815.  Les affrontements se déroulent en Amérique du Nord, principalement dans les colonies du Bas-Canada et du Haut-Canada. Ce conflit, nommé «guerre de 1812», est désigné par l’année de son commencement même s’il dura un peu plus de deux ans et demi.

     Après le blocus continental décrété par Napoléon en 1806, la tension monte entre Américains et Britanniques. L’arraisonnement par les Anglais de marins sur des navires neutres américains est un irritant qui galvanise l’opinion publique américaine.  L’occasion est belle pour la jeune république de lancer une offensive contre les colonies britanniques du Nord, notamment le Bas-Canada et le Haut-Canada.

     Après l’approbation du Congrès et du Sénat, le président américain James Madison signe la déclaration de guerre à la Grande-Bretagne le 18 juin 1812. Un des objectifs des Américains est de réussir à accomplir ce que leurs élites nomment leur «destinée manifeste» : assurer une hégémonie américaine sur la totalité du territoire de l’Amérique du Nord.

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Chichester CanalPhoto anonyme d’une huile sur toile deJoseph Mallord William Turner datant d’environ 1828 (s.d.)Source : Wikimedia Commons

     Le comte Georges Wyndham commande au début du XIXᵉ siècle au peintre J.M.W. Turner quatre oeuvres pour orner des pièces de sa demeure. Une de ces toiles, le Canal de Chichester représente un brigantin naviguant dans ce canal du Sussex en Angleterre.  Il est probable que les couleurs de la peinture aient été influencées par les cendres provenant de l’éruption du volcan indonésien Tambora en 1815.  Cette explosion volcanique est une des plus importantes de l’histoire et elle a un impact sur le climat mondial durant plusieurs années.

      Les cendres propulsées dans la stratosphère par l’éruption font plusieurs fois le tour de la Terre.  Les perturbations climatiques sont particulièrement aiguës dans le nord-est de l’Amérique du Nord ainsi qu’en Europe.  L’année 1816 est qualifiée d’année sans été, de «Year Without Summer».  En mai, le gel détruit la plupart des récoltes et des blizzards meurtriers surviennent en juin.  Durant tout l’été 1816, les températures chutent fréquemment sous le point de congélation et les précipitations de neige sont nombreuses dans l’hémisphère nord.

     Au Bas-Canada, la disette de 1816 est connue des historiens. Sur tout le territoire, la chute des températures est dramatique. Durant l’été, les nombreuses précipitations laissent souvent les calèches embourbées jusqu’aux essieux. Les poëles à bois, remisés pour la belle saison, sont remontés. Au début de juin, de fortes tempêtes de neige frappent la vallée du Saint-Laurent. Le 10 juin 1816, il tombe 30 centimètres de neige à Québec. Dans la colonie, la moisson est compromise : des commissaires spéciaux sont nommés et, en novembre 1816, ils entreprennent la distribution de provisions achetées à divers particuliers.

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Manifestation des Canadiens contre le gouvernement anglais, à Saint-Charles, en 1837Photo anonyme d’une huile sur toile de Charles Alexander Smith datant de 1890 (s.d.)Source : MNBAQ

     En 1937, des citoyens de Saint-Denis-sur-Richelieu organisent des célébrations pour commémorer le centenaire de la lutte des Patriotes en 1837-1838. Les fêtes se déroulent un peu partout au Québec. Les revendications des Patriotes pour la liberté, la démocratie et la reconnaissance de leur identité nationale sont au coeur des célébrations. Il faut cependant attendre 1962, lors du 125e anniversaire de la bataille de Saint-Denis, pour que la tradition d’une commémoration annuelle des Patriotes débute. La fête a alors lieu en novembre.

     Le 6 octobre 1982, le gouvernement du Québec décrète comme «Journée des Patriotes», le dimanche le plus proche du 23 novembre, en souvenir de la victoire patriote à Saint-Denis. Cette commémoration ne satisfait pas l’opinion publique. La création d’un nouveau congé ou la modification d’un jour férié existant sont réclamées pour témoigner de l’importance historique du mouvement patriote. En 1994, la Chambre des communes à Ottawa reconnaît officiellement la contribution des Patriotes à l’établissement de la démocratie au Canada.

     Le 20 novembre 2002, le gouvernement québécois modifie la «Journée des Patriotes». Afin de rappeler que les assemblées publiques débutèrent au Bas-Canada en mai 1837, la fête de novembre est déplacée vers le mois de mai. Le décret 1322-2002 proclame que dorénavant la «Journée nationale des Patriotes» coïncide avec le lundi précédant immédiatement le 25 mai de chaque année. Ce jour est férié et met un terme à l’ambiguïté qui existait auparavant au Québec quant à la pertinence de commémorer la date de naissance de la reine Victoria du Royaume-Uni ou celle du décès d’Adam Dollard des Ormeaux. Le 19 mai 2003, la «Journée nationale des Patriotes» est célébrée pour la première fois.

Pour en savoir plus : LaFontaine et son temps, Monument Louis-Joseph Papineau

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