Archive pour la ‘Au XVIIe siècle’ Catégorie

Lambert ClossePhoto anonyme publiée dans Souvenir de Maisonneuve : esquisse historique de la ville de Montréal et séance d’inauguration du monument de M. de Maisonneuve, le 1er juillet 1895 (Montréal, Desbarats & Cie, 1896)Source : BANQ

     Raphaël-Lambert Closse est un des pionniers de Montréal. Sergent-major de Ville-Marie, Lambert Closse agit avec leadership comme défenseur de la colonie. Il se distingue au plus fort des attaques répétées par les autochtones, surtout des Agniers, qui menacent sans relâche la sécurité du petit établissement montréalais au milieu du XVIIᵉ siècle. Dans sa biographie, Marie-Claire Daveluy le qualifie de «chef d’une trempe héroïque» et de meneur d’hommes qui «savait maintenir les soldats dans une atmosphère de vaillance rendant la moindre action efficace». Le titre de «sauveur de Montréal» se retrouve souvent dans l’historiographie le concernant.

     Durant l’absence en France de Paul Chomedey de Maisonneuve, en 1655, Closse commande à Ville-Marie. Il exerce à cette époque sa profession de notaire et pratique la traite des fourrures, malgré sa piété reconnue. Le 6 février 1662, Lambert Closse se porte à nouveau à la défense de certains de ses compatriotes mis en danger par une attaque iroquoise. Il meurt en soldat, ayant déclaré peu auparavant qu’il était venu en Nouvelle-France «afin d’y mourir pour Dieu en le servant dans la profession des armes, si je n’y croyois pas mourir je quitterois le pays pour aller servir contre le Turc et n’être pas privé de cette gloire» !

      Il n’existe pas de portrait de Lambert Closse. Le sculpteur Louis-Philippe Hébert a imaginé son visage dans le haut-relief qu’il a fait de lui à la fin du XIXᵉ siècle. Au coin sud-est du monument à la mémoire de Maisonneuve érigée en 1895 au centre de la place d’Armes à Montréal, Closse est représenté accroupi l’arme à la main comme une véritable sentinelle redoutant une embuscade ; il est accompagné de sa chienne Pilote qui débusqua l’ennemi et réveilla les Français lors d’une attaque de Ville-Marie en 1648.

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«Louis Hébert»Photo de Jeangagnon d’un bronze d’Alfred Laliberté inauguré en 1918 (2013)Source : Wikimedia commons

 

     L’arrivée de Louis Hébert à Québec en 1617 est «une bénédiction pour les colons malades et affamés». Ses talents d’apothicaire sont vite appréciés. De plus, Hébert amorce le défrichage de la terre à Québec et commence à y pratiquer l’agriculture. Durant plusieurs années, il est le seul, outre Champlain, à cultiver la terre. La Compagnie de Rouen voit cependant les choses d’un autre oeil : la priorité est plutôt donnée à la traite des fourrures et de strictes restrictions sont imposées à Hébert dans l’écoulement de ses produits.

     Louis Hébert décède le 25 janvier 1627. Fidèle à sa nouvelle patrie, il est regretté par tous les habitants de la colonie qui se souviennent qu’il est le premier à s’être bâti une maison à la Haute-Ville de Québec et y avoir défricher les alentours pour cultiver la terre. Le récollet Gabriel Sagard fait sont éloge funèbre : «Dieu, voulant retirer à soi ce bon personnage et le récompenser des travaux qu’il avait soufferts pour Jésus-Christ, lui envoya une maladie de laquelle il mourut; mais auparavant que de rendre son âme entre les mains de son Créateur, il se mit en l’état qu’il devait mourir, tous ses sacrements de notre Père Joseph Le Caron, et disposa de ses affaires au grand contentement de tous les siens».

     Le 3 septembre 1918, un monument en son honneur est inauguré sur la place de l’hôtel de ville de Québec. En 1971, le monument est relocalisé dans le parc Montmorency. Ce bronze d’Alfred Laliberté montre Louis Hébert qui tend une poignée d’épis de blé vers le ciel en signe d’offrande. Le monument en granit de Stanstead présente aussi des statues en haut-relief de Marie Rollet, sa femme, de ses trois enfants et de son gendre, Guillaume Couillard. Les noms des quarante-sept premiers colons du Québec y sont également gravés.

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«Page titre du Cid»Paris, Augustin Courbe, 1637

     La tragi-comédie Le Cid est écrite par Pierre Corneille. Issu d’une famille de la bourgeoisie de robe française, Corneille se tourne vers la littérature après avoir fait des études de droit. Son oeuvre est très variée et compte 32 pièces de théâtre.

     Corneille achève Le Cid en 1636. La première représentation a lieu au Théâtre du Marais, sur la rue Vieille-du-Temple à Paris le 5 janvier 1637. La pièce est un succès immédiat. Elle fournit à Corneille une notoriété qui se poursuit encore de nos jours.

     Le cardinal Richelieu fait alors anoblir Corneille. Cependant, l’auteur ne fait pas l’unanimité. Deux dramaturges de l’époque, Jean Mairet et Georges de Scudéry, attaquent Le Cid en prétextant que la pièce ne respecte pas les règles du théâtre classique. L’affaire est finalement arbitrée par l’Académie française dans ce qui est connue comme la «querelle du Cid».

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