Archive pour la ‘Au XVIe siècle’ Catégorie

Index Librorum ProhibitorumReproduction de la page titre du livre publié à Venise par ordre du pape Pie IV en 1564Source : Wikimedia Commons

     Le premier Index, cette liste de livres interdits par le Vatican, est publié en 1559 par le pape Paul IV à la demande de l’Inquisition. La liste est nuancée et confirmée en 1564 par le pape Pie IV. Les livres contraires à la foi catholique et proscrits aux fidèles y sont compilés jusqu’à l’abolition de «l’Index» en 1966.

     Dès le passage de saint Paul à Éphèse dans l’Église primitive, certains livres de magie sont brûlés par les nouveaux convertis.  Les écrits apocryphes, eux, remontent à 496 et au Décret de Gélase. La vingtième et dernière liste de livres prohibés date de 1948.

     La mise à «l’Index» n’est pas nécessairement permanente. Certains interdits suscitent d’ailleurs beaucoup de controverses. C’est le cas, par exemple, des écrits de Copernic et de Galilée. Ainsi, au XVIIIᵉ siècle, les sentences contre les livres traitant de l’héliocentrique sont modifiées pour autoriser ces lectures.

#######

Jean-Baptiste Colbert (1619-1693) Photo anonyme d’une huile sur toile de Philippe de Champaigne datant de 1655 et conservée au Metropolitain Museum of Art (s.d.) Source : Wikimedia commons

     Le 30 mai 1675, l’influent ministre de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert, écrit au gouverneur de la Nouvelle-France, Louis de Buade, comte de Frontenac. Colbert agit à titre de secrétaire d’État à la Marine. Il est responsable de la correspondance officielle avec les colonies. De suite, c’est lui qui informe Frontenac de la nomination de Jacques Duchesneau de la Doussinière et d’Ambault comme intendant de la Nouvelle-France, en remplacement de Jean Talon qui a quitté Québec en 1672.

     Protégé par Colbert, Duchesneau doit poursuivre l’oeuvre de son illustre prédécesseur. Son rôle d’intendant est redéfini afin de distinguer ses responsabilités de celle de Frontenac. Les relations entre les deux hommes seront conflictuelles durant tout le mandat de Duchesneau, de 1675 à 1682. Frontenac est autoritaire et jaloux de ses prérogatives tandis que Duchesneau, bien qu’honnête, est peu conciliant. Il s’ensuit une querelle de pouvoir et de prestige entre les deux hommes avec, en corollaire, des intérêts économiques divergents dans le commerce des fourrures.

     Duchesneau arrive à Québec en août 1675, porteur d’un édit qui réorganise le Conseil souverain. Dès la première réunion du Conseil, Frontenac se sent lésé puisque que l’intendant Duchesneau préside désormais leurs délibérations. Frontenac exige qu’on s’adresse à lui à titre de «chef et président du Conseil», ce que Duchesneau refuse. Pourtant, les instructions de Colbert sont claires : le gouverneur représente le roi dans la colonie et doit être considéré comme le président honoraire du Conseil. L’intendant, qui suit le gouverneur et l’évêque en préséance, est en fait le président effectif du Conseil. Il «demande les avis, recueille les voix et prononce les arrêts».

#######

«Jacques Cartier (1534)» Carte anonyme (s.d.) Source : Musée virtuel de la Nouvelle-France

     Après sa rapide traversée de l’Atlantique en 1534, Jacques Cartier longe la côte est de Terre-Neuve. Nous savons peu de chose du nom de ses navires, probablement des 60 tonneaux. Son expédition commanditée par le roi de France comprend 61 membres d’équipage. Selon les sources, il arrive au détroit de Belle-Isle le 27 mai 1534 ; selon d’autres, il atteint ce passage le 9 juin.

     Il croit être dans une baie qu’il nomme «baye des Chasteaulx» ; puis, lorsqu’il constate que c’est un détroit, il nomme la voie d’eau «passage des Chasteaulx». Il est en terrain connu puisque les pêcheurs bretons fréquentent ces eaux depuis des années. Il suit ensuite la côte ouest de Terre-Neuve avant de piquer vers le sud pour atteindre les îles-de-la-Madeleine.

     Cartier explore le golfe du Saint-Laurent durant ce premier voyage au Canada. Son passage à Gaspé le 24 juillet est célèbre. Mais n’oublions pas que Cartier cherche avant tout un passage vers l’Asie. Selon l’historien Mario Mimeault : «Comme tous les navigateurs de son temps, il voulait trouver la route des Indes et faire la carte. […] Si tu es seul détenteur de la carte, tu peux la vendre au roi de ton choix, et en tirer un fort prix». Ceci explique pourquoi Cartier revient en France avec les fils de Donnacona : il désire voir François Iᵉʳ le financer à nouveau en prouvant qu’il est vraiment venu au Nouveau Monde !

#######