Archive pour la ‘Au XVIIIe siècle’ Catégorie

«Guy Carleton, gouverneur général des Canadas 1791-1796» Photo d’un portrait anonyme du XVIIIᵉ siècle (s.d.) Source : Wikimedia Commons

     Le 5 avril 1793, la Chambre d’assemblée du Bas-Canada rejette un projet de loi du Conseil législatif. Ce projet impose des amendes à la population alors que l’Assemblée soutient qu’il s’agit d’un de ses privilèges. Le Conseil soutient le contraire.  C’est le premier litige entre les deux chambres.

     L’historien Théophile-Pierre Bédard rapporte ainsi les événements dans son Histoire de cinquante ans 1791-1841. Le projet de loi est repoussé par 30 voix contre 4. Il concerne les officiers-rapporteurs pour les élections des députés. Une amende est imposée à ceux qui enfreignent certaines dispositions de la loi. La Chambre proclame ainsi son droit d’initiative sur toute les questions d’argent, même sous formes de peines pécuniaires.

«Page de titre de Histoire de cinquante ans (1791-1841). Annales parlementaires et politiques du Bas-Canada depuis la Constitution jusqu’à l’Union par T.P. Bédard» Photo : Kevin Audet-Vallée (2010) Source : Ministère de la Culture et des Communications

     Le débat parlementaire dure depuis février 1793. Le 5 avril, la mise au rancart du projet survient en seconde lecture. Un projet similaire est ensuite rédigé par l’Assemblée. Certains conseillers législatifs s’y opposent mais la loi est adoptée. De suite, le 19 avril, les députés adoptent à l’unanimité un règlement qui leur donne le privilège d’initier toutes les législations en matières de subsides et d’amendes. La question est renvoyée à Londres à Henry Dundas, vicomte Melville, secrétaire d’État à l’Intérieur, par le gouverneur Carleton en janvier 1794. La métropole rejète alors la prétention des députés et permet au Conseil législatif d’avoir des prérogatives financières en certaines circonstances.

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Bégon de La Picardière, Michel Photo d’un portrait anonyme (v. 1940) Source : BANQ

     Le 31 mars 1710, Michel Bégon de la Picardière devient intendant de la Nouvelle-France. Il arrive à Québec en 1712. Le contexte économique est difficile dans la colonie. Le commerce des fourrures fonctionne au ralenti et l’économie coloniale n’est pas diversifiée. De surplus, l’intendant Bégon doit faire face au problème de la monnaie de carte.

     Les carences en numéraires dans la colonie s’amorcent en fait dès 1685. Pour suppléer à ce déficit, les autorités de la Nouvelle-France émettent du papier-monnaie confectionné avec des cartes à jouer ordinaires. Lorsque Bégon arrive en poste, la confiance dans cette monnaie est à son plus bas. Elle entraîne une inflation galopante dans la colonie. Bégon fait rapidement pression sur la couronne pour modifier ce système. Dès 1714, la monnaie de carte est rachetée à la moitié de sa valeur faciale. Elle est retirée de la circulation en 1720.

     Bégon de La Picardière est toutefois soupçonné d’user de ses fonctions officielles pour s’enrichir personnellement. Blâmé pour sa gestion en 1716, il reste néanmoins en poste jusqu’en 1726. Ses interventions relatives à la culture du chanvre et au commerce des esclaves noirs donnent peu de fruits. Son rôle dans le redressement du système financier de la colonie reste finalement marginal.

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Les Forges du Saint-MauricePhoto anonyme d’une huile sur toile d’Henry Richard S. Bunnett datant de 1886 (s.d.)Source : Musée McCord

     François Poulin de Francheville est un marchand-bourgeois de Montréal dont les activités sont associées au commerce des fourrures. Il est également seigneur de Saint-Maurice. En 1729, il écrit au ministre de la Marine de Louis XV, Jean-Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas. Il sollicite un monopole pour exploiter les gisements de fer de sa seigneurie de Saint-Maurice.

     Francheville a l’appui de l’intendant Gilles Hocquart et du gouverneur Charles de Beauharnois de la Boische dans son projet. Le 25 mars 1730, Francheville reçoit un brevet du roi. Il obtient un monopole de 20 ans à compter de la première fonte. Il peut aussi exploiter toutes les terres, cultivées ou en friche, attenantes à ses propres terres. Ce privilège couronne les requêtes présentées par les administrateurs de la Nouvelle-France depuis le début du XVIIᵉ siècle pour exploiter les ressources minérales de la colonie.

     L’entreprise va prendre de l’ampleur. Francheville reçoit un prêt de 10 000 livres. En 1733, il fonde la Compagnie des Forges de Saint-Maurice, mais il meurt en fin d’année. Une petite forge est mise en opération; toutefois, le procédé utilisé à l’origine s’avère peu rentable. Les forges sont ensuite reconstruites sous la direction du maître de forges Pierre-François Olivier de Vézin. Les Forges du Saint-Maurice restent en opération jusqu’en 1883. C’est la première entreprise sidérurgique du Québec et un lieu historique national du Canada.

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