Archive pour la ‘Au XVIe siècle’ Catégorie

«Jacques Cartier (1534)» Carte anonyme (s.d.) Source : Musée virtuel de la Nouvelle-France

     Après sa rapide traversée de l’Atlantique en 1534, Jacques Cartier longe la côte est de Terre-Neuve. Nous savons peu de chose du nom de ses navires, probablement des 60 tonneaux. Son expédition commanditée par le roi de France comprend 61 membres d’équipage. Selon les sources, il arrive au détroit de Belle-Isle le 27 mai 1534 ; selon d’autres, il atteint ce passage le 9 juin.

     Il croit être dans une baie qu’il nomme «baye des Chasteaulx» ; puis, lorsqu’il constate que c’est un détroit, il nomme la voie d’eau «passage des Chasteaulx». Il est en terrain connu puisque les pêcheurs bretons fréquentent ces eaux depuis des années. Il suit ensuite la côte ouest de Terre-Neuve avant de piquer vers le sud pour atteindre les îles-de-la-Madeleine.

     Cartier explore le golfe du Saint-Laurent durant ce premier voyage au Canada. Son passage à Gaspé le 24 juillet est célèbre. Mais n’oublions pas que Cartier cherche avant tout un passage vers l’Asie. Selon l’historien Mario Mimeault : «Comme tous les navigateurs de son temps, il voulait trouver la route des Indes et faire la carte. […] Si tu es seul détenteur de la carte, tu peux la vendre au roi de ton choix, et en tirer un fort prix». Ceci explique pourquoi Cartier revient en France avec les fils de Donnacona : il désire voir François Iᵉʳ le financer à nouveau en prouvant qu’il est vraiment venu au Nouveau Monde !

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Gadus morhuaIllustration publiée dansHenri Gervais & Raoul Boulart,Les poissons : Paris, J. Rostchild, 1877

     La France est exclue du partage du Nouveau Monde qui survient en 1494 avec la signature du traité de Tordesillas entre l’Espagne et le Portugal.  Le roi François Iᵉʳ n’accepte pas cette situation. Il décide en 1534 d’envoyer vers l’ouest une expédition de deux navires et 61 hommes dirigés par Jacques Cartier. Leur mission: «faire le voyage de ce royaume es Terres Neuves pour descouvrir certaines yles et pays où l’on dit qu’il se doibt trouver grant quantité d’or et autres riches choses».

     Cartier atteint le cap de «Bonne-Viste» le 10 mai 1534; il s’agit du cap Bonavista, sur la côte est de Terre-Neuve. Il a fait une traversée rapide de l’Atlantique en 20 jours depuis Saint-Malo. Ce littoral est connu des pêcheurs français qui viennent y capturer la morue. Durant ce voyage d’exploration, Cartier découvre le golfe du Saint-Laurent et prend possession du pays au nom du roi de France.

   La pêche à la morue à l’est de Terre-Neuve est importante pour l’économie française.  Lorsque Cartier arrive en vue de Terre-Neuve en 1534, les pêcheurs bretons, normands et basques fréquentent les lieux depuis quelques décennies. Après la cession de Terre-Neuve à l’Angleterre en 1713, la France conserve un droit exclusif de pêche sur ce littoral. C’est le «French Shore». La France garde finalement ce droit jusqu’en 1904.

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Melle Jeanne Mance. Fondatrice des Hospitalières de Montréal Gravure : Photo Electrotype Engraving Company New-York (1882) Source : Benjamin Sulte, Histoire des Canadiens-français, 1608-1880. Montréal : Wilson & Cie, 1882-1884.

     Jeanne Mance est une des pionnières de la Nouvelle-France au même titre que Marie de l’Incarnation et que Marguerite Bourgeoys. Ces femmes arrivent dans la colonie à l’époque héroïque de la fondation et des commencements de l’établissement des Français dans la vallée du Saint-Laurent. Dans une conférence donnée en mars 2015 à l’invitation de la Fondation Lionel-Groulx, Louise Harel affirme que les trois femmes «/…/ sont à la fois des figures d’une très grande modernité, tout en étant intimement liées au patrimoine québécois. Elles sont d’une grande modernité par leur extrême détermination à franchir les obstacles familiaux, sociaux, civils, ecclésiastiques qui se sont dressés devant elles tout au long de leurs projets missionnaires. Ces obstacles, qui étaient des barrières pour les femmes de leur époque, elles les ont traversés au prix de grands tourments intérieurs».

     En avril 1641, Jeanne Mance se rend à La Rochelle, en route pour la Nouvelle-France. Elle y rencontre Jérôme Le Royer de La Dauversière, un mystique auquel Dieu a inspiré le dessein de Montréal. Il est un des leaders de la Société Notre-Dame de Montréal qui a choisi Paul Chomedey de Maisonneuve pour assurer la fondation de Ville-Marie, un nouveau poste missionnaire sur l’île de Montréal, en amont de Québec. Le Royer adresse de pressants appels à Jeanne Mance de se joindre à ce projet. Il souhaite qu’elle devienne l’économe et l’infirmière de la nouvelle mission. Après avoir consulté le père Jean-Baptiste Saint-Jure et sa protectrice, Angélique Faure de Bullion, Jeanne Mance rejoint la Société de Notre-Dame. Le 9 mai 1641, elle s’embarque avec la recrue à destination de Montréal.

     Les Montréalistes montent à bord de deux voiliers : Maisonneuve dans un et Jeanne Mance dans l’autre. Son navire arrive à Québec en août et celui de Maisonneuve n’accoste qu’en septembre, en raison de tempêtes. C’est là qu’ils passent l’hiver. Au printemps suivant, ils quittent la capitale pour remonter le fleuve. Le 17 mai 1642, ils arrivent à destination : c’est la fondation de Ville-Marie destinée à devenir la ville de Montréal. Dès son arrivée, Jeanne Mance est considérée comme l’égale de Maisonneuve dans la direction de l’entreprise. En 1644, elle s’affaire à la construction d’un hôpital et toute sa vie sera consacrée ensuite au développement de Ville-Marie.

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