Archive pour la ‘Au XVIe siècle’ Catégorie

Plaque : Guy Chabot, Baron de Jarnac  Reproduction anonyme d’un détail d’un émail sur cuivre du XVIᵉ siècle attribué à Léonard Limousin (s.d.) Source : Frick Collection

     Une affaire d’honneur conjugal oppose Guy Chabot, baron de Jarnac, au roi François 1ᵉʳ. Jarnac demande réparation de son honneur en duel, ce que le roi refuse toute sa vie. Son fils et successeur, Henri II acquiesce à cette demande après son couronnement. Il désigne François Vivonne, seigneur de La Châteigneraie et un des meilleurs escrimeurs du royaume, pour le représenter.

     Le duel a lieu le 10 juillet 1547 sur l’esplanade du Château de Saint-Germain-en-Laye. Toute la cour est présente. Jarnac a pris soin au préalable de prendre des cours d’un spadassin italien, le capitaine Caize, qui lui enseigne un coup de revers peu connu à l’époque.  Au début, le violent combat tourne à l’avantage de La Châteigneraie. Mais, à la surprise générale, Jarnac réussit à asséner sa botte au genou de son adversaire pour lui trancher le jarret. Vainqueur, Jarnac voit son honneur lavé au grand déplaisir du roi qui interdit les futurs duels. La Châteigneraie se laisse alors mourir d’hémorragie dans les heures qui suivent.

     L’expression «coup de Jarnac» est d’abord utilisée pour désigner un coup violent, habile et imprévu. Après la publication du Dictionnaire de Trévoux au XVIIIᵉ siècle, on utilise ensuite l’expression pour décrire un coup déloyal.  Cet usage est décrié par Émile Littré dans son Dictionnaire de la langue française qui rétablit les faits quant aux règles de l’honneur.

#######

EnregistrerEnregistrer

Index Librorum ProhibitorumReproduction de la page titre du livre publié à Venise par ordre du pape Pie IV en 1564Source : Wikimedia Commons

     Le premier Index, cette liste de livres interdits par le Vatican, est publié en 1559 par le pape Paul IV à la demande de l’Inquisition. La liste est nuancée et confirmée en 1564 par le pape Pie IV. Les livres contraires à la foi catholique et proscrits aux fidèles y sont compilés jusqu’à l’abolition de «l’Index» en 1966.

     Dès le passage de saint Paul à Éphèse dans l’Église primitive, certains livres de magie sont brûlés par les nouveaux convertis.  Les écrits apocryphes, eux, remontent à 496 et au Décret de Gélase. La vingtième et dernière liste de livres prohibés date de 1948.

     La mise à «l’Index» n’est pas nécessairement permanente. Certains interdits suscitent d’ailleurs beaucoup de controverses. C’est le cas, par exemple, des écrits de Copernic et de Galilée. Ainsi, au XVIIIᵉ siècle, les sentences contre les livres traitant de l’héliocentrique sont modifiées pour autoriser ces lectures.

#######

Jean-Baptiste Colbert (1619-1693) Photo anonyme d’une huile sur toile de Philippe de Champaigne datant de 1655 et conservée au Metropolitain Museum of Art (s.d.) Source : Wikimedia commons

     Le 30 mai 1675, l’influent ministre de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert, écrit au gouverneur de la Nouvelle-France, Louis de Buade, comte de Frontenac. Colbert agit à titre de secrétaire d’État à la Marine. Il est responsable de la correspondance officielle avec les colonies. De suite, c’est lui qui informe Frontenac de la nomination de Jacques Duchesneau de la Doussinière et d’Ambault comme intendant de la Nouvelle-France, en remplacement de Jean Talon qui a quitté Québec en 1672.

     Protégé par Colbert, Duchesneau doit poursuivre l’oeuvre de son illustre prédécesseur. Son rôle d’intendant est redéfini afin de distinguer ses responsabilités de celle de Frontenac. Les relations entre les deux hommes seront conflictuelles durant tout le mandat de Duchesneau, de 1675 à 1682. Frontenac est autoritaire et jaloux de ses prérogatives tandis que Duchesneau, bien qu’honnête, est peu conciliant. Il s’ensuit une querelle de pouvoir et de prestige entre les deux hommes avec, en corollaire, des intérêts économiques divergents dans le commerce des fourrures.

     Duchesneau arrive à Québec en août 1675, porteur d’un édit qui réorganise le Conseil souverain. Dès la première réunion du Conseil, Frontenac se sent lésé puisque que l’intendant Duchesneau préside désormais leurs délibérations. Frontenac exige qu’on s’adresse à lui à titre de «chef et président du Conseil», ce que Duchesneau refuse. Pourtant, les instructions de Colbert sont claires : le gouverneur représente le roi dans la colonie et doit être considéré comme le président honoraire du Conseil. L’intendant, qui suit le gouverneur et l’évêque en préséance, est en fait le président effectif du Conseil. Il «demande les avis, recueille les voix et prononce les arrêts».

#######